ANAT0M1SME — OVULES ET SPERMATOZOAIRES
qu'une femme enceinte représente à elle seule trois générations! (Garus, Négrier, Bischoff, Coste, etc.)
Ils ne commencent à sortir de l'ovaire qu'à la puberté, et probablement à chaque époque menstruelle qu'on peut considérer comme une ponte accompagnée d'hémorrhagie utérine. — La vésicule de Graaf se remplit de liquide, se distend, se rompt, et l'ovule pris par la trompe est entraîné dans l'oviducle et dans la matrice où il se détruit s'il n'est fécondé. — Dans ce cas, il y reste et se développe pendant 210 jours environ.
Par suite de sa fécondation, son vilellus se segmente en deux parties, chaque fragment se divise encore en deux autres, ce qui fait quatre et ainsi de suite, de manière à former une série de cellules qui forment une membrane intérieure dite terne, sous la membrane vitelline et le blastoderme. Celte membrane s'obscurcit sur un point par suite d'une condensation des cellules nouvellement formées, et il en résulte une tache dite embryonnaire qui devient oblongue, offre un sillon longitudinal au milieu, et c'est là que va se développer le nouvel être. — Ce qu'il deviendra ultérieurement, ,;e n'ai pas à l'indiquer ici, car cela se trouve dans tous les traités de physiologie, et je voulais seulement établir comment la science avait suivi d'une façon précise le travail formateur du fœtus à partir de la fécondation de l'ovule par son mélange avec les spermatozoaires jusqu'à son entier développement. C'est là un point de l'histoire de l'anatomie et de la physiologie qui fait le plus grand honneur à la science moderne, — Sans avoir pénétré le mystère de la génération, elle en a fait connaître le mécanisme et c'est là son plus beau rôle. — Hors de là, il n'y a plus que des hypothèses à formuler, et elle a bien fait de s'abstenir.
Il me resterait maintenant à faire connaître la découverte de V Irritabilité et les résultats qu'elle a eus sur les doctrines médicales, mais c'est là un sujet dont le point de départ est essentiellement physiologique et qui sera mieux placé à l'occasion de ce que je dois dire sur les progrès de la physiologie et sur ses découvertes récentes.
Si les autres découvertes anatoiniques de la période que je viens de faire connaître et qui sont relatives aux muscles, aux os, aux nerfs, aux poumons, aux glandes et aux organes des sens sont moins importantes au point de vue médical que celles que je viens d'exposer, elles n'en ont pas moins été une source de progrès incontestable pour la science. — Plus de détails seraient inutiles et me feraient sortir du point de vue générai et philosophique où je me suis placé. — J'ai voulu montrer quelle a été l'activité du mouvernsn
3 iO HISTOIRE DE LA. MÉDECINE
scientifique desxv% xvie et xvmc siècles, qui a renouvelé l'anatomie et qui a substitué l'observation de la nature à l'autorité anatomique de Galien. Ce que j'ai dit peut suffire, et si l'on veut bien ne pas oublier que je m'occupe des doctrines médicales plus que de l'histoire chronologique de la médecine, on verra qu'il n'est guère besoin d'insister pour faire comprendre l'influence de l'anatomie descriptive sur les progrès de la chirurgie, et sur les doctrines médicales qui en relèvent directement.
SECTION V De l'Anatomie au xix° siècle.
Au commencement du xixe siècle, l'anatomie descriptive, presque complète, sauf des détails de peu d'importance, inspirait au génie de Bichat une de ces conceptions supérieures qui ouvrent à la science des horizons nouveaux. On avait décrit en particulier chacun des os, chacun des muscles, tous les vaisseaux, tous les nerfs, tous les ligaments, tous les viscères, mais on n'avait pas songé à étudier chacun des éléments de ces viscères, c'est-à dire les tissus cellulaire, osseux, fibreux, tubulaire, nerveux, vasculaires, cartilagineux, dans leur développement et dans leurs propriétés physiques et vitales. — C'est ce qu'entreprit l'immortel Bichat dans ce qu'il a appelé Y Anatomie générale.