‹ Histoire de la medicine et des doctrines médicalesChapitre 82 sur 120 · ZIMMERMANN · texte numérisé non relu

ZIMMERMANN

A la fin du xvme siècle vécut un homme remarquable à divers titres, qui eut entre autres celui de ramener la médecine dans les voies précises de l'Expérience, en formulant de nouveau les règles de cette méthode scientifique. Ce fut J. Georges Zimmermann, né à Brugg dans le canton d'Argovie, en 4728, et mort en 1785. A la fois médecin, moraliste et philosophe, Zimmermann a vécu d'une vie de mélancolique, tour à tour heureux et chagrin, adulé et persécuté, mais en toutes choses, honnête homme et homme supérieur. Elève de Haller dont il ne sut pas conserver l'amitié, tant il est difficile de se plier sans bassesse aux caprices d'un savant, il devint rapidement l'un des médecins les plus célèbres de son époque. Il consacra une partie de sa vie au soulagement des maux de l'humanité et l'autre aux progrès de la science. Un instant même, il fut médecin de cour et, malgré le mauvais vouloir de Haller, il fut nommé après Werlhoff premier médecin du roi d'Angleterre à la cour de Hanovre. C'est 'de là qu'il fut demandé à Posldam pour y voir le grand Frédéric alors très-malade. Il raconte son voyage en termes très-intéressants, ses émotions près du monarque dont l'absolutisme faisait trembler toute la soldatesque, la crainte qu'il avait de ne pas lui plaire à son gré, les précautions infinies qu'il était obligé de prendre pour que ses prescriptions ne contrariassent pas trop les idées du souverain, etc. Et on est vraiment surpris de voir tour à tour, ce roi qui s'imagine que la puissance donne assez de science pour raisonner de la nature de l'homme, et ce médecin qui tremble de ne pas trouver un remède qui ait faveur près du monarque. Ce républicain, misanthrope transformé en médecin courtisan, est quelnue chose curieux à voir et, il faut bien le dire, ce n'est pas le plus beau côté de sa vie. (Relation d'un voyage à Postdam auprès de Frédéric.) Ses travaux ont quelque chose de plus noble, de plus grand et de plus durable. Ainsi, on lui doit une thèse sur l'irritabilité, un traité de Yorgueil national, un traité de la dysenterie, un traité de la solitude, et enfin un ouvrage sur Y expérience, ouvrages dont je vais parler en leur empruntant de nombreux extraits.

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