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DÉCOIJVERTBS DE L'EMPIRISME MODERNE

pas également attenlif dans Texploration des malades. — Mais, en réalité, pour qu'on admette une pneumonie, il faut que tous les observateurs aient été empiriquement d'accord sur le concours des symptômes que présente cet état morbide. — Est ce que la rage, la variole, la rougeole ont jamais changé de forme depuis le jour où l'observation a permis à un homme attentif d'en indiquer les symptômes*? assurément non.

Il en est ainsi de toutes les maladies connues.

La nosographie est donc fille de l'Empirisme et, à ce tilre, la méthode n'a pas à rougir des fautes que Tignoranc** a commises en son nom.

Le pronostic est encore bien plus un résultat de l'Empirisme que la nosographie, car s'il suftit d'avoir observé quelquefois seulement un certain concours de symptômes pour reconnaître une maladie, il n'en est plus de mène lorsqu'il faut prononcer sur son issue favorable ou funeste. — C'est ici que les observations multipliées, et surtout que les bonnes observations de Thomme toujours attentif à ce qu'il voit, sont nécessaires (vita brevis, ara longa). On peut vite acquérir le talent du diagnostic mais, quant au pronostic, la vie du médecin n est pas assez longue pour y suffire. — Celui qui observe beaucoup, bien et longtemps l'emportera toujours sur les autres, et c'est là le triomphe de l'expérience

Toute \dL thérapeutique enfin naît de l'Expérience, et si le raisonnement ou la théorie inspirent souvent le médecin dans l'invention et dans l'emploi des agents curatifs que Texp^rience est appelée à juger, beaucoup plus souvent au contraire c'est le hasard et les récits du vulgaire qui lui suggèrent l'emploi de ses plus belles ressources.— L'opium, le quinquina, le mercure, l'iode, la vaccine, etc., en sont les preuves et servent de base à la doctrine de la spécificité. Qui pourra jamais expliquer pourquoi l'opium fait dormir et comment le quinquina coupe les fièvres? Le sût-on, un jour, en serait-il moins avéré qu'avant de le découvrir l'un était, de par l'Empirisme, le spécifique de la douleur et l'autre celui de la fièvre intermittente. 1^ nombre des spécifiques n'est pas très considérable cela est vrai, mais, si restreints qu'ils soient, les médicaments qui peuvent être considérés comme tels sont des conquêtes de TEmpirisme.

J'en dirai autant de fexpectation dont j'ai parlé à propos du Naturisme. Qui nous a appris que la nature «guérissait bien des maladies sinon l'expérience? Eh bien, on aura beau répéter avec Asclépiade que le dogme de la nature médicatrice n'est qu'une méditation sur la mort, il n'en est pas moins vrai, expérimentalement p«irlant, que sans fain* de l'expectation ou des efforts salutaires de la nature un système de thérapeutique, là où il n'y a pas de spécifique à em-

ployer, ni de palliatifs à loeltre en usage, les médications Tiolentes, perturbatrices et hasardeuses sont plus nuisibles que Texpectation. Mieux vaut mille fois se confier à la nature qu'aux chances incertaines des systèmes thérapeutiques. C'est un si bon médecin que la nature ! et n'eût-il d'autre mérite que celui de ne jamais dire de mal de ses confrères, l'empirisme devrait lui en savoir gré. .

Ce que je viens de dire en si peu de mots, fera comprendre au lecteur pourquoi je ne me suis pas borné à un simple exposé philo • sophique de 1 Empirisme médical. — J'ai dû Tapprécier en médecin, moins pour le réhabiliter, comme doctrine exclusive, que pour le placer au rang qui lui convient. Si par sa méthode, FEmpirisme qui a été et qui peut être encore une arme de guerre utile contre les empiétements de la raison dans les sciences naturelles, a été méconnu et outragé par ses adversaires, il importe qu'on sache par Tindication de quelques faits précis, quels sont les services qu'il a rendus à la science. C'est là le rôle de Thistoire.

Ne pouvant remonter aux époques antérhistoriques, sur lesquelles il n*y a pas de renseignements utiles à publier, je me suis contenté de dire que l'Empirisme avait créé la nosographie , le pronostic et une bonne partie de la thérapeutique tels qu'on les connaissait an temps d Hippocrate.

Jusqu'aux xiv et \y^ siècles, les médecins ont trouvé décrites dans Galien et dans Avicenne toutes les maladies médicales et chirurgicales qui se présentaient à eux. Sauf des modifications de détail, dues à l'ouverture des cadavres, c était la même pathologie et presque le même traitement. Mais, dans révolution de la science et par ses pérégrinations en Orient chez les Arabes et en Occident, la thérapeutique et la nosographie s'enrichirent bienlôl : l'une de remèdes empiriques nouveaux et 1 autre de maladies jusque-là inconnues dont l'observation devait révéler les symptômes.

La rougeole, le rachitisme, la variole, la syphilis, la suette, le scorbut, la coqueluche au xvr siècle, le purpura au xvin% la plique au xviF, sont les maladies nouvelles que l'empirisme a fait entrer dans la science.

Quant aux médicaments, ils sont innombrables, mais je ne signalerai que l'emploi des plus récents, tels que le camphre, Tacunit, rélaiii, le mercure, l'antimoine, l'iode, la digiîale, la fougère, le Ricin, l'ambre, le musc, le polygala, le simarouba, le gaïac, le sassafras, le quinquina, Tipécacuanha, lamica, la cascarille, le Baume du Pérou, etc. Quelipies-uns d'entre eux sont mentionnés par Dioscoride, mais la découverte de leurs propriétés est beaucoup plus moderne.

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