‹ Histoire de la medecine et des doctrines medicalesChapitre 114 sur 125 · CELSE · texte numérisé non relu

CELSE

Celse a vécu cà la fin du règne d'Auguste, sous Tibère et même aussi, dit- on, sous Caligula. Surnommé le Cicéron des médecins,

il a composé une encyclopédie des sciences humaines que le temps a détruite, et dont il ne reste que la partie médicale, écrite dans une latinité si belle qu'on la cite souvent comme exemple.

On a beaucoup discuté pour savoir s'il était médecin, mais il est impossible de rien établir à cet égard. S'il n'a pas été médecin, ainsi que la déclare Pline, il a su la médecine mieux que beaucoup de médecins de profession, et il faut qu'il l'ail beaucoup • étudiée pour en parler avec tout le talent qui se révèle dans son Traité de médecine.

Cet ouvrage, divisé en 8 livres comprenant la Diététique, la Pharmaceutique et la Chiricrgie, commence par une exposition des doctrines médicales du Méthodisme, de V Empirisme et du Dogmatisme. C'est là où Celse fait la profession de foi éclectique rapportée plus haut.

Il expose d'abord ce qu'il convient de faire pour se conserver la santé. C'est un véritable Traité dliygiime où se trouvent indiqués la plupart des préceptes d'Hippocrate.

« Celui qui est d'une bonne constitution n'a pas besoin de régime, de médecin, ni d'iatraleple ou de friction iienr. Vivre à la campagne et à la ville, fiiire de l'exercice, naviguer, chasser, se baigner à l'eau chaude et à l'eau froide, manger à son appétit, et user de tout sans s'affaiblir, voilà son hygiène. »

Les personnes délicates, et il en est ainsi de presque tous les habitants des villes et des gens de lettres, doivent s'observer davantage et veiller avec soin sur les effets des influences extérieures, effets qui varient avec le tempérament, le sexe, l'âge, la saison, et que Celse expose très-nettement et avec détails.

Quant à ceux chez lesquels il y a faiblesse d'une partie du corps, il leur faut s'astreindre à des habitudes spéciales — qui varient selon qu'il s'agit de la tête, du ventre et de la diarrhée habituelle, du côlon, de l'estomac, des douleurs nerveuses, etc.

Il indique ensuite les précautions à prendre en cas d'épidémie relativement à la manière de vivre, à l'exercice, au sommeil, à la veille; mais « le plus sûr alors est de voyager ou de naviguer. »

Le second livre a pour objet la Pathologie générale et il renferme des vues d'ensemble sur VEtiologie, sur la Séméiologie et sur la Thérapeutique. C'est là que Celse expose l'influence des saisons de la température, de Vûge, dc^la constitution et des tempéraments sur les maladies. Par l'extrait qui suit on pourra juger la ipédécino de cette époque (1).

(1) Cclsc, livre 11, § 1. Traduction par des Étangs, page 22.

«11 n'est pas de saison plus favorable que le prinlemp»; vient ensuite l'hiver ; on court plus de dangers en été et de bien plus grands encore en automne. Chaudes ou froides, les températures égales sont les meilleures, et les plus fâcheuses sont caractérisées par d'extrêmes variations. De là vient que l'automne est fatal à tant de monde. Alors, en effet, la chaleur se fait sentir vers le milieu du jour, tandis que les nuits, les matinées et les soirées sont froides. Or, le corps relâché pendant l'été, et qui l'est encore à midi par l'élévation de la tempéralure, se trouve bientôt après exposé brusquement à l'aclion du froid. C'est dans cette saison surtout que se font remarquer ces vicissitudes; mais en quelque temps qu'elles arrivent, elles sont toujours pernicieuses. Quand il n'existe point de variations dans l'air, les jours sereins sont les plus salutaires, et mieux vaut encore les avoir pluvieux que chargés de nuages et de brouillards. »

« En hiver, il faut préférer les jours où les vents ne soufflent pas, en été ceux où règne ua vent d'ouest. A défaut de celui-ci, les vents du septentrion sont plus favorables que ceux de l'est ou du midi. Néanmoins, leur salubrité dépend quelquefois des lieux d'où ils viennent ; ainsi presque toujours le vent qui s'élève du milieu des terres est sain, tandis qu'il est insalubre s'il souffle du côié de la mer. Non-seulement la santé se conserve mieux par une bonne température, mais le beau temps abrège encore les maladies exis tantes, et les rend plus légères. Pour un malade, le ciel le plus inclément est celui sous lequel il a perdu la santé, aussi dans cet état fera-t-il-bien d'en choisir un autre, fût-il généralement plus contraire. C'est au milieu de la vie qu'on est le moins exposé, car on n'a pas plus à redouter l'ardeur de la jeunesse que le refroidissement de l'âge sénile. On observe plus souvent les maladies aiguës chez le jeune homme, et chez le vieillard les maladies chroniques. Le corps le plus dispos est celui dont les formes sont carrées, sans maigreur et sans obésité. Si une taille élevée sied bien à la jeunesse, elle oblige en revanche le vieillard à se courber prématurément. La maigreur rend le corps débile, et l'excès d'embonpoint émousse la sensibilité. C'est au printemps surtout que les efl'els de l'agitation des humeurs sont à craindre, et c'est précisément alors que surviennent les ophlhalniies, les pustules, les hémorrhagies, les abcès appelés par les Grecs apostèmes, l'alrabile qu'ils nomment mélancolie, la frénésie, l'épilepsie, l'angine, les fluxions, cl les catarrhes. Dans cette saison régnent aussi les maladies des articulations et des nerfs, avec toutes leurs alternatives de rémission et d'exacerbation. Sans être exempt du plus grand nombre de ces

DE l'éclectisme

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