Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec
reta un et elle
ui allait
j heures rein, on it sourd s, lances u méme agné de tillement ne gréle m. it du fureur se L sous Îles mme Îles endroits ; ipète, les hrrachant fendaient se détaau fond ur chute on. Les é, tantôt lançaient
8 cloches
sonnaient
d’elles-mémes.
Les
TROISIEUE EPOQUE.
toits
des
maisons
s’élevaient et se courbaient en ondulations ; les murs
se lézardaient ; les planchers, les cloisons craquaient,
se disloquaient; les portes s’ouvraient et se refer-
maient avec violence.
Les animaux domestiques,
saisis de frayeur, s’élançaient hors des maisons, en
poussant des cris et des hurlements.
L’agitation était pas moins grande sur Peau que
sur la terre ; les glaces énormes du fleuve, épaisses
de cinq ou six pieds, s’ouvraient avec un formidable
fracas, se soulevaient, s’entrechoquaient, comme dans
une violente débâcle, et retombaient brisées en mille
fragments.
de fumée ou des jets de boue et de sable.
Des interstices jaillissaient des nuages
Le S
poissons eux-mêmes, saisis de vertige au milieu de
cette épouvantable confusion des éléments, s’élan-
‘aient hors de l’eau ; et l’onentendit méme les sourds
ronflements des marsouins, nageant par troupeaux
dans les eaux du lac Saint-Pierre, où jamais on n’en
avait vu auparavant .
Aux premiers signes de ce cataclysme, les uns
crurent à un vaste incendie, les autres à une attaque
subite des
Iroquois.
Tout le monde se précipita en
dehors des maisons, criant au feu ou courant aux
armes, et se frayant un passage à travers les meubles
renversés, les cheminées écroulées et lépaisse fumée
qui volait de toutes parts.
Cependant les secousses du tremblement de terre
devenant de plus en plus violentes, on se ernt trans-
porté à la fin du monde. Les femmes tombaient en défaillance, les hommes se prosternaient l4 faee contre terre en se frappant la poitrine, où élevaieni tes mains vers le ciel en implorant la miséricorde de Dieu, croyant à chaque instant que la terre allait s'entrouvrir sous leurs pieds, et les engloutir. Un grand nombre coururent vers les églises, afin de se préparer à paraitre au jugement de Dieu.
Cette premiére seconsse dura près d’une demiheure. Cependant les oscillations continuèrent longtemps encore à se faire sentir; mais avec moins de violence et d’une manière irrégulière, tantôt par des chocs rudes et saecadés, tantôt par un balancement analogue à eelui d’un vaisseau bercé au roulis des vagues.
La consternation fut universelle parmi les Français, comme parmi les Sauvages ; mais ce fut surtout un coup de foudre pour ceux qui se livraient, en ce moment même, aux diver‘issements du carnaval. Pendant toute la nuit, les églises furent encombrées de fidèles qui entouraient les tribunaux sacrés. D’éton-
nantes eonversions s’opérèrent ; un missionnaire
assura plus tard à la Mère de l’Incarnation qu’à lui
seul il avait entendu plus de huit cents confessions générales.
Vers huit heures du soir, une seconde secousse eut lieu; les Ursulines étaient alors au chœur, rangées debout dans leurs stalles et psalmodiant loflice des
matines. Le choe fut si fort et si subit qu'elles se
baient en ec contre es mains de Dieu, ,9 .
s’entrou- Jn grand
préparer
ne deimirent lonomoins de »t par des ancement
oulis des
Français, surtout un en 6e MoOval. Pennbrées de
D’étonssionnaire qu'à lui
onfessions
‘OUSSeE eut rangées 'oflice des
nelles <e
FROISTEME EPOQUE 42:
trouverent toutes instantanément prosternécs à genoux,
Les Ursulines passerent le carème dansdes pratiques de mortification extraordinaire, Outre les jeûneset les macérations quelles s’'infligerent, elles conchèrent toutes vêtues sur des paillasses étendues dans la salle de communauté, et à chaque secousse, elles se jietaient à genoux et récitaient le psaume Miserere.
C’est ainsi que ces victimes angéliques conjuraient par leur veilles pénitentes le courroux du ciel, et lavaient de leurs larmes le sang des crimes qui eriait vengeance.
Pendant sept mois entiers, la nature fut dans ces étranges convulsions, Dans toute l'étendue du pays, la surface du sol fut plus où moins bouleversée, Des montagnes avaient disparu; ‘antres s'étaient éievées tout à coup; des forêts entières avaient été abattues et englouties dans des lacs ouverts en un jour; des vallées étaient comblées par d’immenses éboulis. On vit surgir une ile nouvelle des eaux du Saint- Laurent; jaillir des fontaines inconnues; de profondes crevasses sillonner la terre et servir de lit à des torrents impétueux ; se creuser de larges cratères dont la gueule béante laissait échapper des vapeurs sulfureuses, Le cours de plusieurs rivières fut détourné ; quelques-unes obstrunées inondérent leurs rives, et
entrainèrent avec elles, jusqu'au fleuve, une si grande