PAUL D'ÉGINE, — RÉCAMIER ET LE SPÉCULUM
L'idée de voir quelle était la forme de l'utérus sur le vivant a fait naître la construction du spéculum uteri (miroir de l'utérus) et
par suite on a pu étudier et soigner certaines altérations anatomiques de la matrice mieux qu'on ne lavait jamais fait. Paul d'Égine est le premier qui ait eu l'idée de cet instrument conique creux à plusieurs valves et plus tard formé d'un tube plein qu'on introduit dans le conduit vaginal. Depuis lors, il a été employé par Rhazès, Albucasis, par Franco, par Ambroise Paré, par Garengeot, par Perret, etc., mais il était oublié et sorti de la pratique usuelle.
C'est à l'occasion de la renaissance des études d'anatomie pathologique, que l'on comprit de nouveau la nécessité de voir directement les lésions de la matrice que l'on n'appréciait plus que par le toucher. De là, à la réinvention du spéculum uteri, il n'y avait qu'un pas. Récamier avait-il par ses lectures appris l'usage ancien de cet instrument, n'eut-il qu'à le copier ou l'inventa-t-il de nouveau? Personne ne pourrait le dire. Quoi qu'il en soit, en 1818, Récamier fit connaître le moyen d'observer et de guérir certaines maladies utérines au moyen du spéculum, et depuis lors cet instrument est resté dans la pratique des maladies des femmes. Quelques médecins peu scrupuleux abusent de son emploi, mais l'abus ne saurait empêcher qu'on n'en fasse usage. Sans lui, dans beaucoup de cas, on ne pourrait employer des moyens curatifs absolument indispensables et on serait obligé d'abandonner les lésions de l'utérus aux efforts de la nature. Cela est suffisant chez beaucoup de malades mais chez d'autres le traitement local des maladies utérines est absolument nécessaire .
Outre le spéculum de l'utérus, il y a eu aussi les spéculums oculî de Fabrice ; les spéculums de l'anus ; les spéculums de Y oreille, etc.. Mais, ce sont là des découvertes secondaires, à côté du spéculum vaginal et de tous ces autres vrais miroirs qui ont permis aux médecins d'observer dans le larynx, dans le fond de l'œil les lésions qui peuvent s'y produire.