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FROISIEME EPOQUE, DHL
pides, élevés vers le ciel, semblent déja jouir de la vision béatifique, sa physionomie céleste, quillumine d'un pâle reflet la lueur vacillante de Fâtre, est eme preinte d’une douce sérénité, et d’une ravissante expression de bonheur,
Une nuit, à la suite d’un de ces colloques intimes, elle parut un peu agitée, un léger nuage passa sur son front, elle fit signe à la Mère de Pincarnation de s'approcher, et lui prenant les mains dans les siennes avec une expression dindicible tendresse, # Pardonnez-moi, ma chère amie, lui dit-elle d’une voix pleine de larines, oh! pardonnez-moi les chagrins que je vous ai causés pendant les premiers temps de notre séjour ici, Je ne Pai fait que par obéissance pour mes supérieurs qui voulaient se servir de moi pour vous éprouver, Vous savez quelle violence J'ai dû me faire pour vous contrister ainsi.
La Mère de PIncarnation étoufiée par son émotion, ne put lui répondre et lui témoigner son admiration et sa reconnaissance, qu’en la pressant contre son cœur, et en posant ses lèvres sur son front brülant, qu'elle arrosa de ses larmes,
Dès que la nouvelle de Pétat désespéré de la Mère de Saint-Joseph se fut répandue, toute la population prit part à l’aflliction des Ursulines. Le gouverneur, M. de Lauzon, dont la piété ne le cédait en rien à celle de ses prédécesseurs, se fit recommander à ses prières, et la conjura de se souvenir, lorsqu'elle serait
devant Dieu, des grands besoins de la colonie.
oo LA MERE DE L'INCARNATION,
Les Hurons, établis depuis peu à Pile d'Orléans, venaient chaque jour frapper à la porte du cloître, e1 s’informaient avec un touchant intérêt des progrès de sa maladie : Tiens, Mère, disaient-ils à la Mère de Pincarnation en lui présentant quelques pièces de vi. bier, donne ces oiseaux à Marie la Sainte Fille, ain qu'elle mange et qu’elle vive pour nous instruire encore.”
Mais ni les vœux des bons sauvages, ni les pricres des colons, ni les soins, ni les ardentes supplications de la Mère de lPIncarnation et de sa communauté ne devaient Ctre exaucés, A trente-six ans, Sœur Marie était mûre pour le ciel ; son époux céleste voulait lui épargner le triste hiver de la vie, et la convier, dès le printemps, aux noces éternelles.
Elle expira entre les bras de sa sainte et fidèle amie, le 4 avril 1652, vers huit heures du soir, après vingt-quatre heures d’une paisible agonie. Elle fut douce envers la mort, comme elle Pavait été envers la vie ; déjà son âme était entre les bras des anges, quand on s’aperçut qu’elle avait cessé de vivre, tant son dernier soupir avait été imperceptible.
L’annonce de sa mort fut un deuil général pour toute la population, française et sauvage. Mais les Hurons surtout pleurèrent, avec d’amers regrets, Marie la Sainte Fille, celle qui avait été si longtemps leur mère spirituelle. Ils lui firent un service solennel, le lendemain de sa mort, dans leur petite cha-
pelle de l’île d'Orléans.
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Ses obseques furent célébrées à Québec avec une pompe quon mavait pas encore vue dans ce pays. La nuit meme de sa mort, ses restes précieux furent transportés dans le nouveau monastère qui n’était pas encore habité, afin de les exposer à la vénération publique, et d’y faire ses funérailles, L’oflice funèbre fut célébré par le P, Lalemant, son directeur spirituel, en présence de toute la population, française et sauvage, de Québec et des environs, accourue pour rendre hommage à une mémoire si sainte et si chère.
Ses restes mortels furent inhumés dans le jardin du monastère, en attendant l'érection de l’église conventuelle. [ls y reposèrent pendant dix ans ; et plus tard la piété des Ursulines fit élever en cet endroit, consacré par la présence de cette dépouille bénie, la statue de son saint patron, Jamais les sauvages ne passaient près du monastère, sans jeter un mélancolique regard vers le jardin, et indiquer du doigt à leurs enfants, le petit monticule de gazon, sous lequel dormait, du sommeil des justes, Marie la Sainte Fille, la Mère des pauvres sauvages.
Le Seigneur ne tarda pas à manifester par des prodiges la gloire de celle qui sur la terre n'avait aimé que l’humilité et l’abjection, n’avait vécu que de l’ignominie de la croix. Nous en rapporterons deux des plus remarquables, pour l'édification de nos lecteurs.
Dans le monastère de Tours, vivait une excellente sœur converse, qui avait toujours été l’amie intime de
la Mere de Saint-Joseph. Sœur Elizabeth de Sainte. Marthe avait pris un soin tout maternel de la jeune Marie, lorsque celle-ci Pétait encore qu'une toute petite enfant au pensionnat. La jeune fille avait été proton. dément touchée de cette tendre sollicitade, et avait voué une amitié éternelle à Sœur Elizabeth. Au moment de son départ pour le Canada, elle avait fait avec elle une société de biens spirituels, toutes deux S'engveant à se faire part mutuellement de leurs mérites Or, à peine eut-elle rendu le dernier soupir qu'elle Jui apparut ‘toute resplendissante de lumière, ravonnante ‘dune beauté ravissante, et d’une majesté Incomparable,” Ma chère Sœur Elizabeth, lui dit-elle en lui fui sant signe de la main, préparez-vous au voyage, car il est temps de partir.” La sœur se leva aussitôt, et quoi: que ce fût à une heure indue de la nuit, elle se rendit à l'instant chez la Mère Supérieure. “Certainement, lui dit-elle, la Mère de Saint-Joseph est morte; elle vient de m’apparaitre, de me dire de me préparer à la mort, et que je n’ai que peu de jour: à vivre.”
Elle retourna ensuite se coucher sans aucune frayeur, et passa le reste de la nuit dans une grande paix. La semaine suivante, elle tomba malade, et mourut treize Jours seulement après celle dont Pamitié l'avait suivie au-delà de la tombe, et rappelée vers elle pour continuer dans la gloire cette union des cœurs qu’elles avaient commencée sur la terre.
En 1666, lorsque M. le Marquis de Tracy eut force
les Iroquois de remettre tous les prisonniers français
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