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OU développement de molécules associées les unes aux autres poui former le gerine d'où sortira plus lard l'embryon.
Comme on le voit, la science en est revenue à la théorie hippocratique du mélange des deux semences, contrairement à celle de Zenon qui faisait provenir le fœtus du sperme tout seul. Cela devait être, puisque tout être nouveau participe du père et de la mère, et qu'il procède dans sa forme, dans sa couleur, et dans ses maladies des deux parents qui l'ont formé. Seulement par la découverte de Harvey et de Graaf, nous savons que la semence chez la femme n'est plus, comme au temps d'Hippocrate, le mucus utéro-vaginal, mais le produit de l'ovaire, organe correspondant au testicule de l'homme. — Ici, le mot semence reprend son acception grammaticale, c'est la graine ou le germe de l'être futur. En fait, l'école hippocralique s'est trompée en considérant le mucus utéro-vaginal comme étant la semence de la femme, mais en principe l'idée que l'union des deux semences mâle et femelle, nécessaire à la génératioUj était exacte. — Il fallait une rectiûcalion, et grâce aux progrès de l'anatomie moderne par la découverte de l'ovule des mammifères, Graaf et Baer ont pu la faire , et réaliser un des grands faits de la physiologie actuelle. De cette découverte et de celle des spermatozôaires dépend en effet la théorie moderne de la génération.
Tout le monde connaît l'œuf des oiseaux et ses transformatio ns lorsqu'il a été fécondé. C'est là où l'on a pu suivre, jour par jour, l'apparition des premiers éléments cellulaires d'où résulte l êtr; futur. Mais, chez la femme, et sur les femelles des autres mammifères, l'œuf quoique semblable dans ses parties, diffère cependant par sa petitesse extrême due au volume moindre du vitellus.
Chez la femme, l'ovule a deux dixièmes de millimètres. C'est un point presque invisible , mais il augmente un peu après sa sortie de l'ovaire. Il est jaunâtre et transparent.
Formé d'une enveloppe homogène appelée membrane vilelline, qui renferme le vitellus, analogue du jaune dans l'œuf des oiseaux, et constitué par des granules libres dans une matière amorphe, il offre au centre de ce vitellus une vésicule encore plus petite qui est la vésicule germiiiative, et dont le diamètre est de 40 millièmes de millimètre. — Cette vésicule a été découverte par M. Goste en 1837 et elle renferme quelquefois de petits corpuscules appelés taches germinatives. — De là résulte la comparaison qu'on a faite de l'œuf avec une cellule ayant son noyau, ou vésicule germinative, et quelquefois son nucléole qui est la tache germinative.
Ces ovules se trouvent déjà dans l'ovaire du fœtus, ce qui fait
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qu'une femme enceinte représente à elle seule trois générations! (Garus, Négrier, Bisclioff, Coste, etc.)
Ils ne commencent à sortir de l'ovaire qu'à la puberté, et probablement à chaque époque menstruelle qu'on peut considérer comme une ponte accompagnée d'hémorrhagie utérine. — La vésicule de Graaf se remplit de liquide, se distend, se rompt, et l'ovule pris par la trompe est entraîné dans l'oviducte et dans la matrice où il se détruit s'il n'est fécondé. — Dans ce cas, il y reste et se développe pendant 270 jours environ.
Par suite de sa fécondation, son vitellus se segmente en deux parties, chaque fragment se divise encore en deux autres, ce qui fait quatre et ainsi de suite, de manière à former une série de cellules qui forment une membrane intérieure dite terne, sous la membrane vitelline et le blastoderme. Cette membrane s'obscurcit sur un point par suite d'une condensation des cellules nouvellement formées, et il en résulte une tache dite embryonnaire qui devient oblongue, offre un sillon longitudinal au milieu, et c'est Icà que va se développer le nouvel être. — Ce qu'il deviendra ultérieurement, je n'ai pas à l'indiquer ici, car cela se trouve dans tous les traités de physiologie, et je voulais seulement établir comment la science avait suivi d'une façon précise le travail formateur du fœtus à partir de la fécondation de l'ovule par son mélange avec les spermatozoaires jusqu'à son entier développement. C'est là un point de l'histoire de l'anatomie et de la physiologie qui fait le plus grand honneur à la science moderne. — Sans avoir pénétré le mystère de la génération, elle en a fait connaître le mécanisme et c'est là son plus beau rôle. — Hors de là, il n'y a plus que des hypothèses à tormuler, et elle a bien fait de s'abstenir.
Il me resterait maintenant à faire connaître la découverte de Vlrritabilité et les résultats qu'elle a eus sur les doctrines médicales, mais c'est là un sujet dont le point de départ est essenliellement physiologique et qui sera mieux placé à l'occasion de ce que je dois dire sur les progrès de la physiologie et sur ses découvertes récentes.
Si les autres découvertes anatorniques de la période que je viens de faire connaître et qui sont relatives aux muscles, aux os, aux nerfs, aux poumons, aux glandes et aux organes des sens sont moms importantes au point de vue médical que celles que je viens d'exposer, elles n'en ont pas moins été une source de progrès incontestable pour la science. — Plus de détails seraient inutiles et me teraient sortir du point de vue général et philosophique où je me suis placé. — J'ai voulu montrer quelle a été l'activité du mouvemen
scientifique desxv% xvi' et xviii» siècles, qui a renouvelé l'analomie et qui a substitué l'observation de la nature à l'autorité anatomique de Galien. Ce que j'ai dit peut suffire, et si l'on veut bien ne pas oublier que je m'occupe des doctrines médicales plus que de l'histoire chronologique de la médecine, on verra qu'il n'est guère besoin d'insister pour faire comprendre l'influence de l'anatomie descriptive sur les progrès de la chirurgie, et sur les doctrines médicales qui en relèvent directement.
SECTION V Do l'Anatoraie au xix" siècle.
Au commencement du xis** siècle, l'anatomie descriptive, presque complète, sauf des détails de peu d'importance, inspirait au génie de Bichat une de ces conceptions supérieures qui ouvrent à la science des horizons nouveaux. On avait décrit en particulier chacun des os, chacun des muscles, tous les vaisseaux, tous les nerfs, tous les ligaments, tous les viscères, mais on n'avait pas songé à étudier chacun des éléments de ces viscères, c'est-à dire les tissus cellulaire, osseux, fibreux, tubulaire, nerveux, vasculaires, cartilagineux, dans leur développement et dans leurs propriétés physiques et vitales. — G'est'ce qu'entreprit l'immortel Bichat dans ce » qu'il a appelé VAnatomie générale.