SANCTORIUS, — DE HAEN ET LA THERMOMÉTRIE CLINIQUE
Sanctorius, l'inventeur du pulsiloge, instrument à compter le pouls, est aussi le médecin qui, en 1626, a essayé de déterminer à l'aide du thermomètre la réalité de l'état inflammatoire des tissus ou des organes qui engendre la fièvre (1). Il donnait ainsi à la médecine le moyen de savoir d'une façon mathématique quel était le trouble survenu dans l'état physiologique par l'état fébrile. -- C'est
(1) Commentaire sur le premier livre du canon d'Avicenne, Venise, ÎGIG, infolio.
ANATOMISME ET ÉCOLE ANATOMIQUE — DE L'ORGANOSCOPIE 565
3à de la physiologie pathologique faite sur le vivant, et le grand mérite de ces recherches est d'avoir ouvert à la science des horizons nouveaux.
De Haen suivit l'exemple de Sanctorius, comme on peut le voir d'après les observations qu'il publia en 1701-1778, puis Goupil en 1798 qui montra que la chaleur s'élevait toujours dans les inflammations (1). Vinrent ensuite chez nous, Piorry, Andral, Chossat, Monneret, etc., à l'étranger Traube, Baerensprung, Wunderlich, Spielman, Picard, Coblence, Hirtz, et la plupart des observateurs de notre époque qui ont confirmé le fait. Tous ont établi que ce mode d'exploration physique judicieusement employé était le moyen de reconnaître la nature de certains états morbides difficiles à déterminer sans cela. — A POrganoscopie donc revient l'honneur d'avoir introduit la thermométrie clinique dans la science médicale, et c'est là un fait de très-grande importance.
Seulement, c'est un moyen qu'il faut savoir employer. La température doit être prise dans l'anus ou dans l'aisselle, le matin et le soir, tous les jours pendant toute la durée de la maladie.
De cette façon, on est assuré, comme l'ont dit Sanctorius et Goupil, que la température s'élève de 37° chiffre normal à 38 et 40 ou 42 dans l'état fébrile et dans les inflammations.
Que l'élévation passagère et périodique de la température indique la fièvre intermittente.
Que l'élévation rapide en 3 jours de la température à 10 indique une grande phlegmasie et que l'abaissement indique sa guérison.
Que l'élévation progressive de la température pendant 8 à 10 jours à 39 et 40 indique une fièvre continue ou une fièvre éruplive.
Que le chiffre de -f- 43 centigrades est presque toujours un signe de mort.
Que le chiffre de -j- 22 centigrades est un signe certain de la mort pouvant servir à distinguer la mort réelle de la mort apparente (1).
Enfin qu'il y a à prendre dans cette étude des notions de diagnostic et de pronostic d'une certitude qui font honneur à la science du xix6 siècle.
DÉSORMEAUX ET L'ENDOSCOPE
Pour éclairer l'intérieur du canal de l'urètre, la prostate ou quelques points de la vessie, Désormeaux a imaginé une sonde particu-
(I) Bouchut. Path. gén. 2™ édition, page 952.
lière au bout de laquelle un système de miroirs réflecteurs jette la lumière. — Alors le chirurgien à l'aide de cet appareil peut voir certaines altérations de la muqueuse génito-urinaire et y porter sûrement des caustiques dans un but de guérison. — C'est un moyen ingénieux qui n'a cependant que des applications assez restreintes.