PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
De la physiologie normale créant la médecine physiologique, faisant connaître la théorie expérimentale de quelques maladies, et inspirant quelques doctrines médicales, ou différents systèmes de pathologie, est également sortie une nouvelle science qui s'appelle la Physiologie pathologique, ou étude des actes pathologiques, c'està-dire recherche de la symptomatologie; c'est un mot à la mode imaginé par Portai, dans son cours du collège de France, en 1771, imprimé en 1800, mais cela ne durera pas.
Est-ce que le mot de physiologie, ou étude des fonctions normales, devrait se trouver accolé au mot de pathologique qui veut dire étude de la maladie? C'est un non-sens grammatical, autant qu'une erreur de méthode. A moins de bouleverser la langue française pour chan-
ger le sens des termes usités, ce que font beaucoup de jeunes médecins qui croient qu'un mot nouveau va faire croire qu'ils ont inventé une chose nouvelle, on ne comprend pas qu'il y ait une physiologie de l'état morbide. En effet, l'une s'applique à la nature en exercice et l'autre n'est que le trouble des fonctions aussi varié et aussi variable que le sont les individus. Néanmoins, l'amour de la nouveauté a engendré cette association qui a eu un certain succès auprès de ceux qui croient changer la science en modifiant le sens des mots consacrés par l'usage. — Que veut la physiologie pathologique? Les uns y font entrer l'explication des altérations anatomiques, bien que cela fasse partie de l'anatomie pathologique, et les autres y ajoutent la connaissance des troubles fonctionnels qui résultent de ces lésions, ce qui est la symptomatologie. D'un côté comme de l'autre, les choses sont connues et ce serait faire double emploi que de prétendre y chercher les éléments d'une nouvelle branche de la science. En effet, lorsqu'on étudie les phénomènes locaux de l'inflammation, des hydropisies ou des hémorrhagies, etc., on ne fait que l'anatomie pathologique, et si l'on veut préciser les phénomènes si variables de ces états morbides, qui d'ailleurs peuvent n'être pas appréciables, on tombe sur le terrain de la symptomatologie. A cet égard, il n'y a donc pas lieu de poursuivre la création d'une physiologie pathologique, car ce ne serait que la répétition de choses déjà exposées dans une autre partie de la science, et c'est un morcellement à éviter. Les subdivisions inutiles ne font que compliquer la science, et c'est une illusion que de croire qu'elles la font avancer.