‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 40 sur 141 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

TOMMASINI

Tommasini est le disciple le plus dévoué de Rasori et celui qui lui a rendu le plus de services en répandant ses idées dans la science par son enseignement et par ses publications. Également opposé à Brown dans le détail, il en suivait les principes généraux car il distingua les maladies en trois classes :

1° Celles qui sont dues à la diathèse sthénique ou de stimulus.

2° Celles qui dépendent de la diathèse asthénique ou de contrestimulus.

3° Enfin les maladies d'irritation qui peuvent développer celles des deux premières classes.

Seulement dans la pratique, considérant comme des maladies sthéniques un grand nombre de celles qui étaient considérées comme aslhéniques par Brown, il ne laissait pas de les traiter par une médication adoucissante et antiphlogistique. Dans ce nombre se trouvaient les fièvres adynamiques et atoniques, quelques affections glanduleuses, l'hypocondrie, l'hystérie, etc. Il croyait comme Rasori, que la plupart des maladies étaient de nature sthénique, car il assurait que sur mille maladies il s'en trouve à peine une qui dé-

pende de l'asthénie. — C'est dans cet ordre d'idées qu'il eut recours aux antiphlogistiques et aux évacuants, notamment à l'émétique dont il constata comme Rasori la tolérance lorsqu'il venait à être administré après la saignée. — Puis en poursuivant ses recherches, il ouvrit la voie que devait suivre également Giacomini et annonçait la spécificité de certains contre-stimulants sur quelques organes. C'est ainsi qu'il donnait l'eau de laurier-cerise et la belladone contre les affections cérébrales ; la fève de Saint-Ignace dans les convulsions des muscles locomoteurs, ce que nous avons imité dans la chorée; la digitale dans les inflammations du système circulatoire et dans les hydropisies; lémétique dans la pleurésie et dans la pneumonie-, la gomme-gulte dans l'entérite; le fer dans certaines maladies de matrice, etc. C'est là un grand progrès, et si comme tendance nosographique Tommasini est de l'école de Brown, comme thérapeutique, il s'en éloigne autant qu'il est possible de le faire au grand avantage de la science et des malades.

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