ANATOMISME — CIRCULATION DES LYMPHATIQUES
semblables à eaux qu'on trouve également dans les membres et dans toutes les autres parties du corps.
C'est là une nouvelle découverte anatomique ayant eu la plus grande inQuence sur les doctrines médicales. Par la connaissance des chylifères, on a eu en effet tout à coup l'explication d'un grand nombre de phénomènes pathologiques jusque-là inconnus et, de ce lait, sont nées quelques théories médicales importantes.
C'est Olaus Rudbeck qui, en 1650, établit la différence des vaisseaux lactés ou chylifères, d'avec les vaisseaux lymphatiques et qui a montré qu'ils se rendaient tous au réservoir commun de Pecquet. — Tout jeune encore, cet anatomiste suédois remarqua sur la surface dufoiedes vaisseaux transparents, aqueux, distincts des vaisseaux chylifères, qu'il appela hépalico-aqueux en raison du liquide qu'ils renfermaient. Sa découverte était cependant incomplète, car un peu plus lard en 1651 ou 1652, Thomas Barlholin, qui d'abord avait cru que les chylifères allaient en partie dans le foie, se ravisa. — Acceptant le fait que les chylifères sont exclusivement destinés au transport du chyle, que les hépatico-aqueux de Rudbeck sont des vaisseaux distincts, il les nomme des vaisseaux lymphatiques , et il les trouve partout dans les viscères et jusque dans les membres d'où ils se rendent au réservoir commun de Pecquet à travers les ganglions qui sont sur leur passage. — C'est alors que la vérité lui apparaissant toute entière, il écrivit son histoire des vaisseaux lymphatiques qu'il termina par un chapitre intitulé : Postinventa lymphatica, hepatis ohsequiae. C'est là où il a écrit cette épilaphe célèbre consacrant le souvenir des obsèques du pauvre foie réduit à ne plus faire que de la bile. — Barlholin avait compris le rôle des lymphatiques et celui des chylifères ; il voyait le foie dépossédé de ses fonctions de sanguification et condamné à n'être plus que l'organe purificateur du sang par la sécrélion biliaire. — Je puis ajouter aujourd'hui qu'il est aussi l'organe de la sécrétion d'un sucre particulier, mais ce serait anticiper de deux siècles sur la marche de la science et, plus tard, je reparlerai de la fonction glycogénique du foie découverte par Cl. Bernard.