THÉOPHILE BONET
Le livre de Bonet a pour titre : Sepulchretum sive anatomica pratica, et il est daté de 1679, et la 2e édition, de 1700.
Bien que ce travail de compilation, fait pour la première fois, ne présentât pas de grandes difficultés, et n'exigeât qu'une grande vertu de patience, il n'en a pas moins été très-utile. — 11 est divisé en quatre parties. — La première comprend toutes les maladies de la tête; la seconde celles de la poitrine, la troisième celles des lésions organiques de Vabdomen ; et enfin la quatrième est relative aux observations de maladies dont le siège ri était pas encore détermine à cette époque, ou qui ne rentraient pas dans les trois catégories précédentes. Telles étaient les tumeurs, les plaies, la syphilis, les fièvres, la goutte, etc.
Beaucoup d'observations sont incomplètes, écourtées, privées de détails nécessaires, mais les faits n'étant pas de lui, il a dû les prendre tels qu'il les trouvait dans la science de son temps. Comme il n'avait d'autre prétention que celle de faire un recueil nécrosco pique, il ne pouvait guère agir autrement. Au lecteur moderne le soin de laisser ce qui est mauvais pour ne choisir que les cas dignes d'êlre reproduits.
Voici du reste un exemple de sa manière de procéder. — Il est relatif aux palpitations de cœur qui font l'objet delà section huitième du second livre. — Les causes de cette maladie étaient
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pour lui d'après ses observations : un tubercule, un a es, l'intempérie chaude, la pléthore sanguine occasionnant l'obstruction, les vers, une évacuation subite, la grossesse, l'inflammation, une poche pleine d'eau ou de quelque humeur putride, une infection miasmatique provenant du dehors ou du dedans, certaines adhérences contre nature. — Ces causes existent dans les cavités ou dans la substance même du cœur, dans le péricarde, dans les artères, ou enfin dans certaines parties éloignées comme l'utérus, le foie et l'estomac.
Pour chacun de ces cas, Bonet rapporte une ou plusieurs observations suivies d'autopsie, afin de montrer la légitimité de ses assertions. — Pour le temps, c'est un livre remarquable, bien qu'il soit dépourvu d'originalité; — et je trouve que Morgagni, après avoir déclaré dans sa préface que « si quelqu'un a bien mérité de la médecine et du genre humain tout entier, c'est Th. Bonet, » — <l été bien sévère pour lui en critiquant à toute page et le choix, et l'authenticité, et l'importance de ses observations nécroscopiques. — Morgagni a publié son livre quatre-vingt-trois ans après la première édition du Sepulchretum, longue période pendant laquelle on avait appris à mieux voir, et c'est toujours un tort que de prétendre juger le passé avec les lumières du présent. — Dans ma pensée Morgagni a manqué de mesure et peut-être de justice en appréciant le Sepulchretum comme il l'a fait.