‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 44 sur 162 · KEMAL EDDIN EL H0M8Y · texte numérisé non relu

KEMAL EDDIN EL H0M8Y

Keraal eddin Abou Mansour et Moudhafer, dit El HomBy, du nom de la ville de Homs ou Emèse, étudia la médecine BOUS plusieurs maîtres. Il eut d'abord Fladhy eddin Errahaby, puis Boha eddin Mahmoud ben Abil Fadhl qui se trouvait alors en résidence h Damas, et qui, en l'année 608 (1211), s'en alla voyag-er dans l'Asie mineure.

Boha eddin prit le CanOn d'Avicenne pour base de son enseignement. Il enseig:na aussi à Kemal eddin un traitement particulier de la dyssenterie. Tadj eddin el Kendy lui enseigna les humanités.

Kemal eddin se livrait avec plaisir au commerce, cherchant h y trouver exclusivement ses moyens de subsistance,

lOS HUrrOIRE DE LA MÉDECINK ARABE. — LIVRE f^IXlÉME.

et ne trouvant pas convenable de tirer profit de Texercice de la médecine.

Les souverains et les g^rands personnag^es le recherchèrent en raison de sa gfrande réputation, mais il ne voulut jamais s'attacher h leur personne. G*est ainsi qu'entre autres il refusa Âbou Bekr ben Aïoub.

Il resta long^temps attaché au gfrand hôpital de Damas.

Il écrivit plusieurs ouvrages.

Traité du coït.

Commentaire du livre des Signes et des Accidents de Galien.

Traité des médicaments purgatifs.

Abrégé du Canon d'Avicenne, qu'il n'acheva pas.

Notes sur les généralités du Canon.

Abrégé des questions de Honein.

Notes sur la médecine.

Notes sur l'urine ; composé en 603 (1206).

OMRAN EL ISRAILY.

Aouhad eddin Omrau ben Sadaka el Israïly naquit à Damas en 1165, d'un père qui était aussi un médecin renommé. Il suivit les leçons de Radhy eddin Errahaby, et devint un médecin savant et un habile praticien. Les princes le recherchaient et voulaient se l'attacher, mais il ne voulut jamais aliéner son indépendance et il se borna & répondre h leurs invitations quand ils étaient malades, prolongeant du reste son séjour jusqu'à la guérison. C'est ainsi qu'il refusa Malek el Adel et Malek Ennacer Daoud prince de Karak. Ce dernier le fit appeler de Damas. Omran vint et resta jusqu'à ce que le prince fut guéri. On lai oflFrit en vain pour prolonger son séjour d'une année et demie une pension mensuelle de 1500 drachmes et une somme de 27,000 dinars.

Malek el Adel lui faisait une pension considérable à Damas, où il était chargé des établissements royaux et de la citadelle. Malek el Mouaddhem lui conserva la même position.

Omran se trouva chargé de service an grand hôpital de Damas en mèinc temps qu'Ebn Dakhouar et le vieux Hadliy eddin Errahaby. Le concours, dit Ebn Abi Osaaïbiah, de ces trois médecins, fut pour les malades une béûédictioii, ainsi que je l'tti constaté et que jo l'ai consigné daua mon livre des Expériences.

Omran avait la passion des livres, et il s'était composé une bibliothèque sans pareille en ouvrages de médecine et d'autres sciences.

Il mourut en 1239 à la cour de Homs, où il avait été appelé pour soigner le prince.

IAKOUB BEM SAKLAN.

Mouaffcq eddin Iakoub ben Saklan était un médecin chrétien de Jérusalem, dont le surnom s'écrit aussi ben Siclab. Cette dernière lecture est celle de Reiske et de WUatenfeld, et le Ms. de Paris d'Ebn Abi Ossaïbiah est conforme, tandis qu'on lit ben Saklan dans les Mss. du Kitab el hokama de Paris et de l'Escurial, aussi bien que dans Aboul-

Nous n'avons pas la date de sa naissance, mais nous allons voir qu'il dilt naitre vers le milieu de la seconde moitié du XII* siècle de notre ère, probablement vers l'année 1170. Il appartenait, dit le lutab el hokama, à cette classe de chrétiens dits orientaux, parce qu'ils viennent de l'Orientde cette ville, et y habitent un canton particulier.

Eu l'année 1184, se trouvait h Jérusalem un savant chrétien du nom de Théodore, connu sous le nom de philosophe d'Autioche parce qu'il avait fait ses études dans cettis ville, et qui avait fait de sa maison une sorte d'ég'lise et d'école. Ce fut lui qui enseigna la philosophie et la médecine ù Iakoub, qui suivit aussi les leçons d'un autre médecin chrétien du nom d'Abou Mansour.

Iakoub fut chargé de service à l'hôpital de Jérusalem et il conserva ces fonctions jusqu'au régne de Mouaddhem. On

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sait que Saladin avait repris Jérusalem aux Croisés en Tannée 1187.

El Mouaddhem prit Iakoub à son service et Temmena dans ses expéditions, l'admit dans son intimité, et le combla de bienfaits et d'honneurs, position qu'il conserva sous son successeur Malek Ennacer. Avec Mouaddhem, Iakoub quitta Jérusalem pour Damas.

Là il établit, dans une des salles du Palais, des conférences où assistait souvent Mohaddeb eddin ben Dakhouar. Tous deux y prenaient la parole. Mohaddeb eddin était plus disert. Iakoub était plus sobre et on eût dit que Galien parlait par sa bouche.

On ne nous dit pas qu'il fut attaché h l'hôpital de Damas. Gela est probable pourtant, car on nous parle de sa gnnde expérience des hôpitaux. Iakoub ne put cependant se mettre à l'abri des infirmités. Sur ses vieux jours il fut pris d'une goutte qui lui interdit tout déplacement. Quand Mouaddhem avait besoin de lui, il fallait porter Iakoub à ses consultations. Il mourut quelque temps après Mouaddhem, en l'année 1228 ou 1229.

L'historien de la médecine fait le plus grand éloge d'Iakoub. Il vante son érudition en même temps que son habileté pratique, tandis que le Kitab el hokama et après lui Âboulfarage ne lui accordent que cette dernière qualité. Il nous semble que les affirmations d*Ebn Abi Ossaïbiah sont trop positives et trop nettes pour qu'on puisse les mettre en doute, d'autant plus qu'il était en position de mieux apprécier Iakoub que l'auteur du Kitab el hokama. Il fut en effet le compagnon de guerre et l'élève d'Iakoub. Il nous apprend que lui-même et son père se trouvaient dans les armées de Mouaddhem en même temps que Iakoub, et qu'il apprit aussi la médecine à son école. » C'était, dit-il, le médecin de son temps qui connaissait le mieux Galien. Galien était son oracle, il en citait les paroles mêmes h toutes les questions qui lui étaient posées. Il citait même le livre et la page de la copie qu'il possédait, tant les ouvrages de Galien lui étaient familiers. Il en faisait de même pour Hippoci*ate, commenté par Galien, et j'ai vérifié qu'il en reproduisait

le» expressions, les développant, mais ne les altérant pas. Il avait aussi des ouvrages de Galien en grec. Il connaiîisait cette langue et il en fit des traductions en arabe. »

Il nous semble que ces assertions ont un cachet de vérité qui doit nous les faire préférer aux assertious contraires de l'auteur du Kitab el hokama. Il n'était pas savant, dit Ûjemal eddin; mais il avait une grande expérience des hôpitaux et il était heureux dans sa pratique.

La grande expérience d'Iakoub, les succès de sa pratique sont pareillement signalés par Ebn Abi Oasaïbiah. S'iuspirant toujours de Galien, dit-il, Iakoub observait scrupuleusement tous les symptômes, ne laissant échapper aucune de leurs indications, et instituant parfaitement son traitement. C'était, ajoute-t-il, un homme accompli, intelligent et judicieux. Il laissa un fils, dont le nom suit.

SEDID EdDIN ABOD MANSODS BEN lAKODB.

Abou Mansour ben Iakoub embrassa la profession de son père et devint un bon médecin. A l'époque où écrivait Ebn Abi Os8ai"biah, il se trouvait k Karak, au service de Malek Ennacer.

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