‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicales (volume 2)Chapitre 28 sur 119 · DES NATURISTES — DU PNEUMÂTISME — ATHÉNÉE · texte numérisé non relu

DES NATURISTES — DU PNEUMÂTISME — ATHÉNÉE

D'aulres ont donné ce mot à un fluide subtil, à une sorte à'éther^ un cinquième élément, s'ajoutant aux quatre autres dans le corps des animaux. Il serait disséminé dans l'espace, et au delà de l'air où il remplit les intervalles célestes. Ce fut la pensée de Thalès, de Démocrite et des premiers philosophes grecs. Elle fut longtemps acceptée par les physiciens jusqu'cà Newton, qui la rejeta, et qui n'en a parlé à la fin de son livre que comme d'une chose à démontrer. Cependant cette idée a été reprise, et la physique moderne, M. Pouillet, entre autres, admet l'existence de cet éther. Si quelque chose est aujourd'hui vulgaire, c'est la division des éléments du monde en agents pondérables (solides, liquides et gazeux), et en impondérables (éther), qui s'interpose aux molécules de la matière et remplit les espaces célestes.

Ailleurs, on a voulu approfondir la nature de cet élément, et aux premiers temps delà philosophie stoïcienne, le pneuma, synonyme d'élher, était quelque chose de plus subtile et de plus ténu que la matière. C'était quelque chose d'entièrement immatériel, pnewma, spirihis, souffle, comparable à ce que nous appelons une force. Ainsi entendu, le pneitma, pour les stoïciens , était une force émanée de Dieu, répandue dans l'univers et dans le corps des animaux, comme un moteur et un agent d'impulsion universel. Le même mot, pour les premiers Pères grecs de l'ère chrétienne, signifiait V Esprit saint (pneuma).

Il est très- difficile de dire au juste le sens donné au mot |)net(ma par Athénée et ses disciples. Les ouvrages d'Athénée sont perdus. Arétée, son élève, ne l'a pas dit dans ce qui nous reste de lui, et c'est dans Galien qu'il faut rechercher les principes de la secte pneumatique.

« Il y a trois choses {Introduction, le médecin) dans le corps vivant : des solides, des liquides, et ce qui donne l'impulsion, to ivopixwv. Malheureusement les successeurs d'IIippocrate ont brisé cet édifice divin pour faire jouer un rôle exclusif aux solides et aux liquides. Athénée et Archigène sont les auteurs d'une secte qui revint aux saines idées, et qui établit que tous les désordres dont l'économie était le siège et toutes les maladies résultaient des altéralions d'un principe de mouvement désigné sous le nom de Ttv£î;p.a, d'où le nom de secte pneumatique. »

Pour Athénée, en outre des quatre éléments, il y en avait un cinquième, qui, dans le corps, dirigeait et dominait tout le reste, et dont les modifications devaient produire la maladie. Ce principe était le pneuma, tout à fait distinct de l'air, puisqu'il est déjà dans

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les quatre éléments (la terre, l'air, le feu et l'eau). C'était donc un principe spécial, et de plus une substance matérielle.

Dans la plupart des maladies, le pneuma était la première partie affectée. Par son influence naturelle et régulière, il animait la machine vivante qu'il avait charge de nourrir pour la conserver, car la mort subite était la conséquence de son repos. Au contraire, lorsque son influence s'exerçait d'une façon irrégulière, les maladies devaient se développer, et elles différaient entre elles selon les causes qui avaient troublé l'action du pneuma.

Si l'on prend la peine de lire Arélée , dont j'analyserai le.^ œuvres un peu plus loin, on pourra se faire une idée, bien que trèsimparfaite, de la nature de ces diffférents désordres. Quant à la nature du pneuma lui-même, Arétée n'en parle guère, et ce qu'il en dit semble faire croire qu'il s'agit de l'air atmosphérique. Cet écrivain est très-réservé sur le fond de la doctrine ; mais comme il est avec Galien le seul qui nous en ait laissé d'importants passages, sur ce sujet, c'est à lui que nous devons nous adresser pour connaître le fond de la doctrine.

A l'article épilepsie, après une description fort remarquable de l'attaque convulsive, il ajoutera :

« C'est le pneuma renfermé et accumulé dans les organes qui ébranle toute la machine. Par la rétention et la fermentation dans la poitrine se produisent les râles de la respiration et l'écume qui s'échappe du nez et de la bouche. »

Dans Viléus, c'est le pneuma entassé et accumulé dans l'intestin qui étouffe les malades.

Vasthme est la conséquence du pneuma refroidi et altéré par l'humide, d'où sa fréquence plus grande chez la femme que chez l'homme, la première étant de nature humide et froide.

C'est le pneuma qui gonfle et endurcit la rate, de façon à en troubler les fonctions. Terne et sec, il produit l'apoplexie, tandis qu'en devenant humide , il engendre l'ascite. — Dans le vertigr. c'est le pneuma qui tourne sur lui-même, et détermine la chute des

Dans les eynanches, c'est-à-dire les angines, qu'il décrit à merveille dans leurs formes simple, ulcéreuse gangréneuse, couenneuse, et pour lesquelles il parle de la trachéotomie comme d'une chose 'employée de son temps, il dit que lorsqu'il n'y a rien à la gorge, c'est l'altération du pneuma qui exerce une mauvaise mfluence sur le gosier, en le resserrant et en empêchant le passage des liquides. Aujourd'hui, nous appellerions cela du spasme. Mais, pour mieux faire ' comprendre celte étiologie, Arétée l'explique par une

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