‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 89 sur 124 · PREMIÈRE DESCRIPTION DK LA VARIOLE KT DE LA ROUGEOLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DESCRIPTION DK LA VARIOLE KT DE LA ROUGEOLE

Au vi« siècle, entre Oribase et Aétius, en 541 , il y eut une épidémie très-jp'ave qui ravagea i*Ëgypte y la Palestine, Tltalie et la Turquie et dont les historiens Procope et Evagre nous ont laissé une description assez embarrassée. De la ûèvre , du délire ou de la léthargie, des taches noires de la peau et des bubons de l'aine, des aisselles et de Toreille rapidement suivis de la mort en étaient les principaux symptômes. Chez d'autres, à Antioche, ces symptômes étaient tout différents : c*étaient la rougeur des yeux, la bouffissure du visage, une angine et les bubons — comme complication on y remarquait des exanthèmes particuliers que Ton appelait Variolas ou MdlinaSy corales pusiula. N'était-ce là qu'une seule épidémie ou n'y en avait il pas plusieurs au même moment? cela se voit encore aujourd'hui. Cette supposition me paraît infiniment plus probable, et il est à croire que c'était là une épidémie de peste pendant laquelle il y eut aussi des cas de variole avec ses pustules, de scarlatine grave avec angine et bubons et enfm de rougeole.

Quoi qu'il en soit, d'après Sprengel, la variole exista en France en 555 (tom. IV, Tableau chronologique, etc.), en 57:2, il y eut en Arabie une peste accompagnée de petite vérole et de rougeole (tom. II, p. 199); c'est delà que datent les renseignements premiers que nous avons sur ces deux maladies. Le même auteur rapporte que c'est dans un livre perdu, les Pandectes de Ahrum, que se trouve la première description de la petite vérole d*après laquelle Rhasî*s a l'ail la sienne (p. itJ7), puis dans Mesue (p. 'il'i).

Le livre de Uhazès qui est plus connu est celui qui renferme aussi la première description de la rougeole. Comme j'ai reproduit textuellement ces descriptions dans mon analyse de Rhaxès (tom. I, (I. :248), je n'y reviendrai pas ici.

Qu'il me suffise de constater que la variole et la rougeole n'étaient pas connues de l'ancienne médecine de la Crèce, qu'elles semblent originaires d'xVrabie et que c'est de là qu'elles sont venues en Occident, ainsi que la découverte de l'inoculation, dont il est pour la première fois fait mention par l'École de Salerne.

BACON, WfcLSOH, KAYE liT LA 8UETTK ANGLAISE AU XV« ET AU XVI* SIÈCLE

Au mois de septembre i486, sous le règne de Henri VII, parul en Angleterre une maladie épidémique singulière, très-grave, caractérisée par des sueurs abondantes. — Elle faisait périr presque tous ceux qu'elle frappait et la mort avait lieu en moins de 24 heures. Ce sont des historiens étrangers à la médecine qui en ont fait la mention : Polydor^ Vergil^ Anglic (Histor., lib. XXVI, p. 56,4534), Bacon Vtrulam (Hisl. Henric, VII), — Rapines geschichtey etc., c'est-à dire Histoire d Angleterre (lom. IV, pag. 154).

Elle reparut en 1514 et en 1528, puis elle gagna la Hollande, TAIlemagne, la Pologne et la France. — Ce n'est qu'après avoir ainsi ravagé presque toute l'Europe, et longtemps après ces mentions empruntées à divers historiens , qu'elle a été décrite d'une façon positive par Welsch de Leipsig en 1652. (Historia medica novum puerperarum morhum cojitinens. Leipsig, 1652.) Quant à la suetie anglaise, sa première description est de Kaye et elle date de 1 721 . — En France, c'est Bellot qui, en 1 733, Tadécrite le premier (An febri putridse picardis suette dictse sudorifera, in-4*', Paris, 1733.)

Cette maladie très-courte, promptement mortelle, commençait par une prostration excessive avec syncopes, quelques frissons, une grande soif, une chaleur dévorante et des sueurs tellement considérables qu'elles traversaient le lit. — De là une faiblesse excessive, le coma et la mort en quelques heures. Si le malade résistait , une éruption niiliaire se montrait sur la peau.

Telle était la suette anglaise au xv* siècle, telle on la retrouve encore aujourd'hui quand elle se présente çà et là en France à l'état épidémique. — Elle est un peu atténuée dans ses symptômes, un peu moins grave, mais c'est tout. Aujourd'hui comme alors on la guérit avec des rafraîchissants, des toniques et ^iurtout en ne couvrant pas les malades.

MÉZERAI KT LA COQUELUCHK AtJ XV* SIÈCLK

Au xv« siècle apparut pour la première fois en Europe une maladie tout à fait inconnue, et dont la mention nous a été laissée par des personnes étrangères à la science. Dans sa détermination le vulgaire en savait autant que les médecins, il suffisait d'entendre tousser quelqu'un pour faire le diagnostic de la maladie. Il s'agit de la Coqueluche,

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