DES ANCIENS MÉTHODIQUES. — CŒLIUS AURELIANUS
Après cela, on viendra au dropax , qui est une sorte d'emplâtre fort adhérente et qu’on arrache ou qu’on lève par force. Cette emplâtre, qui est encore appelée sympasma par notre auteur, sera appliquée 1° aux jambes et ensuite au dos et à la poitrine, depuis la première vertèbre du col jusqu’au bas du dos. La raison pourquoi on s’attache à ces endroits, c’est qu’il y a communication, entre les nerfs de ses parties, et ceux des parties plus hautes. On appliquera enfin le dropax sur la tête, sur le devant du col, sur le menton, et sur les muscles des tempes ayant premièrement rasé ces parties et, afin que le reste du corps ne prenne pas du froid, pendant ces applications, ôn fera frotter et oindre les autres parties, et on oindra de même celles sur lesquelles le dropax aura été appliqué, après quoi on entrera dans le bain. »
« Les parties de la tète ayant été relâchées, ramollies et ouvertes par ces remèdes, on les entretiendra en cetétat par Y exercice de la voix , par le fréquent sinapisme, et par les remèdes qui font éternuer. Et après s’être promené quelque temps, on se gargarisera avec de la moutarde détrempée dans de l’eau, ou l’on en mâchera de la sèche, ou du poivre avec du miel avant que d’entrer dans le bain. Sur quoi, il faut remarquer que la méthode n’a pas mis en usage le dernier de ces seeours, dans le dessein de tirer simplement quelque flegme, mais afin que les parties du dedans de la bouche étant ouvertes, ou émues par ce remède, elles communiquent leur émotion au cerveau. Par la même raison, on peut prendre aussi du suc de blette noire, ou de pain de pourceau, la quantité d’une cuillerée, et ayant fait renverser la tête du malade, lui faire entrer de ce suc dans les quatre narines. De cette manière il se fait une décharge d’humeur, dont on se trouve soulagé, non parce que cette humeur est sortie, mais plutôt, comme on vient de le dire, parce que le mouvement des narines, ou l’irritation qui s’y fait se communique à la tête, et fait ouvrir ce qui était resserré. On met aussi au rang des remèdes ou des secours locaux, l’usage de quelques autres matières différentes de celles dont on a parlé, comme sont l’euphorbe et les compositions où cette drogue entre, l’ortarée, l’opobalsamum, l’apbronitrum, la myrrhe. On joint enfin à ces remèdes l’application de ces sortes d’onguents, qui ont la qualité de tirer de fort profond, et pour effacer pour ainsi dire les causes des maladies. »
« Cependant on se souviendra de ne pas passer d’un remède local à un autre, que le trouble que ce remède aura causé, ne soit calmé, et que les parties ne soient en état de supporter une seconde agitation semblable à la première. C’est pourquoi si nous
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voyons que le corps ait été fort fatigué après un premier remède de cetté nature, cela marquera qu’il n’en fâut employer qu’un seul dans chaque cercle. Mais dans les corps qui l’auront aisément supporté, on passera à un autre sans hésiter ; d’ailleurs, on observera d’employer chacun de ces remèdes le jour qui suivra celui auquel on aura changé la matière de la nourriture, afin que l’abstinence qu’on fait ce jour-là rende le corps plus ouvert et plus disposé à se prévaloir des remèdes. On observera aussi que le dropax soit appliqué lorsqu’on se servira de la nourriture moyenne, et de la paroptèse, le sinapisme, et les sternutatoires, dans le temps qu’on se nourrit de volaille. Car alors le corps n’est ni trop affaibli par la drimyphagie, ou par les viandes salées qui ont précédé, ni trop rempli par l’usage d’une trop forte nourriture. On s’abstiendra donc de toute sorte de remèdes locaux dans le temps de la drimyphagie, tant seulement ; à moins que ce ne soit un remède fort léger, et que les forces ne soient bien entières. La raison pourquoi l’on doit cesser d’appliquer des remèdes locaux ou extérieurs dans le temps que l’on vient de marquer, c’est-à-dire pendant que l’on use des viandes salées et âcres, c’est que cette manière de se nourrir, que l’on appelle, comme il a été dit, Drimyphagie, émouvant assez le dedans, il n’est pas à propos d’émouvoir en mê'me temps le dehors, de peur de causer une trop grande agitation dans tout le corps. »
« On peut encore joindre à tous les remèdes précédents le cataclysme, qui est une manière de laver la tête par une chute violente de quelque eau sur cette partie, et il faut que cette eau soit \° chaude et ensuite froide. Après cela, on substitue à l’eau commune qu’on avait employée au commencement les eaux minérales, mais il ne faut pas qu elles aient une odeur qui puisse incommoder. On peut aussi nager, mais il faut prendre garde que ce ne soit pas à ciel découvert, parce que la tête, qui est seulement exposée à l’air, se refroidit nécessairement pendant que le reste du corps qui est dans l’eau se réchauffe. »
« Enfin si le mal de tête ne cède pas à tous ces remèdes, et qu’il revienne par intervalles , le malade s’étant suffisamment fortifié par la bonne nourriture et par le repos, on en viendra à Y ellébore; et on prendra 4° des raiforts qui auront été piqués avec les fibres du même ellébore et qui auront ensuite infusé dans l’hydromel et l’on ajoutera un peu de vinaigre. Ce remède ayant suffisamment fait vomir , on emploiera les cuisiniers , et on se nourrira de toutes sortes de bonnes viandes , afin que le corps qui aura été ouvert par le violent mouvement causé par les