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ANATOMISME ET ÉCOLE ANATOM1QUE — NERFS VASO-MOTEURS

l'orbite. L'expérience fut répétée par Dupuy d'Alton en 181G; par Brachet en 1837; par John Reid en 4838 qui, galvanisant le bout périphérique coupé, t'ait ensuite dilater la pupille ; par Biffi, de Milan, en 1846, par Budge et Waller en 1851, mais elle était oubliée et elle fut remise en lumière par Cl. Bernard en 1852. Ce physiologiste coupa le grand sympathique au cou entre le ganglion cervical supérieur et inférieur, et il put noter ces phénomènes oculaires tant de fois reproduits depuis lors et dont la pathologie a tiré les plus intéressantes conséquences.

Par cette expérience (1) et par d'autres de même nature, faites sur d'autres parties du grand sympathique, Cl. Bernard a montré que le nerf sympathique est un nerf vasculaire et qu'il donne aux petites ramifications capillaires, une contractilité considérable. — En effet partout où l'on coupe un rameau du grand sympathique, on produit au dessous une dilatation ou un relâchement des capillaires, c'est-à-dire une hyperémie paralytique suivie d'une augmentation de chaleur locale et dans les glandes une augmentation de sécrétion; — au contraire, quand on irrite le nerf on produit la crispation ou le resserrement des capillaires, c'est-à-dire l'ischémie et par conséquent des phénomènes opposés. — Ces faits confirment entièrement le principe formulé par Henle qui affirmait en 1840 l'influence du système nerveux ganglionnaire sur la contractilité vasculaire, et par Stilling qui donna des lors aux filets nerveux chargés de cette fonction le nom de nerfs vaso-moteurs.

De ces expériences, résulte la nécessité d'admettre que la circulation locale d'un tissu ou d'un organe peut être modifiée localement par des expériences, que reproduisent plus ou moins bien certaines actions morbides que nous observons souvent. De là on peut déduire :

Que le trouble local de la circulation dépend d'un trouble de l'innervation vaso-motrice par suite de l'impression subie par les nerfs vaso-moteurs.

Que cette action des nerfs vaso-moteurs est paralysante, hyperémique, ou convulsivante ischémique, c'est-à-dire produit l'hypersthénie ou l'hyposthénie vasculaire selon le langage du Méthodisme.

Que cette hyperémie asthénique ou paralytique est souvent une cause d'inflammation locale avec désordres plus ou moins prononcés

(1) En coupant le filet sympathique au cou il se produit une hyperémie avec une augmentation de chaleur dans le côté correspondant, faits qui dépendent l'un de l'autre, quelquefois une sueur abondante, la contraction de la pupille, et cela dans plusieurs jours. (Cl. Bernard, 1872, Leçons sur le système nerveux.)

de la nutrition locale, ce qui engendre quelquefois des maladies graves.

Que l'hypersthénie capillaire ou crispation des petits vaisseaux amène Yischémie d'un organe et des troubles fonctionels variés, immédiats ou des altérations nutritives éloignées.

Il y a évidemment dans cette découverte sur laquelle je ne puis insister davantage toute la théorie étiologique d'un grand nombre de maladies aiguës ou chroniques, organiques ou fonctionnelles, c'està-dire nerveuses.

Cl. Bernard a déjà montré toutes les applications qu'on en pouvait faire à l'étude de la fièvre et des inflammations qu'on pouvait produire expérimentalement chez les animaux. Brown-Sequard et un grand nombre de médecins ont répété ces expériences qui aboutissent pour la médecine à l'admission des congestions et des ischémies réflexes.

Coiigestions réflexes. — Il y a un grand nombre de convulsions qui dépendent de l'hyperémie et de la congestion réflexe des centres nerveux ou de la moelle épinière.

Le fond de l'œil et le nerf optique se congestionnent et s'altèrent au point de faire une amaurose par atrophie du nerf optique après l'action réflexe d'une plaie du sourcil attaquant le nerf frontal, c'est ce que j'ai démontré en 1865 au moyen de l'ophthalmoscope (1).

L'iris et la choroïde enflammés agissent quelquefois par action réflexe sur le fond de l'œil qui se congestionne et devient malade.

La perte d'un œil entraîne quelquefois par action réflexe congestive la perte de l'œil opposé.

L'irritation de la muqueuse de l'urèthre produit de la même façon l'orchite.

Ainsi s'expliquent les phlegmasies qui résultent de l'action extérieure du froid sur les pieds ou sur une autre partie du corps — celles qui succèdent à des brûlures très-étendues — les maladies du cerveau ou de la moelle qui résultent des irritations périphériques de la vessie, de la prostate, de l'intestin, des nerfs du pharynx ou des nerfs dentaires après l'ablation d'une dent, etc., — beaucoup de maladies chroniques enfin, qui sont souvent le résultat de congestions réflexes permanentes ayant duré longtemps et ayant produit l'atrophie, l'hypertrophie ou la dégénérescence des tissus dans un viscère.

Anémies ou Ischémies réflexes. — Les actions réflexes du grand sympathique qui entraînent les congestions hyposthéniques ou pa -

(1) Diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscope. E. Bouchut, p. 370.

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ralysantes des petits vaisseaux produisent aussi dans d'autres circonstances la crispation des petits vaisseaux et avec elle l'anémie ou l'hypersthénie capillaire.

Ainsi se produisent une foule de névroses par ischémie et un certain nombre d'altérations de nutrition des organes. Mais ici, les observations sont peu nombreuses.

Les expériences de Donders et de Snellen (1) sur le resserrement des vaisseaux de la pie mère par irritation du sympathique cervical et celles de Brown-Séquard sur l'ischémie de la moelle par irritation des reins, de l'utérus et de la vessie, permettent bien d'admettre cette espèce de trouble réflexe de la circulation capillaire, mais les observations cliniques ne sont pas encore assez concluantes pour qu'on puisse se prononcer catégoriquement à ce sujet.

Quoi qu'il en soit, la physiologie moderne, en faisant connaître l'innervation vaso-motrice localisée dans le grand sympathique, a rendu un service considérable à la médecine. De cette découverte est née la doctrine étiologique, soit d'un grand nombre de maladies aiguës et chroniques par suite de l'hyperémie paralysante qui, avec le temps, amène des proliférations cellulaires ou des atrophies (2), soit de différentes névroses considérées comme co?igestives ou is chimique s, et enfin de la plupart des sympathies.

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