‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 114 sur 141 · DE LA CHIRURGIE · texte numérisé non relu

DE LA CHIRURGIE

Si la thérapeutique médicale relève principalement de l'Empirisme, ce que j'ai démontré en indiquant les conquêtes de la matière médicale ancienne et moderne, la thérapeutique chirurgicale ou Chirurgie procède presque exclusivement de l'anatomie. Là, les progrès sont toujours empiriques, ici au contraire c'est l'anatomie qui en est l'origine et l'Empirisme ne fait que les consacrer.

Aussi ancienne et plus ancienne, dit-on, que la médecine ellemême (1), la Chirurgie forme avec la pharmacie et l'hygiène l'ensemble des méthodes curatives de la science médicale. Seulement,

(1) Elle est plus ancienne d'après Celse, mais rien ne saurait établir la vérité de cette affirmation.

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au lieu de s'adresser aux forces de l'organisme et de provoquer des réactions intérieures toutes vitales, elle est la méthode de traitement des maladies pour lesquelles la main, quand elle est savante, et les instruments dont elle dispose, guérissent mieux que les agents de l'hygiène et de la pharmacie.

Elle est restée longtemps en enfance, bien en arrière des autres méthodes thérapeutiques que l'Empirisme pouvait aisément perfec tionner, et cela s'explique par l'ignorance où l'on était de 1 anatomie humaine, normale et pathologique. — Il suffit de voir ce qu'étaient les connaissances anatomiques d'Hippocrate et de ses disciples, pour comprendre qu'il était absolument impossible aux médecins de cette époque qui ont porté si haut le pronostic et la philosophie médicale de songer à entreprendre avec sécurité la plupart des opérations courantes de la chirurgie moderne. Ignorant la disposition des parties de l'homme et leurs rapports, toute entreprise chirurgicale importante était une témérité qui pouvait être suivie d'un désastre, et chacun tremblant devant la responsabilité à encourir, la chirurgie ne devait et ne pouvait faire de progrès.

Ainsi donc, pas d'anatomie normale ou pathologique et point de bonne chirurgie possible. — Pour remettre un membre luxé ou fracturé, pour amputer un membre à l'endroit convenable, pour enlever une tumeur placée près des gros vaisseaux, pour ouvrir une collection liquide profonde, pour établir les indications chirurgicales, etc., il est évident que celui qui connaît, par de nombreuses dissections, la texture des parties et la nature des lésions organiques, pourra opérer dans des conditions de succès que n'aura pas le médecin peu familiarisé avec les choses anatomiques. Il suffit de voir ce qui arrive à ces audacieux confrères qui, par une cupidité blâmable, entreprennent des opérations dangereuses sans être au courant de l'anatomie normale ou pathologique pour être fixé à cet égard. Non-seulement, l'anatomie perfectionnée est la source des progrès de la chirurgie, mais celui qui ne sait pas trèsbien son anatomie ne sera jamais qu'un mauvais chirurgien.

Sans rapporter ici toutes les anecdotes relatives à la chirurgie des anciens Egyptiens, Grecs, Chinois, Romains, Celtes, etc., qui n'ont aucun intérêt doctrinal, je me bornerai à montrer qu'au temps de l'anatomie imparfaite d'Hippocrate, la chirurgie était elle même imparfaite et de beaucoup inférieure à la médecine. — Je montrerai ensuite ses progrès dans l'Ecole d'Alexandrie, et a Rome, sous l'influence des découvertes de l'anatomie de celle époque, et son naufrage lorsque toutes les connaissances anatomiques furent englouties

dans les ténèbres du moyen-âge el sous la domination Arabe. — Ce sera la Céhiruryie ancienne.

Je montrerai ensuite, parallèlement à la renaissance de l'anatomio el à ses progrès dans les temps modernes, le développement progressif de la chirurgie moderne. — On verra ainsi le lien étroit et serré qui attache à l'anatomie les différentes méthodes thérapeutiques chirurgicales.

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