CHAPITRE II
ANATOMISME ET PARASITISME
microscopiques sont attribuées à des ferments et considérées comme des maladies zymotiques. (V. Chimiatrie.) Quoi qu'il en soit, en dehors de toute hypothèse relative aux fer- ! ments, on ne peut méconnaître qu'il y a des maladies dues à la pré- :sence de parasites animaux ou végétaux, visibles ou invisibles. C'est ! là un résultat incontestable de la micrologie pathologique.
Déjà Linnée avait annoncé le fait en disant qu'un certain nombre i de maladies étaient la conséquence de particules animées, invisiibles, répandues dans l'air; mais la démonstration de cette vérité i importante était réservée à notre siècle. — La gale, la teigne, la mentagre, le muguet, etc., étaient considérés comme des maladies virulentes ou diathésiques, et attribuées à un virus psorique ou • dartreux qui n'existe pas. Le muguet était considéré comme une af- Ifeclion générale, semblable à une fièvre éruptive (Yalleix, Clinitque du nouveau-né). Certaines tumeurs hydaliques attribuées à des ! productions locales d'acéphalocystes de nature mal déterminée, les ; flèvres éruptives et les maladies charbonneuses étaient considérées ' comme des affections virulentes, produites par le virus charbonneux variolique, scarlatineux ou autre. — Eh bien, — toute cette ^ étiologie est à réviser. — Si, à côté des vérités incontestables qui ont été publiées, il y a des hypothèses dans cette théorie, on n'a qu'à attendre de nouvelles recherches avant de l'admettre définitivement dans la science.
Par l'emploi du microscope, Galès a pu établir que la gale attribuée au virus psorique n'est qu'un effet des ravages d'un parasite icutané (1817), insecte microscopique facile à découvrir.
Bazin a montré que les différentes espèces de teigne faveuse, î tondante et décalvante ne sont pas dues au virus dartreux, mais au développement de champignons microscopiques ou parasites végéitaux, tels que VAchorion schoenleini, le Tricophyton tonsurans I (Gruby) ; le microsporon Audouini.
Berg de Stockolm a fait connaître dans le muguet un végétal inifusoire, YOidium aïbicans, dont la végétation est certainement le 'Caractère matériel des taches blanches de la muqueuse buccale I observées dans cette maladie.
La mentagre est produite par le microscoporon mentagro- ^phytes (Gruby).
Tout ce qu'on a appelé hydatides et acéphalocystes, n'est qu'une i conséquence de la formation d'un parasite connu sous le nom d'echinocoques dont les métamorphoses au sens de l'économie sont très-nombreuses et forment autant de maladies. Ainsi, les echinocoques qui dans les parenchymes forment les vésicules appe-
lées acéphalocysles réunies en tumeurs dans certains organes, constituent par un changement de forme des cysticerques ou des (aenias. Dans un cas comme dans l'autre , c'est le même animal , parasite rudimentaire , à demi développé vers l'extrémité caudale ou développé dans l'intestin au point d'avoir plusieurs mètres de longueur. (V. Kuchenmeisler.)
La Trichinose découverte par R. Owen est le résultat du développement de trichines dans les muscles par suite de germes venus du dehors avec la viande de porc atteinte de cette maladie.
Chez les animaux de la race porcine, la ladrerie est le résultat d'un parasiste formé dans les muscles et ce parasite, mangé par l'homme, engendre le ver solitaire. — Les poissons du lac de Genève, surtout la ferrade, qui ont le botriocéphale, en transmettent e germe à ceux qui se nourrissent de leur chair.
Le charbon et le sang de rate chez les moutons, paraissent dus à la formation de vibrioniens dans le sang, connus sous le nom de bactéries et bactéridies (Davaine). Coze et Feltz en disent autant de la variole et de la fièvre typhoïde chez l'homme. Salisbury croit avoir trouvé dans l'absorption de Valga gemiasma, de Valga morbilli, gonorrhei, etc., la cause de la fièvre intermittente, de la rougeole, de la gonorrhée. — Swayne, Brittau, Budd, en ont dit autant en 184-9, du choléra qui serait dû à une mucédinée spéciale. — Ordonez a trouvé une algue dans les tumeurs héléradéniques considérées par * Robin, comme étant formées de tissu glandulaire et de même pour quelques autres maladies.
Comme on le voit, c'est toute une théorie pathologique riche d'application, et ayant la prétention de révéler la cause des fièvre?, des épidémies et des épizooties, des maladies virulentes et des virus, des miasmes, et d'un certain nombre des maladies de la peau.
Qu'il y ait beaucoup d'hypothèses et d'assertions hasardées dans les preuves qui ont été produites en faveur du parasitisme, cela n'est pas douteux. Ainsi, je n'accepte point comme vérités démontrées, que la fièvre intermittente, la variole, le typhus, la rougeole, la syphilis, etc., soint des maladies parasitaires dues à des infusoires végétaux ou animaux aussi appelés microzymas. Mais il n'en est pns de même pour toutes les autres maladies réputées parasitaires.
Ainsi le sang de rate, que M. Davaine considère comme le résultat de la production de bactéridies dans le sang dont l'existence esl antérieure à l'apparition des symptômes, et que l'insection de ces hartéridies chez un animal en bonne santé peut produire, est probablement une maladie parasitaire.
La teigne, le muguet, les cysticerques, les échinocoqnes, la Irichi-
nose, etc., sont dues à la présence de parasites et il ne saurait y avoir de doutes à cet égard.
On peut donc encore contester la nature parasitaire de telle ou telle maladie, mais il n'y a plus à discuter l'existence du parasitisme. Sous ce rapport l'anatomie pathologique a rendu à la science un service dont l'histoire lui saura gré, c'est une théorie médicale importante dont les applications déjà très-nombreuses, ne pourront que s'étendre encore avec le temps et elle a déjà eu sur la thérapeutique une inauence si considérable, qu'on peut encore prévoir fsous ce rapport de sérieux progrès.