‹ Histoire de la médecine et des doctrines médicales. Tome 2Chapitre 77 sur 130 · ANATOMISME ET HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMISME ET HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE

A mesure qu’on perfectionna le microscope, on fit des observations plus précises, quelquefois même trop précises, car Leuwenhœck dont la renommée ne s’est pas encore éteinte a prétendu avoir disséqué les testicules des vers du fromage (Hartsoeker, critique de Leuwenhœck p. 44, Essais de dioptrique). — Il n’en est pas de même de Lieberkuhn dont les recherches microscopiques jouissent d’une considération méritée, et qui démontra la structure vasculaire des parties du corps humain ainsi que la conformation des glandules de l’intestin; de Louis de Hambourg qui en 1667 fit voir les animalcules spermatiques à Leuwenhœck, lequel les indiqua en les décrivant à son tour en 1674, enfin d’un grand nombre de savants qui se lancèrent dans la voie nouvelle récemment ouverte à la science.

Le microscope ne devait pas seulement servir à établir la structure des tissus qui composent les organes du corps humain, il a été également employé à la recherche des modifications que les tissus peuvent subir sous l’influence de quelques maladies. C’était le prélude de ce qui s’est accompli de nos jours. On s’en est servi pour faire cette forme de recherches qui a reçu le nom de la physiologie pathologique. Ainsi, non content de constater à l’œil nu les désordres que l’inflammation produit dans les tissus, on voulut savoir comment ces désordres se produisaient et Wilson Philips en 1801 est le premier qui ait fait de l’anatomie pathologique sur l’animal vivant en étudiant les lésions microscopiques de l’inflammation. On sait que ce médecin ayant irrité la membrane interdigitale d’une grenouille placée sous le microscope vit les capillaires se contracter, puis se dilater en ralentissant le cours du sang qui finissait par s’y arrêter — Thomson en 1809, Gruithuisen en 1816, Hastings en 1820, Kaltenbrunneren 1826, Gendrin, etc., confirmèrent ces assertions en les étendant plus ou moins, et elles font aujourd’hui partie du domaine de la science. C’est la nature même de l’inflammation révélée par l’examen microscopique.

Il était impossible de s’arrêter en si bon chemin. L’élan était donné et, à la suite de Bichat créateur de la grande anatomie générale, et de Schwann, qui a fondé l’anatomie générale cellulaire, vinrent les recherches de l’altération des cellules ou histologie pathologique. Gela me conduit à la naissance de la pathologie cellulaire.

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