Histoire des Ursulines de Quebec
quantité de sable et de limon, que, pendant plusieurs La jours, ses eaux demeurèrent toutes jaunes, ' bail Durant cette longue période, la population vécut et dans le tremblement et Pattente continuelle de Pheure 4 cor suprême de Punivers. L'ange du Seigneur ne ces- | not sait de promener sa verge de fer sur cette contrée, 1 1: qui semblait frappée d’anathème. # Lorsque la jour- ‘À sal née était finie, raconte la Mère de l’Incarnation, on se 4 pla mettait dans la disposition d’étre englonti durant là à I nuit; et le jour venu, on attendait continuellement la 4 de mort ; en un mot, tout le monde séchait dans Pattente Fa tra: de quelque malheur universel.” À lan Une seule âme conservait sa parfaite tranquillité Ù dcr au milieu de la désolation générale ; c’était la Mère NO me de lIncarnation. “Tandis que les uns tremblent, dit 1 I son biographe, que les autres pâlissent, et que tous 1 <u sont dans une consternation aussi necablante que ps vel celle qui surprendra le monde à Ja fin des siècles, D Ca elle seule demeure ferme et assurée ; avec un aban- hor don et une présence d’esprit capables de donner de + nor Padmiration aux anges mêmes, elle s'offre à Dieu Ë terr pour être seule la victime de tout le pays, et pour ex- à 14. pier par sa mort, les crimes qui avaient irrité la jus- : Ca tice de Dieu.’ il nor Enfin le ciel se laissa désarmer; avec le calme de à la vertu dans les cœurs, reparurent les jours sereins. L Le à mait 1 Sain 1. Tous ces détails sont tirés des lettres de la Mère de Pincarnation, et ; ; vingt des Relations des Jésuites. -1 Les :
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La nation régénérée par la pénitence, sortit de ce bain salutaire, toute ruisselante des eaux de la grace, et prête à s'asseoir au banquet d’une vie nouvelle, comme jadis, au jour de la primitive église, ces vierges, nouvellement converties à la foi, qui remontaient les degrés des fontaines sacrées, toutes resplendissantes de la robe d’innocence, et allaient prendre place parmi les convives du saint lieu.
De ce jour en eflet date une ère de bénédiction et de prospérité inouïe jusqu'alors. La colonie vient de traverser lPâge critique de Penfance ; elle quitte ses langes, et entre en pleine adolescence. Les temps héroïques sont finis, et le règne de Phistoire commence.
La coripagnie des Cent-Associés, dont limpuissance et l’incurie avaient paralysé si longtemps le développement de la colonisation, est supprimée; et le Canada rentre dans le domaine royal. Québec est honoré du nom de ville. Le marquis de Tracy est nommé vice-roi de la Nouvelle-France, et met pied à terre le 30 juin 1665, suivi bientôt d’une armée de 14 à 1500 hommes, de ce magnifique régiment de Carignan, dont tant de familles canadiennes s’ho-
norent de tirer leur origine. L’orgueil des Iroquois
1. Le régiment de Carignan, commandé par le colonel de Salières, formait l’élite de l’armée française; il s'était couvert de gloire à la bataille de Saint-Gothard, gagnée en Hongrie (1664) contre une armée de quatreviogts mille Turcs. Ses charges brillantes avaient dévidé de la victoire. Les vainqueurs firent ce jour-là un massacre épouvantable ; plus de dix mille hommes des troupes du Grand Visir furent précipités et noyés dans
est humilié: Parmée pénètre jusqu'au cœur de enr pavs, réduit en cendres leurs villages, et les amene à des conditions de paix, qui donnent la tranquillité au Canada pendant près de vingt ans
Cependant M. de Tracy avait amené avec Jui un hornine qui valait mienx encore pour J2 colonie que cette armée et tous les secours matériels: e’était
Pintendant Falon. Si Cartier fat le découvreur,
Champlain le fondateur du Canada, on peut dire que
'alon en fut le créateur. Formé à Pécole du grand Colbert, doué cor ne lui d’une vaste intelligence, ct dune activité infatigable, il présida à Porganisation civile, politique et même militaire du pays. Sous
son habile administration, la colonie prit un tel essor,
une rivicre, Le comte de Coligny, géaéral de larmee française, a pet d'un seul trait Fhorreur de cette scène 4 C'était un cimetière flottant." “La bataille de Saint-Gothard, dit Pauteur de ‘ l'Histoire de Louvois,” (A Camille Rousset) est une de ces grandes actions militaires dont les conscquences politiques et morales effacent le résultat matériel, Elle fut le salut de PAtlemagne et l'honneur de la France.”
La plupart des militaires, qui occupaient quelque grade dansle régiment ce Carignan, appartenaient à la noblesse de France. On ne peut aujourd'hui Jeter les yeux sans émotion sur la liste des noms si connus et si aimés de ces braves soldats, dont la nombreuse postérité peuple maintenant les deux rives du Saint-Laurent, et dont le sang coule dansles veines de presque toutes les branches de la grande famille canadienne. Que d’autres noms bien connus rappellent ceux des De Contrecwur, De Varennes, De Verchères, De Kaint- Ours, alliés aux familles De Beaujeu, De Gaspé, De Léry, De la Gorgendiére, Taschereau, Duchesnay, De Lotbiniére, Ke, &e., les noms des De Lanaudière, Baby, qui tous deux servaient dans la compagnie commandee par M. de Saint-Ours; enfin les noms des De la Durantaie, De Beaumont, Berthier, et tant d'autres dont nous pourrions indiquer la filiation avee une
foule de familles canadienne