XV. Médecins de la Syrie
Malgré ses défauts, qui tieunent en partie a la forme do biographies adoptée par l'auteur et qui sont un peu de sécheresse et trop peu de critique, cet ouvrage n'en est pas moins un monument précieux et unique, ajoutant aux documents de ses devanciers des renseignements personnels pur les médecins ses contemporains et sur ceux qui l'ont immédiatement précédé.
Ebn Abi Ossaïbiah a puisé dans les écrits de Jean le grammairien, d'Obéid Allah ben Djabril, d'Ebn botlai?, d'Ebn Djoldjol, du Cadhy SAd, etc., mais surtout dans le Fihristet le Kitab el hokama. De tous ces documents, les deux derniers sont les seuls qui nous aient été conservés. En les complétant par d'autres et par ses enquêtes auprès de ses contemporains, Ebn .\bi Osaaïbîah nous a laissé l'histoire la plus complète de la médecine en Orient. Son livre jette un jour tout nouveau sur une époque do l'histuirc des sciences
]f)ll IlIâTUlUl! Dk: LA MÉDl!<:iX[i AllLUE. — LlVtlE SIXILMK.
qui n'a encore ét« abordée quoilans ces ileniicrs teiiii)^- ut trop sommairement pai' Wiistenfelil.
II nous donuu même de précieux rcii5cig:iiemoutd sur la médeciiiu {grecque. Si cea renseiffiitsmeuts ne sont pas bien UBufâ et sont souvent altérés, ils n'en ont pas molDR un double avantage. Ils nous apprennent d'abord ce que le.s Arabes savaient sur les Grecs, puis ils nous fournissent la riclie nomenclature des traductions qu'iU en ont opérées dans leur langue, traductions qui portent parfois sur des ouvrag-cs qui ne nous sont pas autrement connus ou qui «e sont perdus depuis, Uuaiit aux aujres médecins, arabes d'origine ou dû langage, ils figurent au nombre d'environ quatre cents, et nul autre ouvrage ne saui-ait remplacer celui-ci pour l'étendue et la richesse des renseignements.
Telle est généralement la marche que suit l'auteur dans ses notices. Il donne la date de la naissance, quand il la eounaît, quelques appréciations sommaires légèrement entachées de complaisance ou de banalité, les principaux événements de la vie du personnage, des auecdotes qui n'ont pas toujours uu grand intérêt scicntitique, la date de la mort, enfin la liste détaillée et quelquefois annotée des écrits. Quand on parcourt la liste souvent très longue des écrits composés par les médecins arabes, bien que ces écrits manquent souvent d'originalité et roulent sur les mêmes thèmes, on n'en est pas moins frappé de l'étendue de leurs connaissances et delà grande activité intellectuelle qui régna constamment en Orient, alors que l'Occident se trouvait plongé dans les ténèbres et la barbarie. On trouve encore çà et lii des renseignements précieux sur l'exercice et l'enseignement de la médecine, sur les institutions médicales et scientifiques, sur la considération attachée ii la médecine, sur les hautes positions occupées par un grand nombre de médecins : en uu mot c'est une révélation nouvelle do l'Orient. Les médecina arabes, surtout les grands médecins, étaient la plupart du temps à peu prés encyclopédistes. Un grand nombre d'entre eux figurent dans cette galerie qui s'occupèrent tout aussi bien de philosophie, de physique, de mathématiques et d'astronomie que de médecine.
Toutes leaaciencea peuvent trouver ici des matériaux pour leur histoire. Il suffit d« citer les noms d'El Kendy, d'Avicenne, d'Alfarab;, de Fakr eddin Errazy, d'Ebti et Heitam, d'Averroès, etc., dont les listes bibliographiques sont d'une incroyable richesse, pour comprendre combien l'histoire de la philosophie etdes sciences mathématiques est intéressée à connaître Kbn Abi Ossa^'biab.
Nous en avons déjà dit assez pour faire voir combien est étrange l'assertion de Freind qui, sur quelques biographies d'un caractère tout particulier, prétendait que l'ouvrag-e d'Ebn Abi OssalTsiah n'avait d'autre intérêt que celui do nous apprendre avec quelle magnificence les souverains de l'Orient récompensaient leurs médecins.
L'ouvrage d'Ebn Abi Osaaïbiah n'a été connu que dans ces derniers temps, D'Herbelot ne l'a connu que de nom et encore l'a-t-il dédoublé. Reiske, au siècle dernier, dans ses Monuments de la médecine arabe, donna la liste des médecins orientaux, et releva, livre par livre, les observations citées de pratique médicale. Il paraîtrait môme qu'il aurait traduit l'ouvrage en latin, et que cette traduction existerait & Copenhague: lui-même en annonce des extraits. Gagnier aurait aussi fait cette traduction. Cette liste fut aussi publiée par NicoU dans le catalogue de la Boldéieune.
M. de Sacy en a publié quelques biographies aaos son Abdellatif.
C'est là. que WUstenfelJ a puisé laplupart de ses matériaux pourson histoire sommaire des médecinset naturalistes arabes. Cependant, on dirait que Wflstenfeld a sommeillé parfois, ayant laissé dans l'ombre quelques médecins qui méritaient d'eu sortir, et n'ayant pas toujours donné k chacun une notice proportionnée à son importance. Il semblerait qu'il n'a pas toujours lu Ebn Abi Osaaïbiab intégralement. On pourrait en dire autant des listes bibliographiques. Il eût ^agné k les prendre constammeut pour guide et se serait unsi épargné de.4 confusions, des répétitions et des oublis. Malgré ces défectuosités, le travail de WUstenfeld est le premier ouvrage sérieux sur la médecine arabe, et celui qui a
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le mieux fait ressortir la richesse des documents contenus dans Touvragre d'Ebn Abi Ossaïbiah.
Dans seBAnalecta medica^ Dietz avait reproduit le chapitre des médecins indiens ainsi que la notice d'Ebn el Beithftr.
Dans ces dernières années, M. Sang^uinetti a publié la traduction des premiers chapitres relatifs aux origines de la médecine, du chapitre des contemporains de Mahomet, et les premiers médecins de la famille des Bakhtichou, et il se propose de publier la traduction de l'ouvrage entier sous le patronage de la société asiatique. Peut-être serait-il à désiser qu'on élaguât de cette publication les innombrables poésies qui s'y rencontrent, qui font peut-être bien le quart de l'ouvrage, qui n'intéressent en aucune manière l'histoire de la médecine, et n'ont peut-être pas un bien grand intérêt littéraire. De cette manière, l'ouvrage serait plus facilement accessible h ceux auxquels il doit réellement s'adresser, c'està-dire les médeciiïB.
Il serait bien k désirer aussi que l'on publiât intégralement le Kitab el hokama de Djemal eddin ; et les parties du Fih* rist d'Ebn en Nedim qui ont trait, plus particulièrement, aux rapports des Arabes avec la science grecque. Ces trois monuments mettraient en lumière et h la disposition des érudits qui ne peuvent recourir aux sources, bien des documents nouveaux et faciliteraient à tous la connaissance de cette merveilleuse initiation des Arabes h la science grecque, sur laquelle notre littérature ne possède, pour ainsi dire, rien encore, et dans la connaissance de laquelle les nations voisines nous ont précédés.
L'original d'Ebn Abi Ossaïbiab existe dans plusieurs de nos Bibliothèques européennes. La bibliothèque de Paris en possède quatre exemplaires, dont un complet, un abrégé, un autre qui vajusqu'àTépoque d'Alexandrie, et un quatrième qui ne comprend que les médecins arabes des derniers temps. Le dernier n'est pas le texte arabe, mais une traduction française un peu sommaire, faite en Egypte par une personne ayant une connaissance insuffisante de la médecine : c'est dire qu'elle est défectueuse.
Pour notre histoire de la médecine arabe, nous avons
siKii;. l'J3
corainencc [lar triuluirc Hbu.Vbi O^isuïbiah, en éliiguaiit nonseulement toutes les poésies, mais bieu deâ faits do détails qui nous ont paru d'un faible intérêt.
Ebn Abi Ossïiïbiali noua upprend dans son introduction qu'il dédiasonouvpage nu vizir Aboui R'assau ben R'azziU, dont nous avons donné précédemment la biog^rupliie.
Il composa aussi un ouvrage intitulé i'xperienccs et observations utiles, dont il fuit mention dans la notice d'Omran el Israïly.
EuSu il avait entrepris un antre ouvrage où il devait donner la biographie des savants qui se sont occupés de aciences autres que la médecine, intitulé : Monuments des nations et histoire des savants. C'est lui-même qui nous l'apprend dan.-i son introduction ; mais cet onvruge ne fut pas achevé.
DJEMAL EDDIN" EUX EL ICOFTHY.
Le vizir Djem:il eddin Ali ben lousef ben Ibrahim, dit aussi Ebn cl Koftliy ou El Kifthy, du lieu de sa naiasaacu, et El Qtiadhy el Akram, ou le cadi généreux, naquit en Egypte, dans la ville de Copto.-s, en l'année 508 {1172).
Tout jeune encore, .son père le conduisit au Caire, pour y apprendre à lire et il écrire et y faire ses humanités,
Plus tard, il quitta le Caire pour se rendre à Alep, où il vécut auprès de l'émir Meimoun el Kasry.
Aimant les savants, cherchant à se trouver au milieu de leurs discussions, il devint savant lui-même, aidé du reste par lies études assidues. Il trouva dans .\lep un homme intelligent, avec lequel des fonctions analogues devaient souvent le mettre eu rapport, et il en fit son ami.
Nous voulons parler d'Aboul Hedjadj Yousef Es.sebty, médecin de l'émir Meimouu, et qui le devint ensuite de Malek Eddaher, Yousef Essebty mourut à Alep en 12:;G, et Djemal eddin écrivit sa biographie. C'est là qu'il raconte ce pacte curieux, de deux amis qui se promettent de se visiter après leur mort. En ayant parlé à propos d'Essehty, nous n'en reparlerons pas ici. C'est d'Yousyf Essehty que Djemal
10 i HISTOIRE DB LA MÉDECINE ARABE. — UYRB SIXl£;ME.
eddin apprit Tauto-da-fé de livres de philosophie h Bagdad, sous la présidence d'Ebn el Marestanya, vers la fin du XII* siècle. Nous en avons parlé h propos d'Abdesf!alen), dont les livres furent aussi incriminés.
A la mort de Témir El Meimoun, Djemal eddin vécut dans la retraite. Cependant Malek Eddaher le fit entrer malgré lui dans ses conseils. A la mort de Malek Eddaher (en 1216), Djemal eddin rentra dans la retraite et la solitude, fuyant le monde et se livrant tout entier à la lecture et à ses goûts. En 633 Malek el Aziz Tappela & lui et lui conféra la qualité de vizir, qu'il conserva sous son successeur Malek Ennacer, jusqu'à ce qu'il mourut en l'année 646 de Thégire, 1248 de notre ère (1). Cette sultanie d'Alep, formée lors du démembrement des états de Saladin, était échue à son fils Malek Eddaher Gazy.
Ce qui distingue Djemal eddin et en fait un type, c'est sa passion pour les livres et l'érudition qu'il y puisa. Il ne trouvait de plaisir qu'au milieu des livres, au point qu'il n'eut jamais de maison en propre et ne se maria pas. C'était du reste un homme digne et de mœurs respectables.
Djemal eddin est sans contredit le plus ardent et le plus éminent bibliophile que nous puissions citer parmi les Arabes, qui en comptèrent tant. Il en récoltait de tous les côtés et il en amassa une telle quantité que sa bibliothèque^ léguée par testament à Malek Ennacer, fut estimée & 50,000 dinars, environ 6 à 700,000 francs.
Comme on connaissait sa passion pour les livres, dit Qua-tremère, et l'empressement qu'il mettait à en acheter au plus haut prix, on lui en apportait de tous les pays.
Il parvint h réunir ainsi bien des milliers de volumes qui tous étaient des chefs d'œuvres de calligraphie, ou présentaient l'écriture des docteurs célèbres, ou étaient de la main des auteurs eux-mêmes. Toutes les fois qu'on lui apportait un bel exemplaire, loin d'en refuser l'acquisi+ion, il en offrait toujours un prix assez élevé pour que le propriétaire eût lieu d'être satisfait. Lorsqu'il avait acheté un livre, il le
(l) Ou plus exactement au mois de janvier 1249.
lisait tout enuer, puis le plaçait dans sa bibliothèque : dès ce moment il ne voulait plus le laisser sortir et ne le montrait & personne.
Nous citerons encore & l'appui un fait que n'a pas connu Quatremère et que nous a conservé Essafady (Fleischer, Hiat. ante-islam.}. On lui proposa un jour un exemplaire des Généalog'ies d'Ebn Essamany dana lequel il manquait un fascicule intéressant précisément sa famille. Dès lors il se mit h chercher partout pour le compléter, mais en vain. Cependant quelqu'un lui apporta des feuillets qu'il avait trouvés sur le marché des bonnetiers. Djemal eddin fit venir l'individu qui les avait cédés et s'enquit de leur origine. L'ouvrier lui répondit qu'il avait acheté ces feuilles avec beaucoup d'autres, mais qu'il les avait toutes employées pour en faire des formes, tl fut au comble du chagrin- Pendant plusieurs jours il suspendit ses visites et ses séances au Palais et fit prendre le deuil de ce livre. Les principaux personnages vinrent lui faire leurs compliments de condoléance tout comme s'il avait perdu son plus cher ami.
Toutefois Djemal eddin était plus qu'un bibliophile, c'était un savant, et nous allons voir comment sa passion jalouse n'en tourna pas moins au profit de la science.
Ses études portèrent sur la lexicologie, la grammaire, la jurisprudence, les traditions, le coran, la logique, l'astronomie, les mathématiques et l'histoire. Il dut aussi s'occuper de médecine, si noua en jug-eons par les réflexions qu'il fait à propos d'Aboulfarage beu Thaieb, qu'il défend contre ses détracteurs. Quoi qu'il en soit, il a droit & notre intérêt par ses biographies desavants et de médecins. Ces biographies font le sujet d'un livre dans lequel nous avons largement puisé.
Ce livre est généralement connu sous le titre de Kitàb Tarikh el hokfima, livre de l'histoire des savants. Nous pensons que c'est le même qui, dana le catalogue d'Essalady, porte le titre de : Livre de renseignements sur les savants et leurs écrits. Ce titre est bien dans l'esprit du livre. Du reste nous le trouvons désigné ailleurs avec de légères variantes.
Casiri fut le premier qui mit ce livTe en lumière, aous le
lOG HISTOIRE DE LA MÉOECIKK .VRÂBË. — LIVK1£ SIXIÈME
titre do Bibliotheca philosophorum. Il y prit les notices d'une foule d'écrivains représentés à TEscurial.
Mais il n'en connaissait pas Fauteur, et Ton peut s*étonner que ni lui ni d'autres, pendant assez longtemps, ne l'aient pas reconnu dans Âboulfaragfe, qui lui a tant emprunté, qui en parle plusieurs fois et lui a consacré un article nécrologique.
Nous n'avons pas la rédaction primitive du livre, mais seulement un abrégé, ou plutôt des abrégés, car il en existe de plusieurs mains. Le plus répandu est celui de Zouzeny, qui le rédigeait l'année qui suivit la mort de Djemal eddin, et qui passa pour en être l'auteur. Cette erreur est encore partagée par d'éminents orientalistes, après ce qu'en a dit Fleischer dans son édition d'ÂbouIféda, et Wenrich dans son travail sur les traductions, sans parler de Munck. Il serait oiseux do chercher de nouveau à établir cette identité.
Le Kitab el hokama contient des notices sur la vie et les écrits de plus de trois cents savants, tant anciens que modernes. Pour donner une idée des proportions de l'ouvrage, nous dirons que le Manuscrit de l'Escurial contient cinq cents pages à quinze lignes d'une écriture fine.
Nous y trouvons représentés presque tous les savants de l'ancienne Grèce. Parmi les plus illustres nous citerons Alexandre d'Aphrodisée, Apollonius de Perge, Archimède, Aristote, Euclide, Galien, Hippocrate, Homère, Platon, Plutarque, Ptolémée, Pythagore, Socrate, Théophraste, etc., sans compter Jean le grammairien dont la notice, du plus haut intérêt, ainsi que nous le dirons bientôt, avait été négligée jusqu'à présent.
Il est inutile de citer les Arabes.
Ces notices ont une étendue et une valeur inégales. Généralement elles sont assez sobres de détails biographiques, mais elles sont riches en renseignements bibliographiques. Si elles nous donnent peu de renseignements nouveaux sur les Grecs, elles nous fout connaître ce que les Arabes en savaient, et elles nous donnent un richeinventairede toutes les traductions qui se firent du grec eu arabe ou en syriaque. Ces notices ont parfois une certaine étendue. C'est ainsi que
sYiiiE. ly:
nous trouvons trois pag-es pour Enclidc, quatre pour Ptoliinée, cinq pour Hippocrate, huit pour Socrate et dix pour Galieu. La bibliogrraphie en occupe la meilleure partie, et de temps en temps on trouve. la citation de quelque ouvrajfe qui ne nous est point parvenu.
Il y a dans le Kitab el hokama une mine précieuse tant pour l'histoire de la médecine que pour celle des sciences en général, ainsi qu'on a déjà pu le voir par les nombreux extraits de Casiri.
Djemal eddiu doit beaucoup ii l'auteur du Filirist, Mohammed ben Ishaq Ennediin, qu'il cite parfois, mais il est probable qu'il trouva surtout dans son immense bibliotlii^quo les matériaux de son livre. C'est ainsi qu'il uous dit posat-der un exemplaire de la réponse de Jean le grammairien à Proclus sur l'éternité du monde, etc.
De son côté, il a prêté beaucoup à Aboulfarafre et ii Ebu Abi Ussaïbiah. Lestrois quarts environ des notices qu'Aboulfarage donne sur les savants sont tirés du Ivitab el hokama. Pendant longtemps ces notices furent à peu près tout ce que l'ou possédait de rensein-nements sur les médecins arabes. Parmi ces notices il en est une très longue et très curieuse, que uous croyons avoir exploitée le premier, celle d'Iahya Ennahouy, autrement Jean le grammairien. C'est dans cette notice que se trouve raconté l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie, que l'on avait cru jusqu'alors du fait d'Aboulfarage, ce qui avait fait soupçonner la véracité du récit. Eh bien, ce récit est emprunté de toutes pièces h. Djenal eddin, y compris l'exclamation finale, qui ne doit pas nous étonner de la part de notre bibliophile : Èeoutez ce qui s'est passé et soyez stupéfaits !
Ebn Abi O^saïhiuh, qui a reproduit une partie do la notice de Djemal eddin, ne parle pas de l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie ; mais d'après la citation qu'il fait au commencement de son article de Mohammed ben Ishaq Ennedim, il semblerait qu'il faudrait remonter jusqu'au Fibrlst pour trouver le récit original de ce grand événement. Nous n'avons pu jusqu'à présent nous en assurer. Tel est le début de cet article :
198 IITSTOIRR DR TA MÉDECINS ARABR. — LITRR SrXIÂUE.
D*après Mohammed ben Ishaq Ennedim el Bagpdady, dans le Fihrist, lahya fut disciple de Sévère. Il était d'abord évoque en Egypte, de la secte jacobite, etc.
C'est précisément ainsi que commence la notice de Jean le g'rammairien dans le Kitab el hokama.
Il serait h désirer que Ton publiât une bonne édition de cet ouvrage, d'autant plus que les citations de Gasiri ne sont pas toujours exactes ni complètes (1).
Parmi les noms grecs, il en est quelques-uns que nous n'avons pu jusqu'à présent restituer, mais il en est deux qu'il est facile de rétablir, et nous sommes étonné que Fleischer ne l'ait pas fait dans un passage d'Âboulféda emprunté h Djemal eddin, p. 150-7. Il s'agit de Mèthon et Euctémon, qui firent ensemble, dit l'auteur arabe, des observations astronomiques à Alexandrie. Le texte d'Aboulféda donne Menthar et Afthimon, et Fleischer a conservé ces inexactitudes, si faciles à corriger. Les Mss. de Paris et de l'Escurial écrivent Menthon, au lieu de Menthar.
Parmi les autres ouvrages de Djemal eddiu^ mentionnés dans la notice d'Essafady, nous citerons les suivants :
Annales des gratnmairiens.
Annales de l'Egypte depuis le commencement jusqu'à Saladin.
Histoire des Arabes.
Histoire de l'Iémen.
Correction du Sihali de Djouhary.
Discours sur le Sahih de Boukhary.
Histoire de Mohammed ben Sebektekin.
Histoire des Seldjoukides.
Histoire de la famille de Merdes.
Réponse aux chrétiens.
Professorat ? de Tadj eddin el Kendy .
Des meilleures transcrii)tions depuis rinvention de l'écriture.
(1) On retrouve, en effet, dans le Fihrist une partie de la notice d'Iahya, ainsi riiistoire de la fondation de la Bibliothèque par Ptolémée Philadelphe (Ms de Paris}.
Aboli lalmq Ibrahim lien Mohammed ben Tharhan Azz eddin Easoueidy el Ausary. dit aussi Eddimachky, naquit en l'anuée 600 (1203), d'après le supplément donné par le British muséum aux notices d'Ebn Abi Osaaïbiah. Sou Burnom Eddimachky vient de Damas sa ville natale.
Le document que nous venons de citer le dit lié d'une étroite amitié avec Ebn Abi Ossaïbiah, et c'est à cela que se bornent Isa reuseignementsfoiirnis sur son compte. Sesécrîts nous apprennent qu'il habita non-seulement Damas et la Syrie, mais encore l'Ég'ypte. Il ceaaa de vivre en l'année 691 de l'hégrire (1291 de notre ère).
Les renseignements que nous trouvons dans Hadji Khalfa sont exclusivement relatifs à ses écrits.
Le principal est la Tcdkira, ou Mémorial, dit aussi d'aprèi Hadji Khalfa Teàkîrat el Hadya, Mémorial de direction. Tel aérait le titre donné par l'auteur, & l'exclusion des variantes que l'on trouve dans divers documents. L*ûuvrag« est encore fréquemment cité sous le titre de Tedkirat el Moufridal, ou Ménaorial des médicaments simples, parce que l'auteur s'est restreint, dans sa thérapeutique, b, l'emploi des simples.
« Ce Mémorial, dit Hadji Khalfa, se compose de trois gros volumes. C'est un livre d'une g-rande valeur, où il a fait entrer tous les médicaments simples, suivant l'ordre des organes et des maladies, tant d'après son expérience que d'après celle des autres, les faisant suivre des noms des auteurs, tant anciens que modernes. Celui qui veut posséder la médecine ne saurait s'en passer. Par le fait de ces citations, son livre s'est trouvé trop volumineux. C'est pourquoi il a été remanié par le Cheikh Bedr eddin Mohammed loussûuny, qui a supprimé les noms des médecins, interverti l'ordre de certains passag'ea, et donné en tôte de son œuvre l'état des médicaments, n" 2,810. »
A ces renseignements que nous avons trouvés exacte, nous