SECTION I
Du méthodisme ancien et des anciens méthodiques.
Le Méthodisme est une doctrine médicale dans laquelle on ne tient compte que d'une seule propriété générale des solides vivants
dont la force ou la mollesse sont la cause de toutes les maladies, ce qui supprime à l'instant toute autre étude étiologique. C'est une variété de Solidisme.
Pourquoi le nom de Méthodisme donné à cette doctrine ? On n'en sait rien, si ce n'est que ses auteurs s'étant attribué le mérite d'avoir imaginé une nouvelle méthode dans l'art de guérir opposé à l'ancien Dogmatisme et à l'Empirisme, le nom de Méthodiques leur en est resté. Au reste, il en est ainsi de tous les chefs de secte. Ils ne se croient véritablement à la hauteur de leur mission que s'ils découvrent une formule ou un mot capable de pénétrer d'un seul coup dans la pensée de la foule ignorante qui ne demande qu'un drapeau à honorer et une consigne à remplir. Ainsi avons-nous vu de nos jours paraître une école de médecine physiologique, une école de médecine d'observation et une école de médecine expérimentale qui n'avaient pris ces titres que comme moyen de ralliement, aucune d'elles ne pouvant avoir sérieusement la prétention d'avoir découvert l'observation ni la physiologie ni l'expérience appliquées à la médecine.
Au reste, ce nom résultait de la force des choses. U Empirisme qui était venu combattre les doctrines d'Hippocrate dénaturées et surchargées d'hypothèses par ses disciples, n'avait rien trouvé de mieux que d'englober sous le nom de Dogmatisme le système médical dont ils poursuivaient la ruine. Entre ces deux doctrines vint se placer celle de Thémison dont la méthode était différente et, sans plus de prétention peut-être, uniquement par la nécessité de se reconnaître, elle devint le Méthodisme.
Quoi qu'il en soit de ces appréciations, ce qu'il faut savoir c'est que le Méthodisme est le produit d'une doctrine de philosophie grecque importée à Rome et qu'il a pour ascendant direct la cosmogonie atomique de Moschus, d'Anaxagore modifiée par Leucippe, par Démocrite, par Epicure et si poétiquement chantée par Lucrèce. Pour ces anciens philosophes, tous les corps de la nature résultaient de la forme et du mélange des éléments, ou particules élémentaires et indivisibles de la matière, sous l'influence de la chaleur intégrante, et de forces intelligentes surnaturelles indéterminées. Ce n'est que plus tard, et en repoussant toute idée de supernaturalisme, que Leucippe et Démocrite reprirent cette théorie de Yatomisme pour faire du mélange des particules élémentaires, variables, changeantes et disproportionnées, le principe de tous les corps de la nature sans trop préjuger la cause du mouvement des atomes. Epicure fut beaucoup plus net dans ses affirmations. Rejetant tout à fait l'idée d'une intelligence régulatrice du monde, il expliqua la formation