‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 47 sur 162 · HISTOIBB CE LA IIÉOBCINB ARABE. *— LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

HISTOIBB CE LA IIÉOBCINB ARABE. *— LIVRE SIXIÈME

el Âdet Âbou Bekr lui confia le service de la citadelle et de rhOpital. Alors il se mit à renseiernement de la médecine et fit de nombreux élèves. En 1210, Malek Essaleh Ismall l'invitait à se rendre à Bassora pour y soigruer sa mère. Il s'y rendit, la gruérit et revint comblé de présents, mais avec une fièvre qui Tenleya à son retour à Damas. Il n'avait que 38 ans.

Rachid eddin laissa quelques écrits :

Manuel d'arithmétique.

Traité de géométrie.

Traité de médecine.

Traité des maladies les plus communes et des médicaments les plus faciles à se procurer.

Du pouls et des rapports de son système avec celui de la musique.

Des éléments.

Notes et observations sur la médecine.

ABDELLATIF.

Mouaffeq eddin Abou Mohammed Abdellatif ben Yousouf bon Mohammed ben Aii ben Abi Saïd naquit à Bag'dad en l'année 557 de rhégire (1101).

L'histoire de sa vie, racontée par Ebn Abi Ossaïbiah, n'occupant pas moins d'une vingtaine de pages, nous renverrons pour les détails à m Description de V Egypte traduite par M. de Sacy, et nous nous bornerons ici à. quelques traits généraux et caractéristiques.

Son père le mit en rapport avec des maîtres éminents dans toutes les sciences. Lui-même eut toujours la plus grande ardeur pour l'étude des sciences et rechercha la société des hommes distingués. Un de ses maîtres fut le fils d'Amin Eddoula. Un moment il fut passion né pour Avicenne, Géber et l'alchimie. C'est lui qui nous l'apprend dans son autobiographie.

Il habita tour à tour Damas, où il enseigna la médecine, Jérusalem, le Caire et Alep, et séjourna quelque temps en

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Anie mmeiue. Il se trouvait au aiége de Jérusalem avec Saladin, qui lui fit une pension. Au Caire, il rencontra Mnimonides, dont le livre întituly le Guide des égares lui parut un mauvais livre. A Damas, il escrra et professa la médecine avec distinction. Etant de séjour à Alep, il entretenait une correspondance avec Ebu Abi Ossaïbiah, dont le. père fut aussi l'ami d'Abdellatif. Il mourut ii Bagdad en l'année 030 de rbégire, 13^1 de l'ère chrétienne.

Abdellatif écrivit beaucoup, et nous avons lea titres de plus d'une centaine d'ouvrages de sa composition. La plupart ont trait a la médecine et un grand nombre ne sont que des abrégés d'auteurs anciens ou modernes, ou des commentaires. Il en est plusieurs qui ont trait ii la matière médicale. Ainsi : Des principes des médicaments simples (dont le Ms. existe à la Bibliothèque de Paris); des Traités sur la rhubarbe, le scinque, le froment, lu vigne et le vin, la thériaque; des Abrégé.'i des Traités des médicaments simples d'Ebeu Ouafed et d'Ëbu Siimadjuuu; des doses des médicaments composés, etc.

Ce ne sont tii que des œuvres de compilation, mais Abdellatif a prouvé dans sa description de l'Egypte qu'il savait unir le talent d'observation ii l'étude des anciens. Le II" livre est consacrii à la dcsuriptiou des produits végétaux de l'Egypte, Onyremaniue d'alwrdun long article sur le Lebahh, le Persea des anciens, qui a donné lieu ii tant de commentaires, et qu' Abdellatif nous dit devenu rare de son temps. Noua citerons encore les articles du sycomore, du baumier, de la colocasia et surtout celui du bananier. ,\ propos de la colocasie, M. de Sacy a fait remarquer qu'Abdellatif lui appliquait ce que Dio-scorides avait dit de la fève égyptienne. Le II" livre de la description de l'Egypte a été de lu part de M. de Sacy l'objet de longs et savants commentaires, que l'on peut citer comme un rare modèle du genre, et qui sont un des documents les plus indispensables a consulter pour quiconque veut connaître l'histoiro naturelle de l'Egypte. On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans ce travail, de l'immense érudition ou de l'esprit judicieux qui la met en rfiivre.

184 IirSTOIRE DB LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SIXIÈME.

Dans la description de TEgfypte, nous devons si^alerencore quelques-uns des derniers chapitres. Celui consacré aux mets particuliers à TEgypte et ceux consacrés au récit de la famine et de la peste qui ravagèrent TEgypte dans les premières années du XIIP aiècle. Lamortalité fut effrayante (1). L'auteur estime qu*un monceau de squelettes, sur lesquels il f t de curieuses observations anatomiques, en contenait environ 20,000.

Il y a là un passage curieux, que nous croyons devoir transcrire en entier.

« Plusieurs personnes du nombre de celles qui me fréquentaient assidûment pour conférer avec moi de médecine, étant parvenues au Traité d*Anatomie (de Galien), avaient peine h me comprendre, et moi à me faire entendre d'elles, parce qu'il y a une grande différence entre une description verbale et l'inspection même des choses. Ayant donc appris qu'il y avait à Maks une colline sur laquelle étaient accumulés des ossements humains en grande quantité, nous nous y rendîmes, et nous vîmes un monticule d'une étendue consirable composé de débris de cadavres humains; il y en avait plus que de terre, et l'on pouvait estimer à vingt mille cadavres et plus la quantité que les yeux apercevaient. Ils se distinguaient en diverses classes, à raison de leur plus ou moins de vétusté.

En considérant ces cadavres, nous y avons recueilli sur la figure des os, leurs jointures, leurs emboîtures, leurs proportions respectives et leurs positions, des lumières que les livres ne nous auraient jamais procurées ; soit parce qu'on a omis d'en parler, soit parce que les expressions dans lesquelles on en a parlé ne présentent pas la chose d'une manière assez précise pour que Ton s'en forme une juste idée, soit enfin parce que l'idée qu'ils en donnent est contraire à ce que nous avons reconnu par l'inspection ; car les preuves qui tombent sous les sens, sont bien supérieures à celles qui ne sont fondées que sur rautorlté. En effet, quoi que Galicu

(1) Il faut lire dans M. de ^ncy le récit effrayant de l'aotropophagie q\ii fut la suite de C3tte fuTTiino.

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ait apporté la plus scrupuleuse exactitude et le soin le plus attentif à tout ce qu'il a fait et à tout ce (ju'il a rapports, cependant le témoig'aag'e des sens mt^rite d'être cru préférablement au eien, ce qui n'empèclie pas qu'on ne puisse ensuite chercher, s'il est posHibie, nn moyen d'expliquer ses paroles de manière s y trouver un sens qui le justifie.

Une des remarques que nous avons faites a pour objet l'os de la mâchoire inférieure. Tous les anatomistes s'accordent à dire que cette mâchoire est composée de deux oa qui sont fermement réunis vers le menton : quand je dis tous les anatomistes, c'est comme si je disais Galien tout seul ; car c'est lui seul qui a pratiqué personnellement les opérations anatomiques, qui en a fait l'objet particulier de son étude et de ses recherches, et qui a composé sur celte matière plusieurs ouvrages, dont nous possédons les principaux, les autres n'ont pas été traduits en arabe.

Or l'inspection de cette partie des cadavres nous a convaincus que l'os de la mâchoire inférieure est unique ; qu'il n'y a ni jointure ni suture.

Nous en avons réitéré l'observation un grand nombre de fois, sur plus de deux cents têtes ; nous avons employé toute sorte de moyens pour nous assurer de la vérité, et nous n'y avons jamais reconnu qu'un seul os. Nous nous sommes aidés de différentes personnes, qui ont répété en leur particulier le même examen, tant en notre absence que sons nos yeux : et elles n'y ont jamais vu, comme nous, qy'unseul os, ainsi que nous.l'avons dit. Nous avons fait de pareilles observations sur divers autres articles ; et si la providence favorise notre projet, nous composerons sur cette matière un traité dans lequel nous rapporterons ce que nous ayons vu, eu le comparant avec ce que nous avons appris dans leslivres de Galien. J'ai encore examiné ce même os dans les anciens sépulcres de Bousir, et j'ai toujours trouvé qu'il n'y avait ni jointure ni suture. On sait que, par un grand laps de temps, les sutures les plus imperceptibles et les jointures les plus solides deviennent sensibles et se séparent; mais pour l'os de la mâchoire inférieure dont il n'agit, dans tous les cas on le trouve d'une seule pièce.

Snlrast CalieD. Fos skti« et le eoccrx lénnis soot eomfOêèë de iix ctfu Pcput boî fû trooTé que le tout ne £ûnit qa im ienl o£, ex aptes sroir rimmin^ Im cbote de tontes ks mMjiiims, fMî vaajçaa obcam le mae irtnltat. Ajuit ensuite £iit le mêsK mmm sar im antie cadmTre, j*mi leoonna que cette pièce oeeenie y était compogé de six os, comme l'a ditGalien; et la totalité des cadmTresqiiej*aioh8eiTé8 depuis m*a présenté constamment le même phénomène, à Fexception de deox seulement, où ces parties ne fiotmaient qu'on seul et même os; mais dans tqus j*ai trouré ces os joints très» solidement.

Au surplus, je ne suis pas anasi certain de ceci que de ce que j'ai dit en avançant, reladrem^it à la mâchoire inférieure, qu'elle n'est formée que d'un seul os > Trad. de M. de Sacj, Abdellatif, 418.

Tels sont les écrits d' Abdellatif sur la médecine en général :

Commentaire sur les Aphorismes.

Sur le commentaire des maladies aiguës d'Hippocrate par Galien.

Abrégfé des Fonctions des organes de Galien.

Abrégé des Opinions d'Hippocrate et de Platon.

Abrégé du Livre du fœtus.

Abrégé du Livre de la voix.

Abrégé du Livre du sperme.

Abrégé du Livre de la respiration.

Abrégé des espèces de fièvres.

Abrégé du Livre des fièvres d'Israïly.

Abrégé du Livre des urines, du même.

De Teau. De la soif.

Des origines de la médecine.

Du traitement par les contraires.

Du diabète et de son traitement.

Des tempéraments.

Des crises.

Traité d'anatomie.

lléponse à Aliben Rodliouan sur les divergences d'Aristote et de Platon.

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