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DE LA CHIRURGIE AU XIX« SIÈCLE

Le xix»-- siècle est pour la chirurgie la consécration du traité de paix signé dans le siècle précédent entre les médecins et les chirurgiens. Séparés pendant plusieurs siècles par une question d'amourpropre et de préséance, la révolution française qui les sépara devait au jour de la réorganisation les réunir dans l'Université nouvelle, pour y partager fraternellement les devoirs de l'enseignement commun et de la collation des grades aux élèves. Égaux désormais en privilèges dans les hôpitaux et dans les Académies, leurs regrettables luttes d'invidualisme professionnel ont pu s'éteindre et chacun a pu librement et paisiblement se livrer , dans la mesure de ses forces et selon la portée de son esprit, au culte exclusif de la science.

Dirai-je quels sont tous les chirurgiens qui ont illustré la première moitié de ce siècle? Cela me serait difficile. Il me faudrait parler d'hommes tellement rapprochés de l'époque actuelle, et tellement mêlés aux luttes et aux rivalités de la carrière médicale, que je risquerais de ne pas les apprécier avec toute la justice désirable. Je devrais citer tout le monde. Mieux vaut ra'abstenir.

Mais si, comme pour la chirurgie moderne, je ne choisis pas comme exemple les plus illustres entre des égaux, que les circonstances ont peut-être empêché de se produire d'une façon aussi éclatante, si je ne mentionne pas tous les noms de ceux qui ont occupé une place importante dans la chirurgie, je montrerai par le récit des découvertes chirurgicales contemporaines, tout ce qu'a produit la première moitié de notre siècle.

A mon point de vue, sous le rapport du perfectionnement des méthodes et des découvertes, ce siècle est supérieur au précédent.

Il a vu naître : la lilhotrilie ou broiement de la pierre dans la vessie lorsque le corps étranger n'est pas trop considérable et lorsque la vessie n'est pas très-malade. L'honneur en revient à M. Civiale, qui a réhabilité la sonde droite, la pince à trois branches, et à Leroy d'Etiolle, qui, peu après, a inventé le brise- pierre percuteur. Cependant, dans l'École d'Alexandrie, Ammonius avait déjà inventé un instrument pour broyer la pierre dans la vessie, et Antoine Bénivieni. en 1503, ai-je dit plus haut, a fait une lithotritie chez la femme.

Uanesthésiè chirurgicale : l" au moyen delà respiration des vapeurs d'éther, préconisée par Jaksonen 4842, etparMorton en 1846; 2° avec les vapeurs du chloroforme par Flourens et Simpson d'Edimbourg en 1847 ; 3° par la respiration du protoxyde d'azote; enfin 4° par Yemploi du chloral hydraté à l'intérieur par 0. Liebreich en 1870.

Vécrasement linéaire pour enlever certaines tumeurs sans production d'hémorrhagies, inventé par Chassaignac, ainsi que le drainage ou application de petits tuyaux souples de caoutchouc perforé dans les foyers profonds pour faciliter d'une façon permanente l'écoulement des liquides.

Ce sont les faits de ligature ordinaire de petites tumeurs, avec un fil, amenant leur section, et leur chute sans écoulement de sang, qui ont heureusement inspiré ce chirurgien.

Chassaignac, né en 1812, publia ses premières recherches en 1852. Après avoir fait construire un écraseur ou chaîne de fer articulé qu'on manœuvre au moyen d'une crémaillère fixée sur une tige, il l'employa pour Vécrasement linéaire des tumeurs pédiculées et non pédiculées très-volumineuses, qu'on n'aurait pu opérer qu'à l'aide de l'instrument tranchant.

Ce moyen prévient les hémorrhagies et l'infection purulente; à ce titre, il mérite d'occuper une place honorable dans la chirurgie si belle du xix^ siècle.

La pression lente et progressive exercée sur les tissus, rapproche les parois des vaisseaux contenus dans leur intérieur, les agglutine et quand la section est opérée en moins d'une heure, il n'y a pas de plaie et pas d'hémorrhagie possible. Voici comment on procède :

Si la tumeur est pédiculée, rien n'est plus simple, on opère comme avec un serre-nœud ordinaire, mais si elle n'est pas pédiculée, on forme un pédicule au moyen d'aiguilles fortes qui transversent la base, et on enlève la tumeur en plusieurs temps ou par l'application de deux écraseurs à la fois.

L'instrument est droit ou courbe à volonté, et il permet de me ■ surer le degré de compression nécessaire pour son action. De celte manière on peut suivre pour ainsi dire les progrès de la section.

L'instrument est bon pour les tumeurs vasculaires, parce que les tours imprimés à la vis peuvent être aussi limités que l'on veut, et parce que l'écrasement peut être fait extrêmement lentement.

Pour les tumeurs pédiculées, situées profondément, on peut se servir d'un simple serre-nœud muni d'un fil de fer simple ou double.

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