FONCTION GLYCOGÉNIOUE DU FOIE. — CL. BERNARD
Une sécrétion jusqu'ici inconnue qui a pour organe le foie, a été découverte par Cl. Bernard en 1852. — En effet, le foie sécrète du sucre de glycose qui passe dans la veine cave et dans le cœur droit, d'où il vient par l'artère pulmonaire se détruire dans les poumons par l'acte respiratoire. — Seulement, par l'excitation nerveuse, on arrive à faire produire ce sucre en quantité plus grande, et, comme il ne s'en détruit pas davantage dans l'hématose pulmonaire, le surplus passe dans le sang de l'aorte, de là dans les artères rénales, dans les urines, et cela constitue le diabète sucré ou glycosurie.
En excitant le pneumo-gastrique au cou par la galvanisation on augmente la quantité de glycose sécrétée par le foie, et on produit le diabète. — Pour ne jamais manquer l'expérience, il faut irriter l'origine du nerf ou la moelle allongée, près de cette origine, par piqûre sur le plancher du 4e ventricule. Alors l'excitation revient au foie non par les pneumo-gastriques, mais par la moelle épinière et les filets du grand splanchnique sortis du ganglion solaire. La preuve, c'est que si l'on coupe les deux pneumo-gastriques et qu'on pique
(I) Cl. Bernard. De la fonction glycogéniauc du foie, Paris, tS52 ; et Contour, thèse sur le diabète sucré.
l'origine du nerf, il se produit également de la glycosurie. — On peut donc considérer la sécrétion du sucre par le foie comme étant sous la dépendance du nerf grand sympathique, ainsi que toutes les autres sécrétions. — C'est là une découverte de premier ordre et qui est une des gloires de la physiologie contemporaine.
De Vàbsorption par les veines.
L'absorption n'a pas été l'objet de découvertes aussi importantes que les sécrétions, toutefois par l'analyse expérimentale de ce phénomène, et dans son mécanisme, il y a eu de notables progrès accomplis. L'absorption par les veines a été remise en honneur par Magendie et Delille, à côté de l'absorption par les lymphatiques et de l'absorption par imbibition des tissus. Ici, encore, l'intervention de la force purement physique d'Endosmose et d'Exosmose découverte par Dutrochet a été le point de départ du progrès en montrant qu'il n'y avait plus à tenir compte, ni des suçoirs aspirateurs supposés par Aselli, àl'extrémités des veines et des lymphatiques, ni des bouches absorbantes admises par Bichat. — Toutefois, quels que soient les efforts de laphysiologie actuelle pour expliquer l'absorption, uniquement'par l'action physique de l'endosmose, il faut bien dire qu'ils sont aussi insuffisants que ceux du même genre qui ont été adoptés pour l'explication des sécrétions. Sans doute l'Endosmose est la condition physique du phénomène, mais cette condition peut être modifiée par une foule de circonstances particulières et, dans l'absorption interstitielle qui s'efffectue aux dépens du sang dans chaque tissu, il y a quelque chose de plus qu'une action physique, il y a une attraction des organes pour les molécules qui conviennent à leurs substances et, cette action élective, véritable affinité vitale, nulle force physique n'a encore pu en faire connaître le mécanisme.
A ces recherches mieux entendues de l'absorption, il faut rattacher, pour la médecine, la connaissance d'une maladie qu'on ne connaissait pas au siècle dernier et qui joue un grand rôle dans la doctrine des métastases, ou dans la théorie de l'adénite. Il s'agit de la lymphangite ou angioleucite àècr'ûe par Velpeau en 1823. En effet, de l'absorption par les lymphatiques dans un tissu malade résulte souvent une inflammation de ces vaisseaux dans une plus ou moins grande étendue, avec des accidents fébriles graves, quelquefois le gonflement des ganglions lymphatiques correspondants, et le transport d'une"]matière morbifique sur les viscères. Ainsi s'expliquent le bubon à la; suite des] chancres, l'adénite axillaire dans les écorchures du doigt et dans les maladies internes ; l'intoxication puer-