DE LÏATRO-MÉCANISME — SANCTORIUS
on est plus pesant à la balance, c’est un signe qu’on jouit d’une santé parfaite.
5° La douleur de tête ou de quelque autre partie du corps, diminue la transpiration.
6° De légers purgatifs ne diminuent pas sensiblement la transpiration : il n’en est pas de même des forts purgatifs, ils l’em pêchent ou du moins la diminuent considérablement.
7° Dans les jeunes gens, d’une bonne santé et qui vivent sobrement, le corps s’accroît tous les mois de deux ou trois livres. Quelquefois, vers la fin du mois , ils ont la tête pesante, et ils éprouvent plus ou moins de lassitude et d’abattement ; mais bientôt une éjection d’urine, un peu de trouble, ou quelque autre évacuation, les rétablit dans leur état ordinaire.
8° Les principales causes qui diminuent ou arrêtent la transpiration, sont le' froid humide, les aliments gluants et visqueux, le jeûne, la frayeur, l’insomnie et les évacuations trop abondantes.
9° Les jeunes gens transpirent plus que les vieillards ; et la quantité de la transpiration varie selon les tempéraments, le régime, les saisons et les climats.
Sanctorius conseille de calculer exactement chaque jour combien on a perdu par la transpiration : voici comment, selon lui, il faut s’y prendre pour se conserver en santé jusques dans l’extrême vieillesse.
Après avoir copieusement soupé, on examine combien au bout de douze heures le corps a perdu de son poids par la transpiration ; je suppose qu’on en ait perdu cinquante onces (1).
Une autre fois il faut se peser le matin, quand on n’aura ni soupé la veille, ni fait aucun excès dans le dîner précédent; je suppose qu’on ait perdu par la transpiration vingt onces (2). Cela posé, il faut s’astreindre à une diète, à un exercice, à un usage modéré des six choses non naturelles, qui procurent une transpiration moyenne entre cinquante et vingt onces; et en se mettant journellement à ce poids, on atteindra, dit Sanctorius, l’âge de cent ans sans infirmités. Mais outre que ce serait un assujettissement extrême, que de vivre selon cette méthode, il faut que l’auteur lui-même n’ait pas pu la pratiquer, car il est mort à l’âge de soixante-quinze ans.
Keil a prescrit une autre règle ; il veut, avec raison, que l’appétit naturel et non désordonné soit la mesure de la diète. Par ce moyen on n’aura pas besoin de se peser chaque jour pour déterminer la
(1) Environ 1500 on 1600 -grammes.
. (2) Environ 600 grammes.
quantité d’aliments et de boissons qu’on doit prendre ; la nature ne demande que ce qu’il lui faut, elle ne demande ni plus ni moins. Gorter et tous les médecins philosophes sont de ce sentiment.
Il faut, outre cela, faire chaque jour de l’exercice, et user avec modération des choses nécessaires à la vie ; chacun peut éprouver la bonté de ce conseil par sa propre expérience.
DEUXIÈME SECTION De l’air.
1° La transpiration est notablement diminuée dans un air froid pur et sain ; mais le corps y gagne de la force, et cette diminution de la transpiration n’est pas ordinairement nuisible ; elle est d’ailleurs suppléée par les urines ou d’autres évacuations. Au contraire dans un air humide et malsain, non-seulement la transpiration est retenue, mais les fibres sont relâchées, et il peut résulter de ces effets beaucoup de désordres et d’accidents.
2° L’air des villes est en général moins bon que celui de la campagne : chargé d’une plus grande quantité de vapeurs, il favorise moins la transpiration, et particulièrement émousse l’appétit.
3° L’air froid et le bain froid échauffent les corps, et les rendent plus légers. C’est le contraire pour les gens faibles et délicats, qui y deviennent plus froids et plus pesants; et plus ce froid est soudain plus il est dangereux.
4° Une pluie continuelle est plus malsaine que la sécheresse.
5° On éprouve plus de lassitude en été qu’en hiver, quoiqu’on soit plus léger à la balance d’environ trois livres, mais parce que l’air chaud relâche et affaiblit.
6° De toutes les saisons l’automne est la plus malsaine, parce qu’on passe brusquement d’une température chaude à une froide, et que la transpiration est facilement arrêtée. Pour éviter cet inconvénient, il faut se tenir bien habillé, et user d’un régime convenable. En général, il ne faut pas quitter ses vêtements d’hiver trop tôt au printemps, ni les reprendre trop tard en automne, autrement on court les risques d’avoir la fièvre en été et des fluxions en hiver.