CHEMS EDDIN BES ELLOBOUDY
Chems eddin Abou Abd Allah Mohammed ben Abdaa ben EUoboudy fut un des médecins disting-ués do son temps. U voyagea en Syrie et eu Perse où il étudia la philosophie, sous Nedjid eddin Asad el Hamdany et la médecine sous un bon médecin persan. Il était aussi entendu en optique. Il professait la médecine et les autres sciences. Malek ed Dalier le prit b. son Bervice à Alep et le conserva jusqu'à sa
IGO HI6T01RB DB LA MfiDKClNB ARABB. — LIVBB QUATHiÈME.
mort. Ghems eddin vînt ensuite b Damas où il continua l'ens^gnement de la médecine. Il mourut en 1234, à Tâge de 51 ansv laissant un fils dont le nom suit :
NEDJEM EDDIN EBN ELLOBOUDT,
Nedjem eddin Abou Zacharya lahya ben Mohammed ebn Elloboudy naquit à Damas et fût comme son père un homme recommandable par ses vertus.
Il excella non-seulement dans la médecine, mais aussi dans les autres sciences, telles que la philosophie et les mathématiques. Â répoque où écrivait Ebn Âbi Ossalbiah, c'est-à-dire vers le milieu du XIII* siècle, Nedjem eddin était au service d'El Mansour prince Âloubite de Homs ou Emèse. Il semblerait qu'il revint à Damas, d'après ce que nous lisons dans Aboulfarage, qui en parle comme d'un contemporain de Djemal eddin le biographe, qui mourut en
A cette époque, dit-il, vivait Nedjem eddin de Damas, dit Ebn Elloboudy, homme rempli de qualités et versé dans la connaissance des sciences antiques, président du Divan et élevé &Ia dignité de vizir, qui se distingua par sa supériorité en arithmétique et on géométrie.
C'est au titre do vizir que Nedjem eddin doit la qualification de Sxheb, que Ton trouve parfois attachée à son nom . D'après la liste supplémentaire du Musée britannique, il était encore en vie en Tannée 1207.
Nedjem eddin écrivit plusieurs ouvrages, dont deux nous ont été conservés.
Le premier est un Recueil de discussions sur des questions de médecine controversées. Cet ouvrage existe & TEscurial, et Casiri s'est mépris tant sur le nom de l'auteur que sur son époque et sa nationalité.
Voicf ce qu'il en dit, à propos de son livre: Autore Abu Zacharia lahia ben Mohammed cl Mudeo philosopha cordu-bensi^ IVsœculi nobili. On pourrait pardonner à Casiri d'avoir lu El Moudy au lieu de Elloboudy, tant le texte est mal
HTRIE. Ibl
écrit, mais il suffisait de lire l'introduction et la tlédicace pour voir qu'il ne s'ag-issait pas d'un médecin espagnol du IV" siècle de l'hégire. La dédicace est à l'adresse d'El Manfiour.
Les questions ti'.ûtées dans cet ouvrage sont au nombre de cluquaute. Nous en citerons quelques-unes.
X. Que le tempérament pondéré ne se rencontre pas, contrairement a l'opinion d'ATicenne,
XIX. Que l'existence du «orps et sa conservation dépendent du sang exclusivement, et non pas des quatre humeurs, contrairement (i l'opinioa de la g-énéralité des médecins et philosophes.
XXV. Que la femme n'a pas de sperme, contrairement à l'opinion de Galien.
XXVII. Que le mouvement des artères leur est propre, et n'est pas sous la dépendance du mouvement du cœur.
XXIX. Que le premier organe formé est le cœur, contrairement à l'opinion d'Hippocrate, qui prétend que c'est le cerveau .
XXXIV. Que les os et le cerveau peuvent se tuméfier. XLVni. Qu'il ne faut pas évacuer dans les fièvres aiguës. Alléché par eus titres et par d'autres encore, nous en avons lu le développement, mais nous avons constaté avec peine qu'il n'y avait rien d'original dans cet écrit, et que les raisonnements de l'auteur repo:iaient sur des théories au lieu de fl'appuyer sur l'observation.
Nedjemeddina écrit un livre sur les généralités du Canon, qui se trouve ii Paris n' lOôi^lde l'ancien fouds.Il est aussi dédié à Mansour. Enfin il a écrit sur le rhumatisme articulaiie, les Aphorismes d'Hippocrate et les Questions de Honein. Il écrîvitaussi sur la philosophie {H. Khalfa, 1000} et un abrégé d'Euclide (1070). Enfin, Jil'ilga de 13 ans. il écrivit une lettre hardie il l'Adresse d'AbJellatif. (H. Klialfa, 1512J.
histoihe ue la UËDEOIKE ARABID. — LIVIiK
ABOUL FADL BEN ABD El. KERIM FI. M0UHAI4PES.
Mûuayed edJin Aboul Fadl Mohammed ben Abil el Kerim reçut le Eurnom de Mouhaudes en raison de ses connaiaaansaucea en mathématiques. Il naquit faDamaHety résida. D'abord il travaillait avec succès le bois et la pierre et la plupart des portes de l'hôpital Ennoury furent de lui. Pour se perfectionner dans son art, il étudia Ëuclide et suivit les leçons de Cherf Ettou&y, le premier mathématicien de son temps, qui se trouvait alors à Damas. Il étudia ensuite l'Almageste et s'occupa' d'astronomie. Enfin il étudia la médecine 30U3 Aboul Medjed ben Abd el Hakem, qui lui expliquait les seizes livres de Galien. Il était pensionné pour l'entretien des horloges de Damas en même temps que comme médecin de l'hOpital Ennoury, auquel il fut attaché jusqu'à sa mort. Il passait pour un excellent praticien. Dans un voyage qu'il fit en Egypte il étudia les traditions. C'était a^ssi un littérateur et un poète. Il mourut à Damas, à l'âge de 70 ans, en l'année 1202, suivant le Ms. de Paris, et en l'année 1224 d'après Wtistenfeld. Il écrivit entre autres ouvrages un abrégé du Kitab el Ar'any, en dix volumes.
On cite comme auteur d'un Traité dessimplea Aboul Fadl ben el Mohandes, notre Aboul Fadl. SeraitKie l'Aboul Fadl d'Olalls Celsius ?
SaU EDDIN ben MOUAFFEQ EDDIN ABD EL AZIZ.
Sud addiu Abou Isliaq Ibrahim, fils de MouafFeq eddin Abd el Azi2 Essalmy, dont nous avons parlé au siècle précédent, marcha sur les traces de son pèrt et fut un homme de bien. II naquit à Damas eu 1187, et devint un médecin distingué.
D'abord attaché à l'hôpital Ennoury, il servit ensuite Malek.el Achraf, le suivit en Orient, puis revint en 1228 à Damas que Malek el Achraf avait reçu de son neveu Malek Eunacer. Là il fut nommé chef des médecins et continua il servir Malek el Achraf jusqu'à sa mort en 1231 Quand
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Malek «1 Kamel s'empara de Damas, ii prit Sàd eddiil ii sou service. A l'époque où écrivait Ebn Abi Oesaïbiah, c'est-àdire au milieu du XIII* siècle, Sâd eddin vivait toujours h Damas et formait de nombreux élèves.
BADHY EDDIN ERRAHA.BY.
Aboul Hcdjadj louaef ben Heidera, fut surnommé Errahaby, de Rahaba, patrie de 60n père, qu'il habita aussi. Il Daquit dans le Diarbekir en B34 de l'hégire, 1 139 de notre ère. C'est en raison de sa longue vie qu'il figure au XIII' siècle. Après avoir habité Bagdad, où il étudia la médecine, il se rendit en Egypte et suivit les leçons d'Ebn Eddjami.
Il vint ensuite se fixer & Damas, h l'époque du sulian Nour eddin, et ouvrit une officine où il traitait les malades. Il se fit une réputation comme oculiste. En même temps il s'occupait de commerce. Les profits qu'il en tira, l'ordre qu'il apporta dans son existence, les présents qu'il reçut des souverains le conduisirent à l'opulence.
Quand Nour eddin fut affecté de l'angine qui l'enleva, Errahaby fut appelé en consultation. Il se prononça pour un changement de local, celui où se trouvait Nour eddin étant trop étroit, et pour une saignée. Nour eddin refusa, alléguant ses soixante années, et se confia à d'autres médecins, qui ne purent le sauver.
Errahaby continuait à Damas l'étude de la médecine et suivait les cours de Mouhaddeb eddin ben Naqqach.
Saladin le prit à son service et lui fit une pension mensuelle de trente dinars, qui fut plus tard portée k cinquante. Outre le service du prince, il faisait celui de la citadelle et du grand hôpital. Saladin voulait l'emmener dans ses expéditions, mais Errahaby obtint de rester à Damas. Malek el Adel fit la même tentative, mais Errahaby s'obstina a rester à Damas chargé de son service d'hôpital, où il fonna de nombreux élèves, dont nous aurons bientôt à parler, qui répandirent la science médicale par toute la Syrie.
Nous avons déjà cité un médecin arabe qui refusa l'entrée
de son école à Aboul Barakat, parce qu*il était juif. Errahaby nous offre le second exemple de cette intolérance. Il ne voulait pas de Zimmis pour élèves et il ne dérogea que pour Omran el Israily et Ibrahim ben Khalef Essamiry , tous deux Israélites.
Bien qu*il nous soit donné par son biographe comme un homme droit et sage, d*un esprit élevé, aimant ses malades, réglé dans sa conduite, réservé dans ses paroles, ne disant jamais rien de blessant, il qut cependant ses petits travers et on a conservé de lui quelques singularités. On raconte qu'il ne voulait pas aller voir les malades pour lesquels il fallait monter, disantque les escaliers étaient la scie de Texistence.
Toutes ses occupations étaient réglées minutieusement. C'est ainsi qu'il prenait des bains tous les jeudis, qu'il consacrait le vendredi à des visites, et que le samedi il cessait toute affaire et le passait à la campagne. Il s'était constitué un régime de vie qu'il suivait ponctuellement jusque dans ses derniers jours, et comme on lui faisait observer que le peu qui lui restait à vivre ne méritait pas tant de précautions, il répondit qu'il ne voulait pas quitter ce monde par sa faute. Il appliquait ces principes aux autres. Un vizir de Malek ei Adel avait l'habitude de ne manger que de la chair de poulet et d'abuser des médecines: aussi était-il tombé dans une sorte d'anémie. Errahaby lui fit voir un jour côte à côte de la chair de poulet et de la chair de mouton et lui dît que le sang fourni par chacune de ces chairs était à l'avenant. Le vizir se mit au mouton et recouvra ses forces perdues.
C'est ainsi que Errahaby parvint à peu près à la centaine, car il mourut en C3I (1233), ayant conservé l'usage des sens, et n'ayant contracté qu'un léger affaiblissement de la mémoire relativement aux faits présents, mais la conservant toujours fraîche pour les faits du passé.
Il écrivit sur les Aphorismes d'Hippocrate et résuma les questions de Honein.
Nous allons parler de ses deux fils.
CriEIlF EDîiIX BES ERRAHABY.
Gherf eddiii Abonl Hassan Ali beii Youaef Erraliaby marcha sur les traces de son père, et en même temps qu'un bon médpciti il fut un homme de bien. Il étudia la médecine nonseulement sous son père, mais aussi à l'école d'Abdellatif. Alem eddin Essakhaouy et d'autres professeurs lui enseigrnërent les liumanités, où il excella. C'était aussi im poète.
Il resta Iongi«mps attaché à l'hOpital Ennoury.
Quand Mohaddeb eddin Abderraliim, autrement dit Eddakhouar, donna sa maison pour y établir une école de médecine, ce fut h, la condition que Cherf eddin y professepait, tant il avait d'estime et de confiance en son savoir. A l'époque où écrivait Ebn Abi Ossaïbiah, c'est-it-dire vers le milieu du XIII* siècle, il occupait encore cette position. Il écrivit plusieurs ouvrages.
Traité de l'organisation de l'homme et des fonctioas de ses organes.
Notes sur Canon d'Avicenne.
Commentaire sur celui qu'Ebn Abi Sadeq avait fait des questions de Honein.
DJEMAL EDDIN BE."J RAHABY.
Djemal eddin ben Errahaby s'adonna *out particulièrement & la pratique do la médecine, et se fit un renom pour son habileté. Il fut attaché comme médecin à l'hOpital Ennoury. Aboulfarag'e, l'auteur des Dynasties, qui étudia la médecine à cet hôpital et qui y fit aussi un service, nous raconte qu'il s'y trouvait en même temps que Djemal eddin. C'était, dit-il, un homme d'un commerce agréable et d'excellentes manières. De tous les médecins qu'il vit, aucun n'avait une aussi bonne tenue.
L'invasion des Tartares le poussa en Eg'ypte où 11 mourut eu l'année 058 de l'hégire, 12j9 de uotre ère.
UISTOtRE DE LA. MËDECIKK AR^BE. — L1V8E SIxUmB.
ABOOL HEDJADJ lODSEF BEN lEHOUDA.
Aboul Hedjadj lousef hen lahya (en hébreu lehouda), dit ausBi Essebty el Magreby, de son séjour à Fez dans le Uagreb, fut un esprit émioeut, moins intéressant cependant comme médecin que comme l'ami de Djemal eddin et de Maîmonides. Le premier nous a conservé sa biographie dans le Kitab el hokama. Le deuxième était en relations intimes avec Inif le considérait comme son plus cher disciple, et ce fut pour lui qu'il composa le Guide des égarés. Muuk lui a consacré, à&as \a Journal asiatique de 1842, une assez longue notice qui complétera nos renseignements.
Joseph naquit soit à Cadix eu Espagne, soit à Ceuta dans le Uagreb, vers la fin du régne d'Abdel Moutoen. Comme beaucoup d'autres juifs, il dut professer l'Islamisme, du cioins extérieurement. Vers 118511 rejoignit Maimonidesen Egypte, après avoir étudié la philosophie, les mathématiques et la médecine.
n apportait avec lui le traité d'astronomie de Oéber ben Aflah, qu'il corrigea plus tard avec Maimonides. Il se fixa ensuite à Alep, fit le commerce, pénétra jusque dans l'Inde, revint jouir d'une fortune acquise, et compta parmi les médecins de Daher fils de Saladio. Il fut aussi le médecin de rémirFariseddinMeimoun el Casry, ami de Djemal eddin. Cependant il continuait k exercer et même k enseigner la médecine, toujours en correspondance aveo son illustre ami Maimonides. Joseph se trouvait k Bagdad lors de l'auto-da-fé des écrits d'Abd Essalem, et c'est d'après sou témoignage que Djemal eddin nous en a conservé le récit.
Il mourut en 1226, laissant un traité sur l'emploi des a\iments légers et des aliments lourds.
Nous devons à l'amitié qui régna entre Joseph et Djemal eddin une anecdote que ce dernier nous a conservée dans le Kitab el hokama, et que noua croyons devoir rapporter ici.
> Il exista entre moi et lui une amitié qui dura longtemps.
STRIB. 1(17
Uojourjelui dia:Siràme est immortelle, et cpie par lii elle conaaisse, après la mort, l'état de tout ce qui existe en dehors d'elle, fais un pacte avec moi que tu m'apparaitras si tu meurs avant moi, et que je t'apparaîtrai si je meurs avant toi. — Je le veux bien, me dit-il; et je lui recommandai de ne pas néglig-er sa promesse. — Mais étant mort, il se Ôt attendre quelquesanoées. Enfiuje le vis pendant le sommeil : Il était assis dans la cour dune Moftquée, au dehors du temple, dans une enceintu à lui, et il portait de nouveaux vêtement blancs d'étoffe de Nassaf. — Docteur, lui dis-je, ne Bommes-nous pas convenus que tu viendrais auprès de moi pour me faire connaître ce qui t'est arrivé? — Il détourna son visag-e en riant, je le saisis par la main et lui dis: Il faut absolument que tu me dises ce qui t'est arrivé, et comment on se trouve après la mort. — L'univertel, me répondit-il, s'est attaché îi l'univers, et le partiel est resté dans la partie. — Je compris aussitôt ce qu'il voulait dire, savoir que l'âme qui est universelle était retournée au monde universel, tandis que le corps, qui est partiel, était resté dans la partie, qui est le centre de la terre.
Après m'être réveillé, je fus étonné de cette indication ingénieuse. » (Traduction de Munk.)