DES ÉCLECTIQUES
Je vais, maintenant que j'ai fait connaître l'Éclectisme, consacrer quelques pages aux principaux Éclectiques.
AGATHINUS.
Ce médecin dont plusieurs historiens ont fait le fondateur de l'Eclectisme médical (voyez Sprengel, tom. 2, p. 73) vécut au premier siècle de l'ère chrétienne. Ce fut d'abord un des sectaires du Pneumatisme, et, c'est en s'écarlant, dit-on, de cette doctrine, qu'il se rapprocha des Empiriques et des Méthodistes. Il me semble que ce n'est pas suffisant pour en faire un chef d'école, et pour l'enlever de l'école pneumatique où je l'ai placé (voyez : Transformations du naturisme, chapitre du Pneumatisme, p. 155, tomel). Son adhésion à la théorie du pneuma caractérise sa tendance médicale, et on pouvait, en admettant la réalité de ce principe général de physiologie, reconnaître les avantages de l'expérimentation. Cela prouve combien il est quelquefois difficile d'apprécier le caractère général des doctrines d'un médecin, surtout quand on n'a plus ses œuvres sous les yeux pour le juger. Quoi qu'il en soit, c'est à lui qu'on fait remonter la création de VÉclectisme et du Syncrétisme a^itique; mais personne ne pourrait l'affirmer avec quelque certitude.
Nous ne connaissons Agathinus que d'après ce qu'en a dit Galien. Il paraît qu'il a écrit sur le pouls, avec toute la subtilité du temps, et il l'attribuait aux mouvements du pneuma qui, par son plus ou moins d'action, donnait une force variable aux pulsations artérielles. — Il a écrit aussi sur l'ellébore; sur les bains chauds qu'il accusait de produire la faiblesse et l'exaltation de la sensibilité — sur les bains froids qui étaient bien préférables pour la conservation de la santé (Oribase, lib. X, cap. 7). — Dans tous ces écrits, se manifestent au plus haut point les principes de la secte pneumatique, et ils ne nous apprennent rien sur l'apparition de l'Eclectisme médical.