‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 10 sur 118 · DR · texte numérisé non relu

DR

répondre et de se retirer précipitamment dans Pintérieur du fort pour se préparer à la défense.

Un des chefs iroquois mit pied à terre, et déposant ses armes sur le rivage, il s'avança jusqu’à la portée de la voix, et demanda à quelle nation appañenaient les guerriers qui défendaient le fort. “Ce sont des

Francais, des urons et des Algonquins, leur répondit-on, si notre frère lfroquois veut entendre des paroles de paix, qu'il aille camper avec ses guerriers de Pautre côté de la rivière.” Les alliés espéralent par ce st ratagè me gagner assez de temps

Mais

les froquois ne se laissèrent pas prendre à ce piège et

pour compléter leurs travaux de fortification.

commencerent immédiatement à dresser une palissade en face du camp. La lutte allait donc devenir inévitable, Les alliés profitèrent des quelques heures de répit qui leur restaient pour se fortifier de leur mieux, coupant des pieux, consolidant les endroits les plus faibles, entrelaçant les palissades de branches d’arbres et remplissant les intervalles de terre et de pierre, tout en ayant le. soin de ménager des meurtrières de distance en distance. Les ouvrages n'étaient pas encore terminés que les ennemis montèrent à Passaut en poussant, selon leur habitude, leur terrible cri de guerre. Les assiégés se défendirent avec une bravoure sans égale. A chaque meurtrière étaient postés trois tireurs qui décimaient Îles rangs des Iroquois en

dirigeant sur eux unfeu continuel. Tout étonnés

de rencontrer une aussi vigoureuse resistance, ils commencèrent à plier, mais confus de se voir repoussés par une poignée d'hommes, ils s’élancérent de nouveau à l'attaque, D'autres décharges aussi bien dirigées que les premières les accueillirent. Un grand nombre furent tués, un plus grand nombre blessés, et le reste, saisi de frayeur, prit la fuite en désordre, sans que les assiégés eussent à déplorer la perte d’un seul homme. Quelques-uns des alliés sautèrent alors par-dessus les remparts, allèrent couper la tête d’un chef iroquois qui avait été tué durant le combat, et Périgèrent en trophée sur la palissade au bout d’un pieux.

Cette première victoire enflamma l’enthousiasme des vainqueurs; ils se jetèrent à genoux pour en remercier le ciel, et reprirent avec une nouvelle ardeur leurs travaux de défense, décidés plus que jamais à combattre jusqu’au dernier soupir. Les ennemis, revenus de leur première frayeur, tinrent conseil et députèrent quelques-uns d’entre eux pour aller demander du secours à la grande armée i*oquoise alors cachée er: embuscade dans les iles du Richelieu, et attendant le moment favorable pour envahir la colonie.

Cependant le fort fut investi de ious les côtés, et, durant sept jours et sept nuits, les alliés soutinrent le feu continuel que les lroquois re cessèrent de diriger

contre eux dans Ja crainte de ies voir s’échapper.

[ls bri:

avaient eten fi sades ; car le f qu'ils n Un d fut don une tell charge.

force o la ruse, leignire Hurons connaiss se laisse rérent i sans s’a] chait à d’Iroquo s'avançi Il est qu'eurer pendant la faim, encore « de somn

de nuit,

nce, ils voir rencérent S Aussi illirent, nombre fuite en lorer la s alliés allèrent été tué

sur la

usiasme

pour en

iouvelle

lus que

r. Les

tinrent

X pour

oquoise

‘helieu,

ahir la

diriger

lapper.

INTRODUCTION. ôl

« brisèrent les canots d’écorce des Français, qui »s

avaient été abandonnés à quelque distance du fort, eten firent des flambeaux pour mettre le feu aux palissades ; mais toutes leurs tentatives furent inutiles ; car le feu des assiégés était toujours si bien nourri qu’ils ne purent jamais en approcher,

Un deuxième assaut plus furieux que le premier fut donné contre la place, mais il fut repoussé avec une telle vigueur que ennemi n’osa plus revenir à la charge. Voyant qu’ils ne pouvaient réussir par la force ouverte, les Iroquois tentèrent alors d'employer la ruse. Connaissant l’inconstance des sauvages, ils feignirent de vouloir faire la paix. En efñlet, les Hurons commencèrent à hésiter; mais les Français connaissaient trop bien la perfidie des Iroquois pour se laisser leurrer par ces belles promesses ; ils demeurèrent inébranlables. Ils ne furent pas longtemps sans s’apercevoir de la ruse, car, pendant qu’on cherchait à attirer leur attention d’un côté, une bande d'Iroquois se glissaient secrètement derrière eux et s'avançaient déjà pour les surprendre.

Il est impossible de peindre toutes les souffrances qu'eurent à endurer les courageux défenseurs du fort pendant tout le temps que dura le siége. Le froid, la faim, la soif, insomnie les tourmentèrent plus encore que les [roquois. Pendant les courts instants de sommeil qu’ils pouvaient prendre entre les veilles

de nuit, ils étaient obligés de coucher à la belle étoite,

sur la terre glacée, au milieu des balles qui siMaient

sans cesse autour de leur tête. Mais leur tourment le plus cruel provenait de la disette d’eau ; elle devint si grande qu'ils se vireni réduits à avaler toute sèche

Ils

avaient découvert un peu d’eau boueuse dans un trou

la farine de maïs qui leur servait de nourriture.

de la palissade, mais à peine y en avait-il suilisamiment pour que chacun d’eux put y tremper ses lèvres. Lorsqu'ils ne pouvaient plus résister aux tortures de la soif, un petit détachement, protégé par quelques tireurs, faisait une sortie et allait puiser un peu d’eau à la rivière ; mais leurs chaudières étant tombées dès le premier jour entre les mains des ennemis, ils ne pouvaient ên rapporter qu’une petite quantité à la fois. Pour comble de malheur, les Hurons et les Algonquins n’ayant pas eu la prudence de ménager suffisamment leurs munitions, elles vinrent à leur manquer. Les Français leur en fournirent pendant quelque temps ; mais les leurs finirent aussi par devenir rares. Au milieu de tant de fatigues et d’angoisses, ces héros chrétiens puisaient, dans la prière, une force et un courage toujours renaissants. ‘ Car dès que lennemi faisait trève, dit la Mère de l’incarnation, ‘ils étaient à genoux, et sitôt qu'il faisait mine d’attaquer, ils étaient debout les armes

à la main.”

Page 1