DES ÉCLECTIQUES
affections, l'été donne de plus naissance aux fièvres continues, ardentes ou tierces, aux vomissements, aux (lux de ventre, aux douleurs d'oreille, aux ulcères de la bouche, aux chancres qui peuvent envahir toutes les parties du corps, mais principalement les parties génitales ; et enfin à l'épuisement produit par les sueurs excessives. Il n'est pas une de ces maladies pour ainsi dire qu'on ne puisse rencontrer en automne ; mais on observe de plus alors les fièvres erratiques, les douleurs de rate, l'hydropisie, la consomption qui a reçu des Grecs le nom de phtliisie, la difficulté d'uriner qu'ils appellent strangtirie, l'affection iliaque de l'intestin grêle iléon, le relâchement particulier des intestins nommé par eux lienterie, les douleurs scialiques, et les attaques d'épilepsie. »
« C'est l'époque où succombent les personnes affaiblies par des maux invétérés, et sous le poids encore des chaleurs récentes de l'été; d'autres sont enlevées par les maladies propres à la saison ou contractent des affections d'une longueur extrême, telles par exemple que les fièvres quartes, qui sévissent aussi pendant l'hiver. En aucun temps on ne voit régner plus souvent les épidémies, quelles qu'elles soient, quoique l'automne exerce déjà de raille manières son influence pernicieuse. »
« L'hiver suscite des douleurs de tête, de la toux, des maux de gorge, des points de côté, et toutes les maladies des viscères. Quant aux vents, l'aquilon provoque la toux et l'enrouement, resserre le ventre, supprime les urines, détermine des frissons, des douleurs de côté et de poitrine ; néanmoins, il raffermit les bonnes constitutions, et rend plus alerte et plus agile. Le vent du midi fait perdre à l'ouïe sa finesse, aux sens leur activité ; il occasionne des maux de tête, relâche les entrailles, et jette le corps dans la langueur, la mollesse et l'engourdissement. Les autres vents, selon qu'ils se rapprochent de celui du nord ou du midi, produisent des etfets analogues à ceux que nous indiquons. »
« Toute chaleur enfin détermine l'inflammation du foie et de la rate, appesantit l'esprit, et entraîne des syncopes et des hémorrhagies. Le froid amène les convulsions où la rigidité des nerfs. On donne en grec le nom de spasme au premier état, et celui de tétanos au second. C'est au froid que sont dus la gangrène des ulcères et les frissons qui accompagnent les fièvres. Dans les temps de sécheresse, surviennent les fièvres aiguës, les ophthalmies, les tranchées, les difficultés d'uriner, et les douleurs articulaires. Par des temps do pluie, naissent les lièvres continues, les dévoiements, les angines, les chancres, les attaques d'épilepsie, et la résolution des nerfs, paralysie des Grecs. 11 ne faut pas seulement tenir compte
des jours présents, mais aussi de ceux qui les ont précédés. Si l'hiver en effet a élé sec et agité par les vents septentrionaux, et que le printemps soit pluvieux et soumis aux vents du midi, on verra le plus souvent apparaître des ophthalmies, des dyssenteries, des fièvres, qui séviront de préférence sur les personnes dont la constitution est molle, et par conséquent sur les femmes. Si au contraire à un hiver pluvieux, et placé sous l'influence des vents du midi, succède un printemps sec et froid, il en résulte que les femmes enceintes et avancées déjà dans leur grossesse sont menacées d'avorlement, ou ne mettent au monde, lorsqu'elles arrivent à terme, que des enfants débiles et à peine viables. Les autres individus sont aftectés d'ophlhalmies sèches, ainsi que de fluxions et de catarrhes, s'ils sont âgés. Mais si les vents du midi n'ont pas cessé de régner depuis le commencement de l'hiver jusqu'à la lin du printemps, on observera des pleurésies, et le délire fébrile appelé frénésie, qui seront rapidement mortels. Si dès les premiers jours du printemps et pendant l'été il a fait constamment chaud, les lièvres seront accompagnées de sueurs considérables. S'il y a eu de la sécheresse pendant Télé, avec un vent du nord, et si le vent du raidi règne en automne avec des pluies, il se manifestera, l'hiver suivant, de la toux, des rhumes et des enrouements; quelques-uns même seront minés par la consomption, n
« En supposant au contraire que l'automne soit aussi sec que l'été, et de même exposé à l'aquilon, les sujets dont la conslilution est molle, et principalement les femmes, comme je l'ai dit, jouiront alors d'une bonne santé. Ceux qui ont une complexion plus ferme ^leuvent être atteints d'ophlhalmies sèches, de fièvres en partie aiguës et en partie chroniques, et de maladies engendrées par l'atrabile. Quant aux époques de la vie, les enfants et les adolescents se portent mieux dans le printemps et au commencement de l'été, les vieillards mieux en été et au commencement de l'automne; les jeunes gens et les hommes dans la force de l'âge mieux en hiver. On supporte plus difficilement l'hiver au déclin de la vie, et moins bien l'été lorsqu'on est jeune. Dans la première et la seconde enfance si la santé se dérange , les malades sont très-sujels à des ulcères serpigineux de la bouche, appelés aphthes en grec, ainsi qu'à des vomissements, des insomnies, des écoulements d'oreille, et des inflammations autour de l'ombilic. Au moment de la dentition particulièrement, ils présentent des ulcérations superficielles aux gencives, et sont pris de convulsions, de fièvres légères el de dévoiements, surtout quand les dénis canines sont prêles à sortir. Ces accidents s'observent fréquemment chez les enfanis trop gros,
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et qui ont le ventre trop resserré. A un âge un peu plus avancé, surviennent les engorgements des glandes, les déviations des vertt-bres, les écrouelles, des espèces de verrues douloureuses nommées en grec 'x-A-^oyo^^o^nq^ et plusieurs autres sortes d'excroissances. ■Un grand nombre de ces affections persiste encore à la puberté, et de plus il se manif.;ste des lièvres de longue durée et des hémorrhagies nasales. C'est vers le quarantième jour que l'..-nfance a le plus de danger à courir, puis au septième mois, à la septième année, et ensuite aux approches de la puberté. Si à cette époque et après les premiers rapports sexuels, les maladies des garçons ne sont pas terminées, et si elles persévèrent chez les filles après l'éruption des règles, elles deviennent souvent difficiles à vaincre. En général cependant les maladies de l'enfance qui se sont prolongées jusqu'à ces limites ne vont pas au delà. L'adolescence est trèsexposée aux affections aiguës, à l'épilepsie et à la consomption, et ce sont presque toujours les jeunes gens qui crachent le sang. Après cet âge, arrivent les pleurésies, les pneumonies, la léthargie, le choléra, la frénésie, et l'écoulement de sang par les orifices de certaines veines, ce que les Grecs nomment hémorrhoïdes II y a dans la vieillesse embarras de la respiration, difficulté d'uriner, catarrhes, douleurs dans les articulations et les reins, paralysie, mauvais état du corps désigné par les Grecs sous le nom de cachexie, insomnie maladies des oreilles, des yeux et du nez toujours opiniâtres, relâchement d'entrailles, et par suite tranchées, lienterie, et toutes les incommodités qui résultent de la trop grande liberté du ventre. Indépendamment de ces affections, les sujets maigres ont à craindre la consomption, la diarrhée, les rhumes, les points de côté et les douleurs des viscères. Les gens surchargés d'embonpoint sont plutôt enlevés par des maladies aiguës et des suffocations, et périssent souvent de mort subite, ce qui n'arrive presque jamais aux personnes dont la constitution est grêle. y>
Voilà pour les causes; qum kh Séméiologie, Celse divise les symptômes en plusieurs catégories. 1° Signes précurseurs tels qu'excès d'embonpoint ou de maigreur; perte des forces et lourdeur des membres; accroissement de température; insomnie; sueur générale ou partielle; inappétence; bouillonnements; lassitude, etc 2" Signes achteZs indiquant la maladie d'un organe. 3° Signes pronostics annonçant que la terminaison sera heureuse ou malheureuse. Ces derniers sont exposés avec une supériorité réelle et on pourra en juger par l'extrait qui va suivre (1) :
(1) Celse, livre II, § 4.
BOUCUUT. ,