‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicales (volume 2)Chapitre 98 sur 119 · SIMÉON SETH ET L'AMBRE · texte numérisé non relu

SIMÉON SETH ET L'AMBRE

C'est aussi des Arabes que la thérapeutique a reçu la connaissance des propriétés de l'ambre jaune et gris, le premier venant des Indes, à Silacha, et l'autre retiré des poissons.

PARACELSE ET L'ANTIMOIKE

Comment l'antimoine est-il entré dans la thérapeutique? Il est bien difficile de le dire. Dioscoride en a parlé sous le nom de Slimmi et Pline sous celui de Stihium, mais aucun de ces deux auteurs n'en a indiq^ué la véritable action ni l'emploi. Ils en parlent comme d'un poison.

L'antimoine passe pour avoir été découvert par Bazile Valenlm (Cursus triumphalis antimonii), au xiii« siècle, mais, ce n'est qu'au xvi« qu'il est entré dans la thérapeutique, à l'occasion de la pesle de 1562 qui ravagea tout le centre de la Bohême et de l'Allemagne. Paracelse le conseilla comme antidote et Haudset guérit plusieurs malades enles faisant vomir avec quelques grains de ce métal melesa du sucre. {Matthiol. Comment. in Dioscoride. Liv. V,c. 59, p.8J8w

Mais comme après l'emploi de ce médicament et de ses differenles préparations, dont on ne connaît pas suffisamment l'aclion physiologique , il y eut des accidents de mort que Paulmier (Paulm. , de mort.

Conta gios.,Tp. Aii) fit connaître, les médecins en furent épouvantés et quelques-uns, Settala en particulier, écrivirent contre son usage.

C'est alors qu'après une enquête faite par la faculté, dans l'autorité de son ignorance, le parlement rendit cet arrêt de 1566 qui interdisait l'emploi de l'antimoine considéré comme étant un poison. Est-ce que tous les médicaments ne sont pas des poisons selon la dose à laquelle on les emploie? Est-ce que des magistrats ont qualité pour proscrire un médicament? mais c'était le temps de l'autorité, et on le vit bientôt, caren 1606, dit Sprengel, Besnier fut chassé du sein de la faculté pour avoir employé le remède proscrit. Que la justice condamne ceux qui tuent leurs malades avec un médicament mal administré, rien de mieux, mais qu'elle s'avise de proscrire le médicament, cela est au-dessus de sa compétence.

Malgré les décrets de la faculté et du Parlement quelques médecins continuèrent à employer en secret l'antimoine et on le mit au Codex de 1637. La dispute se ranima de nouveau. Grâce à la mauvaise foi de Guy Patin qui poursuivait le médicament de ses épigrarames et de ses calomnies, tout le monde s'en occupait, même en dehors de la science, et après un siècle, en 1666, la faculté leva l'interdiction mise sur l'antimoine de façon qu'un nouvel arrêt du parlement puisse en permettre l'usage.

Il a fallu un siècle pour qu'un médicament aussi généralement accepté aujourd'hui comme utile, et même indispensable, pût être employé sans exposer ceux qui s'en servaient à la persécution de la médecine officielle et de la justice. C'est à n'y pas croire, et cependant rien n'est plus vrai; si l'on avait encoriî besoin de preuves pour établir qu'en matière scientifique l'autorité des corps savants est toujours nuisible aux progrès de la science, ce que je viens de raconter suffirait pour convaincre les incrédules.

Malgré ces entraves et ces persécutions, l'antimoine et ses préparations sont devenus des médicaments usuels, dont les propriétés vomitives , purgatives et contro-stimulantes sont chaque jour utilisées chez les malades.

Sans doute le médicament a ses dangers, mais quel est celui qui n'a pas les siens, et, ici comme partout, le succès dépend de la prudence, de l'habileté et de l'expérience du médecin. Non crimen artis quod professons est (Celse).

DE l'ÉTAIN introduit PAR PARAGELSE

Jusqu'au xvi* siècle la médecine n'avait pas eu recours à l'étain. C'est Paracelse qui, le premier, l'a fait entrer dans la thérapeutique

HISTOIRE DE L\ MÉDECINE

•OÙ il est resté. Il a préconisé ce remède dans les maladies vermineuses et il le donnait en poudre, brûlé avec du sel marin et de l'asphalte, pour le mêler ensuite à du sang-dragon et à de la coloquinte (1). Sprengel dit aussi qu'il le donnait dans l'hydropisie et dans la jaunisse.

MEUGURIALIS ET LES VÉSICATOIIIKS

Arcliigènes, Aelius et Aretée ont parlé de l'emploi des canlharides à l'extérieur comme agents de vésication, mais leur usage n'était pas resté dans la thérapeutique. C'est seulement au xvic et au xvii^ siècles que la Vésication Cantharidienne a été remise en honneur surtout par Mercurialis, qui s'en est servi dans plusieurs cas de fièvre putride. Malheureusement, le succès n'ayant pas répondu à son attente, il s'éleva contre lui un sentiment de réprobation qui le força de renoncer à ce moyen. Ce n'est qu'un peu plus tard à la fin du xvii>= siècle, sous l'influence des travaux de Rivière el d'EttmuUer, confirmés par Lind, que les vésicatoires cantharidiens furent de nouveaux employés et, à partir de cet instant, l'Empirisme ayant assez généralement consacré leurs avantages, ils sont devenus d'un usage habituel en médecine.

Baglivi est un de ceux qui ont le plus insisté sur les indications qui exigeaient l'emploi de ce moyen. Dans un traité spécial sur l'usage et l'abus des vésicatoires, il a essayé de montrer (lib . I, p. 102) qu'il ne fallait pas s'en servir dans les fièvres inflammatoires lorsque 4a langue était noire et sèche, et dans les fièvres avec tendance à la pulridilé ou à la gangrène. Il n'approuvait leur emploi qu'à la fin des inflammations, lorsque la diathèse inflammatoire avait presque disparu et qu'il n'y avait pas de septicité. C'est encore là ce que l'habitude des malades démontre tous les jours au médecin.

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