ÉCLECTISME MODERNE
thodes en fait une plus importante, sans voir que cela ne fait que déplacer la difficulté, mais non pas la résoudre, et sans faire que l'Eclectisme médical soit autre chose que l'indépendance scientifique de chacun avec tous ses avantages et ses inconvénients, selon le mérite de chaque médecin. — M. Guérin veut que la méthode expérimentale soit la base de TÉclectisme, c'est bien, mais combien d'autres réclameront, afin de ne pas prendre tant de peine, et se borneront à raisonner leur choix, croyant que lorsqu'il s'agit de se prononcer sur l'Animisme de Stahl ou sur le Vitalisme de Barthez, l'expérience ne sert pas à grand' chose. — En cela, ils sont aussi à leur façon des éclectiques.
M. Double l'a dit avec infiniment de raison, dans son rapport sur le mémoire de M. Jules Guérin :
« L'Eclectisme ne constitue ni un système particulier, ni une méthode nouvelle. Ce n'est pas à tel ou tel autre médecin qu'il appartient, mais bien à la raison humaine en elle-même, dont quelques hommes, esprits sérieux et forts, se sont rendus tour à tour les heureux et fidèles interprèles... »
« Ainsi vaut l'Eclectisme : adversaire d'autant plus redoutable qu'il les conçoit tous sans en adopter aucun, qu'il les juge tous sans en absoudre aucun; et que, profitant également de leurs erreurs et de leurs vérités, il les combat les uns par les autres avec leurs propres armes et les domine les uns et les autres par leurs propres forces. » (Double, Rapport à V Académie de médecine.)
L'Éclectisme médical est une chose toute personnelle. — Autant de médecins autant d'éclectiques s'accordant sur un point, et différant d'idée sur les autres. C'est l'autocratisrae individuel substitué à un dogme provisoirement consenti de la foule, en raison des vérités qu'il présente, et, comme on le voit, par la traduction littérale du mot, c'est l'anarchie.
Eclectisme médical antique, ou Éclectisme médical moderne, c'est au point de vue philosophique la même pensée d'affranchissement intellectuel contre les autorités scientifiques susceptibles d'être renversées. Pour ceux qui n'ont aucune idée à défendre ou à propager, c'est l'absentéisme doctrinal érigé en principe, et pour peu qu'ils y mettent d'ardeur et de passion, ils arrivent un moment à se faire illusion et à se croire en possession d'une nouvelle méthode d'arriver à la vérité. — L'histoire est là, fort heureusement, pour leur dire qu'elle ne tient compte que des créations de la pensée, assez puissante pour découvrir un principe capable de subjuguer une époque, et qu'elle oublie promptement les bons esprits qui mettent chaque chose à sa place, n'exagèrent rien, et restent indifférents à la
découverle des éléments de l'iiomme ou des lois de la nature, parce que l'auteur de ces découvertes en a exagéré l'importance.