BELLINI
Laurent Bellini (1643-1703) médecin professeur d'anatomie à Pise, disciple consciencieux de Borelli, suivit de très-près ses doctrines.
— On lui doit un travail important sur la structure du rein dans lequel il parle longuement des tubes urinifères appelés de nos jours tubes de Bellini, un travail fort estimé sur le goût et sur la structure
* de la langue, enfin divers mémoires sur la fonction du sang, sur les mouvements du cœur et des liquides; sur l'incubation de l'œuf, etc.
— Comme analomisle il occupe une place très-honorable dans l'histoire, mais, comme médecin, ce n'est pas tout à fait la mèrat chose.
Son Traité des urines est un de ses meilleurs ouvrages de prati-i cien renfermant des indications utiles sur les caractères extérieurs dé ce fluide, sur ses dépôts et sur la quantité rendue.
Dans son Traité sur le pouls, il établit avec raison que les artère9 se dilatent au moment de la contraction du cœur et qu^elles se re-i lâchent pendant son repos, qu'elles sont toutes contractées ou re-' lâchées au même instant. — Pour lui les artères sont coniques.
La fièvre est aussi pour lui le résultat d'une différence d'afllusi de suc nerveux dans le cœur avec viciation du sang et les inflamina-i tions résultent de l'irrégularité des mouvemenls du sang qui amènent la stase sanguine, de l'épaississement du liquide sanguin dans les capillaires où se produit une sorte d'obstruction.
Toutes les sécrétions sont la conséquence d'un mélange du ferment de chaque organe avec le sang des vaisseaux glandulaires,,
DE L'IATRO-MÉCANISME — BAGLIVI
dont les replis et les flexuosités retiennent le sang dans le tissu de la glande.
A propos des effets de la saignée qu'il a étudiés avec soin, il mentionne ce fait vrai que l'opération est suivie d'une circulation plus rapide du sang; il attribue le phénomène à la fluidité plus grande du liquide et â la pression moindre qu'il exerce sur les parois vasculaires. Sauf l'explication le phénomène est exact. Tout le monde sait en effet par les expériences de Cl. Bernard sur les chiens saignés abondamment, lorsqu'ils ont un manomètre à la carotide, que la pression du cœur augmente sensiblement et quelques cliniciens pensent même que les saignées répétées favorisent le développement de l'hypertrophie du cœur.
De ces travaux on peut tirer la conclusion que Bellini était infiniment moins mécanicien et moins chimiâtre que Borelli. — Il a partagé ses opinions mais sans les formuler d'une façon aussi précise, et c'est une différence importante à signaler.