‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 78 sur 162 · LE8 SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE8 SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XV* SIÈCLE

EL KERMANY OU EL KEMRANY.

Hadji Khaim, II, 295. citant l'écrit d'El Azraq, dit qu'il est tiré du Kitab errahma d'une part, et de l'autre du Chefa el Adjesam, ou la guérisou des corps, sans nous donner les noms des auteurs de ces deux écrits. Mais nous trouvons le dernier, l'auteur du Chefa, dans les Mss. de Paris précités .

Tel serait en entier le nom de l'auteur du Chefa : Mohammed ben Abil R'aïts el Kemrany et suivant un manuscrit, El Kermany. Hadji Khalfa, n«7583, cite aussi le Chefa el Adjesam comme étant de Mohammed ben Abil R'aïts el Kermany, et il ajoute qu'on trouve chez lui ce qu'on ne trouve pas chez 8es devanciers. Nous manquons de renseig-nements sur lépoque où vécut El Kemrany.

EL AZRAQ.

Nous avons déjà dit qu'il était mentionné par Hadji Khalfa. Il nous donne ainsi son nom au complet : Ibrahim ben Abderrahman ben Abi Bekr el Azraq, et il le dit auteur du Teshil el Manafi fitthobb ou el hikma^ Livre qui aide à tirer parti de la médecine et de la science. C'est encore ainsi que nous le trouvons nommé dans les n"" 1082 de l'ancien fonds, et 1048 et 1049 du supplément, qui contiennent chacun un exen^plaire du Teshil.

Dans l'introduction, l'auteur nous annonce qu'ayant voulu composer un Traité de médecine, il avait cru devoir prendre pour base deux ouvrages excellents, le Kitab errahma et le Chefa el Adjesam, tout en les complétant. Le premier a lo mérite de la concision, mais en tant qu'abrégé il a des lacunes. Le second, quiparaîts'appuyersur la tradition, mentionne des remèdes que l'on n'a pas sous la main. El Azraq a voulu suppléer à ces lacunes et à ces défectuosités en puisant dans d'autres bons livres tels que ceux de Soueîdy, de Razès, d'Ebn Djoiizy, d'Aly ben el Abbas, de Mardiny, tout en se

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proposant de ne conseiller que des médicaments connus et faciles à trouver.

Les divisions de son ouvragée sont exactement celles du Canon, moins le cinquième livre. Le n* 1008 du supplément contient IGO feuillas in-8*. ("e.^t en somme un ouvrage de second ordre. El Azraq parle de rauteur du Cliefa comme de son maître.

EL MARDINT.

Il existe do lui un Résumé de médecine au n* 10K> du supplément, BOUS le titre Eddorr cl Mandhoum. Il citeel Azraq, l'auteur du Chcfa cl Adjcsam qu'il appelle son maître.

TAKY EDDIN ABOU BKKR EL BEDRY.

Tîiky oddin Abou Bekr Abdallah ben Mohammed cl Bedry, Eddimachky, el Misry , naquit à Damas et habita le Caire, ainsi que l'indiquent ses surnoms, et une note qui accompagne un ouvrage dont nous allons parler.

Il vivait dans le courant du XV» siècle, la note susdite déclarant que Tautographe était achevé en 809 (1404).

Nous n'avons pu jusqu'à présent recueillir d'autre renseig'nement sur son compte.

Taky etldiu composa sur le hachich et sur le vin un ouvragre qui existe à la nibliothèque nationale, n* 1038 du supplément arabe. Il porte ce titre : Rahat ol arouah fi cl hacliich ou crrahy Le repos des esprits sur le hachich et le vin, et contient 150 feuilles.

Le hachich et le vin sont moins considérés ici au point de vue de la médecine qu'au point de vue de l'histoire, de la morale et de la léguai ité. Il y a là toutefois quelques rcns«^lg-nement historiques qui méritent dV»tre mis on lumière, le hachicli ayant une certaine importance dans la vie de l'Orient.

L'auteur débute ainsi : Louange à Dieu qui a défendu à £0:3 serviteurs l'usafre dt»s substances enivrantes.

LU BiftCLBS DE DÉCADEKCK. — XV» SIÊCLB. 205

Il commence par le hachicli, dont il recherche d'abord l'ofifïine. Oq n'est pas d'accord sur la date de son apparition iana le monde musiilmaii. Pluaieurs datea sont données.

Elles portent en somme Hur le XIII» siècle do notre ère avec des oacillationsd'uii siècle, tjuiilquea-iina le rattachent à l'invasion des Tatares ou Monfrol»?.

Deux deruuichea nous Bout donnés comme en ayant propagé l'usage, le cheikli Kalendar et le cheikh Khider. On ne dit rien de particulier sur le premier.

Quant au cheikh Kliider, c'était un saint homme qui vivait retiré dans les environs de Nisahour. Il découvrit les propriétés de cette plante et en recommanda l'uaage k ses disciples. A sa mort, arrivée en 018 (1221), ses disciples en semèrent sur sa tombe.

D'autre part on dit que cette plante était depuis longtemps connue dans l'Inde, son pays natal, et que de là elle se répandît dans les diverses contrées de l'Asie. Elle aurait pénétré dans l'Irak par Ormonz, en l'année fi28 (1230).

L'auteur cite ensuite une foule d'écrivains qui ont parlé du chanvre, depuis Ilippocrate jusqu'à Ehn el Beithàr, sans nous donner de sou crîl rien d'original. Il donne une foule de synonymies suivant le-s pays.

En somme cet écrit est une compilation qui a surtout un intérêt historique.

La deuxième partie, relative au vin, so produit dans les mêmes conditions.

Ce sont d'abord des synonymie-s et des étyraologies plus ou moins rationnelles. Nous rencontrons ensuite une série de citations de médecins depuis Ilippocrate ctGalien, relatives au vin et h ses propriétés, puis des anecdotes, des sentences, etc. Aprè:i une digression sur les chansons et la musique, nous trouvons plusieurs liadits ou propos de Mahomet relatifs au vin. L'un d'eux atlrcssean vin dis reproches: il cause du trouble, il détourne du service de Dieu, il est la source de tout péché, etc.

De tous les renseignements que les écrivains arabes nous ont laissés sur lehachich, les plus complets sont encore ceux donnés par Ebn el Beithâr, qui mourut en 12'i8 de notre ère.

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On sait qu'il voyagea; cependant il dit n'en avoir vu nulle part qu'eu Egypte, ce qui indique une introduction récente, sinon une culture réceute. Il a vu les fakirs l'employer sous toutes les formes et il en a constaté les déplorables résultats, l'altération de l'intelligence, les convulsions et quelquefois la mort. Les mêmes faits, et l'impuissance en plus, ont été observés en Algérie, où l'usage du hacliich, dit aussi Kifet Tekrouri^ a pris de l'extension de longue date. Il existe à Constantine une sorte de confrérie de fumeurs de hachich dits Hachchcchi/a,

Abou Abdallali Mohammed ben Vousef ben Amr Easenoussy naquit à Tlemcen en 1428. Intelligent et avide de science, il étudia toutes les branches des connaissances humaines, mais s'adonna surtout à la jurisprudence et à la théologie. Ses doctrines et ses mœurs étaient d'un soufi. Qu'est le Paradis avec ses houris, disait-il ; rien pour le véritable ami de Dieu qui ne lui donnerait pas un seul regard. On connaît de lui une quarantaine d'ouvrages, et il professa pendant un demi-siècle. Il connut la Bible et soutint la fameuse thèse du Paraclet. Il écrivit quelques ouvrages de médecine, ainsi un commentaire sur Avicenne et un Traité des secrets de la médecine, qui existe au musée Britannique, n* 461. Il mourut en 1400 et fut enterré à Tlemcen (Brosselard, Revue africaine^ 1858-01).

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