FRÉDÉRIC HOFFMANN
Frédéric Hoffmann, né en 1660 à Halle en Saxe, mort en 1742.
Elève de Wolgang à Iéna, où il fit des cours de chimie, il parcourut la Hollande et l'Angleterre, s'inslruisant de tout ce qui intéressait la médecine, puis il revint à Halle, où il fut nommé professeur de médecine et médecin de Frédéric III, premier roi de Prusse. — On a de lui un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels il faut surtout citer son système de médecine raisonnée, livre consacré à l'observation attentive de l'homme malade et aux applications de l'anatomie, de la mécanique, de la physique et de la chimie à la médecine en dehors de toute fiction et hypothèse.
Quelques historiens de la médecine ont fait de Fr. Hoffmann un iatro-mécanicien parce qu'il tenait compte du mécanisme humain autant que tout médecin doit le faire s'il veut bien comprendre la physiologie. — C'est une erreur d'appréciation que détruit rapidement la lecture des œuvres de ce médecin, et qui ne s'explique que par l'insuffisance médicale de ceux qui écrivent l'histoire de nos doctrines. — Je comprendrais que l'on considérât Fr. Hoffmann comme un éclectique en raison de la part qu'il fait à la nature dans la production des crises {-pathologie générale, Thérapeutique, section 1) et dans le mouvement des humeurs qu'il ne faut pas contrarier; en raison de ses idées chimiatriques et mécaniques, enfin, à cause de son dynamisme méthodique, mais qu'on en fasse un Iatro mécanicien, c'est tout à fait impossible.
Fr. Hoffmann n'a pris à Platro-mécanisme que ce qu'il convient d'y prendre pour ne pas fermer les yeux à l'évidence, mais ce n'est point par ce côté doctrinal qu'il se présente à l'histoire. Ce qui le caractérise, c'est son dynamisme qui commande à la mécanique des organes, c'est la théorie du spasme et de Y atonie des vaisseaux et ensuite de tous les autres tissus, théorie à laquelle, ainsi qu'on le verra dans un instant, il fait jouer un rôle si considérable dans la production des maladies. — Là est l'originalité de l'homme et le caractère philosophique de la doctrine qu'il représente.
C'est un Méthodiste. Toutefois, gêné sans doute par l'ensemble des éléments divers dont se compose la maladie, il ne donne pas à sa doctrine une netteté si grande qu'on puisse en trouver une formule accentuée. Son Méthodisme est un peu timide, et n'ose pas aller jusques aux dernières conséquences dans l'application. En effet, à part l'idée théorique générale de la nature spasmodique [ou atonique des maladies que je rapporterai plus loin, cet auteur ne va pas audelà, et il ne divise que bien timidement les maladies, d'après ce principe, en deux classes distinctes comme l'avait fait Thémison, dont il fait la critique (tom. 1, page 23), et comme devait le recommencer, peu après d'une façon si résolue, l'illustre Brown. — Hoffmann, jugé par les érudits qui, ne pratiquant pas la médecine, se trompent si souvent, n'est pas du tout l'Hoffmann que je retrouve dans le Système de médecine raisonnée.
Ce livre, très-remarquable,, renferme la philosophie du corps humain, c'est-à-dire sa physiologie et son hygiène, — la pathologie générale, — la thérapeutique — et enfin la nosologie ou description de chaque maladie interne suivie de son traitement.
Après avoir passé en revue d'une façon aussi abrégée que suffisante les différents systèmes qui ont régné en médecine en donnant une sorte de préférence au mécanicisme enfanté par la découverte de la circulation du sang et des vaisseaux lymphatiques , Hoffmann étudie la vie et ses conditions d'exercice.
Sans vouloir remonter aux causes inconnues de la vie, et combattant résolument contre Stahl le rôle de l'âme raisonnable dans les opérations vitales, Hoffmann dit que la vie, c'est le mouvement, et que « la circulation du sang est la cause de la vie » (page 885). — Pour lui, l'âme est un esprit uni aune machine qui est le corps, formée de parties solides et fluides, dont les actes doivent être étudiés par le médecin.
Où l'on voit paraître le Méthodiste, c'est dans la nécessité du mouvement de diastole et de systole, ainsi que dans l'idée de tension et du relâchement des vaisseaux et des fibres admise par Hoffmann
pour le mouvement du sang nécessaire à l'entretien de la vie. Mais, il n'y a encore là qu'un commencement de méthodisme, caractérisé par l'antagonisme des deux propriétés fondamentales des tissus formant sa dichatomie pathogénique. C'est principalement dans la partie de sa pathologie générale relative à la nature des maladies qu'Hoffmann se rapproche énormément du Méthodisme et qu'il doit être considéré comme un partisan de cette doctrine. Sa théorie du spasme et de X atonie justifie cette opinion.
Toutefois si le Méthodisme de Fr. Hoffmann se rapproche du Méthodisme ancien par l'idée de constriction et de relâchement des tissus, ce qui me semble être le strictum et le laxum de Thémison, il s'en sépare considérablement par le mode d'appréciation du phénomène. Il y a même là une différence assez notable qui ne saurait passer inaperçue, et qui doit servir h consacrer la séparation des anciens et des nouveaux méthodiques. En effet tandis que l'Ecole ancienne, inspirée de la philosophie atomique, considérait la maladie comme le résultat du relâchement ou du resserrement des pores pouvant troubler le mouvement régulier des atomes entraînés par la vie au sein des organes, dans le Méthodisme de Fr. Hoffmann et des médecins modernes il n'est plus question ni de porosité plus petite ou plus grande ni de modification de mouvement des atomes- Le resserrement et la contraction ainsi que le relâchement portent sur les vaisseaux ou sur les fibres, et constituent l'augmentation ou la diminution de la contractilité organique. Pour Fr. Hoffmann c'est le spasme et V atonie. C'est un phénomène d'irritabilité, et tandis que le Méthodisme ancien procède de Leucippe et d'Épicure, le Méthodisme moderne dérive plutôt de Glisson et de Haller.
Au reste, pour que chacun puisse juger en connaissance de cause, je vais laisser parler Fr. Hoffmann lui-même, et l'on verra par ces extraits empruntés à la traduction de Bruhier que mon appréciation est rigoureusement exacte.
Dans le premier extrait, il sera question de la nature des maladies et des symptômes.
II. — « Quelques auteurs définissent la maladie, le changement de l'état naturel en un état contre nature. »
III. — On définit bien plus régulièrement la maladie, en disant que c'est une altération, et un dérangement notable de proportion, et d'ordre, dans les mouvements des solides, et des fluides, accélérés, ou retardés dans tout le corps, ou certaines parties, dérangement accompagné d'une lésion considérable des sécrétions, excrétions, et autres fonctions du corps, tendant à sa conservation, sa
destruction, ou à la production d'une disposition à prendre d'autres maladies. »
IV. — Comme la santé consiste dans l'intégrité des fonctions du corps, et de l'âme, l'état de maladie consiste dans le dérangement, et la'lésion des fonctions de ces deux substances. »
V. — Il ne faut pas regarder sur-le-champ comme une maladie toute lésion légère, et passagère des fonctions du corps. 11 faut qu'elle soit stable, et qu'elle continue pendant quelque temps. »
VI. — Dans chaque maladie, il y a vice et dépravation, ou des fonctions vitales, telles que les forces, la pulsation des artères, la respiration, la circulation du sang, ou des fonctions animales, tels que l'exercice des sens, le mouvement arbitraire des parties, le sommeil, et la veille, la force, et la consistance de l'esprit; ou des fonctions naturelles, telles que l'appétit, la digestion, et l'expulsion des parties excrémenteuses par les gros intestins, la vessie, et les excrétoires de la peau. »
VII. — C'est par le degré de renversement, ou de dérangement de ces fonctions qu'on connaît le degré de force de la maladie, et de la cause qui la produit. »
VIII. — Comme la* modération, la liberté, l'égalité de la circulation du sang, et des liqueurs, suite nécessaire d'une juste proportion entre la systole, et la diastole, ou le relâchement, et la contraction des parties solides qui poussent, et livrent passage aux fluides dans tout le corps, entretient la santé, et les excrétions dans la proportion requise, le dérèglement, l'embarras, l'irrégularité de la circulation du sang, et des liqueurs, causés par le dérangement de proportion entre la systole, et la diastole, c'est-à-dire la constitution ou le relâchement, ou de tous les solides du corps, ou de certaines parties seulement, à l'occasion de leur augmentation, ou diminution notable, cause un trouble dans les fonctions de la machine, et par conséquent une maladie. »
IX. — C'est donc le changement notable des mouvements des solides, et des fluides, ou leur défaut de proportion, soit qu'ils pèchent par augmentation, ou diminution, qui est la cause première, et essentielle des maladies, telle en un mot qu'elle est posée la maladie s'enfuit, comme son anéantissement entraîne sa destruction. »
Après avoir ainsi posé les bases de la maladie au point de vue général de la constriction et du relâchement des tissus qui trouble l'exercice des fonctions, Fr. Hoffmann continue en faisant connaître les lois des mouvements qui se font dans le corps humain et la manière dont ils produisent les maladies et les symptômes.
C'est l'objet de tout le chapitre ni que je vais reproduire sauf quelques paragraphes peu importants, et on y verra là, toute entière, l'application de la doctrine pathogénique du spasme et de Y atonie.
I. — C'est la proportion des mouvements de notre machine, et leur tendance à la production des excrétions, qui entrelient la vie, et la santé, et la maladie consiste dans le changement, l'embarras et l'inégalité de ces mouvements ; enfin telle est la nature des mouvements maladifs, qu'ils vont à la destruction de la machine, ou au recouvrement de la santé. Le médecin qui veut être sûr de ses démarches, soit qu'il ait pour but la préservation ou le rétablissement, ne peut donc se dispenser de connaître exactement la nature, les lois, les effets des mouvements qui règlent la vie et la santé.
II. — Comme les mouvements de l'univers sont soumis à des lois certaines et produisent des effets invariables, ceux qui se font dans 1 homme, ou pour entretenir les fonctions dans l'ordre naturel, ou pour les troubler ou les déranger, ou préserver la machine d'une corruption présente et de la mort, ressortissent des lois immuables. »
Scholie. — La science des lois de l'hydraulique, de la statique, de la méchanique, et du mouvement des corps élastiques, répand un grand jour sur l'explication des phénomènes que présente notre corps, et la connaissance de son méchanisme. Car il ne faut pas douter que toutes ses opérations ne se fassent méchaniquement, c'est à-dire que ses mouvements ne soient soumis à une certaine mesure et proportion. Il est bien vrai que la méchanique du corps animé est beaucoup plus parfaite que celle que l'homme, éclairé par les expériences, est en état de mettre en œuvre. Aussi le corps humain est-il l'ouvrage d'un être dont les connaissances sont sans bornes. Cette manière d'envisager le méchanisme du corps ne doit pas cependant nous empêcher de faire tous nos efforts pour rechercher, et même découvrir les lois de cette divine méchanique qui règle les corps animés, et des différents mouvements qui sont causes des changements auxquels notre corps est sujet. »
III. — On peut regarder comme la première loi que suivent les liqueurs de notre corps, que la liberté de leur mouvement progressif, et l'égalité de ce mouvement sont empêchés par la contraction spasmodijue des vaisseaux qui portent ces liqueurs. » (1)
(1) Ainsi après avoir établi le rôle de la statique, de l'hydraulique et de la méchanique dans les phénomènes de l'organisation humaine, Fr. Hoffmann établit que la cause générale du mouvement, la première loi est la contraction spasmodique des vaisseaux. On verra plus loin tout le pirti qu'il tire de cette loi dont les applications le conduisent à la théorie du spasme et de l'atonie. C'est là le point de départ et la question du mécanisme n'est que secondaire.
bouchut. n. — 11
Scholie. — Cette inégalité, dans la circulation du sang, paraît consister en ce qu'il se porte en moindre quantité aux parties attaquées de spasme et par conséquent contractées, et qu'il se jette en plus grande abondance sur les autres vaisseaux où il a son passage libre, et surtout sur ceux du voisinage. Hippocrate connaissait parfaitement celte inégalité dans le mouvement progressif du sang, comme il paraît par le passage suivant : si le sang trouve des embarras dans son cours, et qu'il s'arrête dans quelque partie, et pénètre plus lentement dans une autre, son passage, devenant inégal dans certaines parties du corps, le devient pareillement dans la totalité (a). Car notre corps est une machine hydraulique composée d'un seul tuyau qui prend différents noms, suivant la différente manière dont ses diverses parties sont tissues ou arrangées , comme celui de glande, d'artère, de veine, de vaisseau lymphatique, de vaisseau excrétoire. S'il arrive donc que le mouvement progressif des liqueurs se trouve arrêté dans un endroit, il faut, de nécessité, qu'il devienne inégal dans un autre. »
IV. — Plus les spasmes qui resserrent les vaisseaux sont violents, plus ils s'étendent au loin, et plus encore les vaisseaux qu'ils affectent sont grands, plus le sang se transporte avec impétuosité , et s'amasse en quantité dans les parties voisines et éloignées. »
Scholie. — La vérité de ce théorème est établie sur cet axiome que les causes produisent toujours des effets proportionnés à leurs forces. Aussi un spasme violent pousse violemment le sang aux autres parties, en arrêtant puissamment la circulation dans celle qu'il occupe. Cette même vérité est établie sur les lois de l'hydraulique, suivant lesquelles les fluides, poussés par une force égale dans différens tuyaux, si l'on vient à en boucher quelques-uns, augmentent de vélocité dans ceux qui restent ouverts à proportion du nombre de ceux qui ont été bouchés. » (1)
V. — L'interception de la circulation dans quelque partie, et l'abord plus considérable du sang qu'elle cause dans un autre, produit différents symptômes, et symptômes assez graves. »
Scholie. — Il se fait des inflammations, quand des fluides épais sont poussés dans des canaux étroits, où ils s'arrêtent fixement; des écoulements de sang ou hémorrhagies, quand les vaisseaux , trop gonflés, viennent à se crever ; des tumeurs, quand le sang et les
(a) Probibetur sanguiais cursus, atque alio quidem loco consistit, alio lentius pénétrai, qua sane insequalitate sanguinis transitus per corpus fada, omnigena inœqualitalcs per omne corpus contingunt. (llipp., Lib. De Flatis, £2i.)
(1) C'est là un fait récemment remis en lumière par M. Marey et démontré par de nombreuses expériences). (De la circulation du sang, Paris, 18G3.)
humeurs s'amassent en trop grande quantité dans la substance poreuse et vasculeuse des parties, et la violente distraction des membranes nerveuses qui cause cet amas produit des douleurs gravatives ; il arrive des catarrhes, {luxions, rhumatismes, si la stagnation du sang cause la séparation de ses parties aqueuses et séreuses ; enfin il se fait des abcès et des ulcérations , si le sang extravasé dans la substance des parties ne peut être résorbé, car il s'y change en pus, ou prend une nature salée, acre, et corrnsive. »
VI. — Suivant la différence des parties où le sang s'amasse après avoir été repoussé de quelque endroit par le spasme, il naît des effets différents, ou différentes maladies. »
Scholie. — La congestion et la stagnation considérables du sang dans la tête et ses vaisseaux causent le saignement de nez, la rupture des vaisseaux du plexus choroïde, l'apoplexie de sang, le trop grand gonflement des vaisseaux des méninges, l'apoplexie convulsive ou l'épilepsie. La séparation de la sérosité du sang suivie de son épançhement sur les nerfs de la moelle de l'épine, produit les hémiplégies ou les paralysies ; dans la substance corticale du cerveau ou dans ses ventricules, les affections soporeuses ; dans les environs des couches des nerfs optiques, la goutte serène ; dans les environs de la septième paire de nerfs, la surdité ; l'aphonie ou la perte de \a parole, dans le voisinage de la neuvième paire. Son arrêt fixe dans \es méninges cause la phrénésie ; il survient des songes pleins de terreur et des passions démoniaques et mélancoliques s'il a de la peine à circuler dans les vaisseaux du cerveau. »
VII. — Le trop grand amas du sang dans les poumons en conséquence d'un spasme violent cause l'hémoptysie, la pleurésie, la péripneumonie, l'asthme sanguin, la dyspnée, et l'orthopnée ; s'il aborde en trop grande quantité aux ventricules du cœur , et qu'il s'y arrête trop longtemps, il cause très-prompteinent d'extrêmes inquiétudes, et des défaillances, et devient une occasion prochaine de palpitations considérables, de production des polypes, et par conséquent de mort subite. »
VIII. — L'engorgement et l'amas du sang que les spasmes causent dans les vaisseaux du bas-ventre produisent quelquefois des épanchements de sang insolites et dangereux. »
Scholie. — En effet si la courbure gauche du colon vient à être trop resserrée, et fait remonter le sang avec impétuosité dans les vaisseaux courts du ventricule, leur rupture, qui se fait aisément, cause un vomissement de sang. Si la rupture se fait dans les intestins grêles, et surtout dans l'ileum, il s'en ensuit des déjections fétides et noires, ce qui s'appelle suivant Hippocrale la maladie noire.
Le trop grand resserrement des membranes des intestins faisant regorger le sang en trop grande quantité dans les vaisseaux hémorrhoïdaux, et les obligeant de s'ouvrir, il arrive une énorme bémorrhngie hémorroïdale. L'ouverture des artères émulgenles on rénales, cause le pissement de sang ; la rupture des vaisseaux de l'utérus, des pertes du sang énormes, ou des avortements. »
IX. — Lorsque les organes et vaisseaux excrétoires sont resserrés, et étranglés par le spasme, les mouvements qui causent les excrétions devenant inverses , et prenant leur direction du dehors au-dedans, il se fait un transport des liqueurs superflues, et impures vers d'autres parties, au nombre desquelles sont les intérieures; ce qui n'arrive qu'au préjudice de l'économie animale.
Scholie. — Les vents du Nord qui se lèvent tout-à-coup venant à resserrer, et étrangler les vaisseaux qui rampent sous la peau, et les tuyaux excrétoires par lesquels il sort en forme de vapeur une liqueur très-subtile et insensible, elle reflue sur-le-champ, ou pour mieux dire, elle est repoussée vers la poitrine, et les parties glanduleuses de la tête et du gosier, et il se produit en même temps des enchifrenements. et de toux accompagnées de frissonnements des parties extérieures, et d'ardeur des parties extérieures. Les spasmes des intestins qui affligent continuellement les hypochondriaques, repoussent, et font reculer vers le ventricule la matière des excrétions de ce canal, et surtout les vents; mouvement inverse, qui y cause des gonflements considérables, et très incommodes, des inquiétudes, et des difficultés de respirer, des inflammations, et des renvois continuels. L'étranglement que cause le spasme des canaux qui portent la bile aux intestins, repousse cette liqueur dans la lymphe, et la masse du sang par les artères lymphatiques, et se répandant sur le visage et la peau, elle en gâte la couleur, et produit une cachexie. La suppression opiniâtre de l'urine, causée par un spasme violent, fait regorger vers les viscères du dedans celte liqueur abondante et salée, qui s'arrêtant dans la tête, cause facilement des affections soporeuses, la paralysie, les convulsions (1); dans les poumons, une difficulté de respirer, et même une bydropisie de poitrine. »