‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 12 sur 118 · RL A PR · texte numérisé non relu

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Une semaine entière s’était écoulée ainsi, lorsqu'ils entendirent tout-à-coup une immense clameur dans le camp ennemi. Toute la forêt retentit en même temps de hurlements sauvages et d'innombrables décharges de coups de fusils, qui, multipliés par Les échos, produisirent mille bruits et des roulements de tonnerre capables de glacer d’épouvante les cœurs des plus intrépides. Chaque arbre semblait avoir soudain donné naissance à un ennemi. Les Iroquois saluèrent par de longues salves larrivée de plus de cinq cents de leurs guerriers. Tous les assiégés se jetèrent à genoux pour recommander leur âme à Dieu, et se préparer à la lutte suprême. Alors le grand chef huron Anahotaha adressa à tous les Saints cette prière que nous empruntons avec toute sa naïveté au récit de la Mère de l’Incarnation: “ Vous scavez, à bienheureux habitans du ciel ce qui nous a conduit icy : Vous scavez que c’est le désir de réprimer la fureur de l’'Hiroquois, afin de lempêcher d’enlever le reste de nos femmes et de nos enfans, de crainte qu’en les enlevant ils ne leur fassent perdre la foy et ensuite le paradis, les emmenant captifs en leur pais. Vous pouvez obtenir notre délivrance du grand Maïtre de nos vies, si vous l’en priez tout de bon. Faites maintenant ce que vous jugerez convenable, car pour nous, nous n'avons point d'esprit pour scavoir ce qui nous est le plus expédient. Que si nous sommes au bout

de notre vie, présentez à notre grand Maître la mort

que nous allons souffrir en satisfaction des péchez que nous avons commis contre sa loy, et impêétrez à nos pauvres femmes, et à nos enfans la grâce de mourir bons chrétiens, afin qu’ils nous viennent trouver dans le ciel.”

Telle avait été la vigueur de la défense que les froquois, malgré leur supériorité numérique, n’osèrent monter à l’assaut. [ls investirent de nouveau la place, et firent pleuvoir une grêle de projectiles contre les meurtrières. Les assiégés n’avaient plus un instant de repos, et ils étaient tourmentés par une soif toujours de plus en plus ardente. Les sauvages surtout devinrent si exténués qu’ils commencèrent à perdre courage, et songèrent à se rendre.

Ils chargèrent de présents un prisonnier iroquois, et le firent accompagner dans le camp des ennemis par deux de leurs chefs. Ceux-ci furent accueillis par de grandes acclamations, et en même temps quelques Hurons apostats, réfugiés parmi les Iroquois, s’avancèrent vers la palissade pour engager leurs compatriotes à se rendre, leur représentant que c’était le seul moyen d'échapper à la mort. Malheureusement plusieurs Hurons se laissèrent gagner par ces perfides

promesses, et malgré toutes les représentations des

Français et les sanglants reproches d’Anahotaha, :

vingt-quatre d’entre eux s’élancèrent par-dessus la !

palissade.

Iroquois, instruits désormais de la faiblesse de la

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Les cris de triomphe redoublèrent, et les

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