AU XV11« SIÈCLE
Si Ton en croit Pauli dans son histoire de Pologne (HaUe, 1763, iA-4% p. 289), la pliqae aurait été importée d'Orient par les Tar-
(i) De rachitide seu m^rbo puerili qui vuJgo ike rickeU dicUur, I6S2.
tares, à leur troisième irruption, en 1287. De la Pologne, où elle resta endémique, elle s'est répandue en Bohème au xy« siècle, et li, elle fit de grands ravages. C'était au temps de Casimir lY. Mille suppositions empiriques plus ridicules les unes que les autres eurent cours à son égard, et c'est alors que parut la première description médicale détaillée de la maladie.
On la doit à Hercule de Saxonia (De Plica quant Poloni gwozdziec Roxelani KoUunum vacant. Patav., 1600). — Elle fut le point de départ d'un grand nombre d'autres publications où le vrai se mêle à la fantaisie et à la superstition dans les proportions les plus considérables.
On en attribuait l'origine à l'empoisonnement des cours d'eau dans lesquels les Mongoles avaient jeté têtes et cœurs des Polonais massacrés (Description du royaume de Pologne^ in-8, Leipâg, 1700, tom. II, p. 792), à un virus spécial, au genre de vie qui donnait aux cheveux une trop grande force nutritive, etc. C'est Davidshon qui le premier, en 1602, a indiqué la vraie cause du mal en disant que la plique n'était qu'un feutrage accidentel ou provoqué des cheveux, produit par la malpropreté et le défaut de soins (PUcO' maslix seu plicœ e numéro morborum apospasma).
Bien que cette opinion ait été combattue par Plemp, Gehema, Binninger, Water, Yicat, Hoffmann, Delafontaine, Brera, et la plupart des écrivains du xvii" et du xviir siècle, elle est la plus certaine et me parait à l'abri de toute contestation.
En effet, la plique est une agglomération des cheveux collés en masse inextricable imprégnée d^une humeur grasse infecte, et il suffit pour la guérir de tondre les cheveux, sans avoir recours à tous les remèdes internes employés par les partisans du virus coltonique. Davidshon a ainsi guéri plus de 10,000 individus atteints de celte malpropreté.