DÉCOUVERTE DES NERFS DE MOUVEMENT ET DE SENTIMENT — CH. B1ÎLL
En 1809, Valker dit, pour la première fois., que de la moelle sortaient des nerfs de mouvement et de sentiment pour former des nerfs mixtes; — que des racines antérieures et postérieures, les premières étaient sensitives et les autres motrices. C'était précisément l'inverse, mais il avait préparé la voie en indiquant l'existence de deux espèces de racines nerveuses. — C'est Charles Bell, médecin anglais, qui en 1829 a rectifié celte erreur en renversant la propositiou. C'était la vérité, Il ne fit ses expériences que sur la face, et il montra que, dans cette partie, le nerf facial était un nerf de mouvement, tandis que la cinquième paire avec son ganglion était un nerf de sentiment. C'est sans avoir fait d'expériences sur les nerfs rachidiens, que, en raison du ganglion situé sur la racine postérieure, il déclara que cette racine devait être un nerf de sentiment tandis que l'autre, antérieure, était le nerf de mouvement. Ce que Ch. Bell avait prévu fut démontré pour la pre-
ANATOMISME ET ÉCOLE ANATOMIQUE — MOTRICITÉ SPINALE 459
mière fois par Magendie qui fit l'expérience sur les nerfs rachidiens du chien et ensuite parMuller sur les nerfs rachidiens de la grenouille.
Ainsi, sur un animal décapité la piqûre du membre produit desmouvements.Or,on n'apasagisur le seutimentpuisquela tête, considérée comme siège de sentiment, est coupée et ce mouvement de nature spéciale est un mouvement réflexe dû à l'action propre de la moelle.
L'impression faite au membre et transmise à la racine postérieure, nerf de sentiment, est arrivée à la moelle qui a réagi et a renvoyé l'impression par la racine antérieure, nerf de mouvement. La preuve, c'est que si l'on coupe la racine postérieure qui est sensible, l'impression n'est plus transmise et il n'y a aucune production de mouvement. — Il en est de même quand on coupe la racine antérieure motrice, car alors l'impression est reçue par la moelle épinière, mais cet organe ne peut plus réagir par la racine dont la section interrompt le courant moteur.
A cette première démonstration , si l'on ajoute celle de Waller en 1860 qui résulte des variations dans la marche de la dégénérescence des tubes nerveux d'un nerf moteur ou sensitif coupé, on aura la preuve de la séparation possible des nerfs de sentiment et de mouvement. En effet, la dégénérescence se produit du centre nerveux au bout coupé dans la section des nerfs moteurs, et de la périphérie au centre dans les nerfs sensitifs. C'est là une expérience décisive et des plus intéressantes.