PREMIERE ÉPOQUE VIE DOMESTIQUE
CHAPITRE PREMIER Gencse de Ta Mère de l'fncarnation —Son enfance—Sa jeunesse,
I'existe, au centre de la France, une contrée charmante entre toutes celles qui Penvironnent, et dont le nom seul réveille d’agréables souvenirs. Le doux pays de la Touraine, qui fut le berceau de plusieurs familles de la Nouvelle-France, a de tout temps été célèbre par la fertilité de ses vastes prairies, la richesse de ses vignobles, la douceur de son climat et Paménité de ses habitant. Arrosées par Pun des
plus beaux fleuves de la France, ses campagnes sont
emuuillées de riants bocages et de villages pittoresqu qui s'élevent au bord des vallées, où couronnent |: collines dont les courbes harmonieuses, se prolon. géant au lin jusqu'à Phorizon, encadrent tout | paysage dans un cercle de gracieuses ondulations,
Les grands seigneurs du royaume, attirés par! beauté du pays, aimerent de tout temps à y fixer lei séjour ; et Pon voit encore aujourd’hui surgir, du sein des massifs de verdure, les tourelles élaneëes d leurs antiques châteaux, Longtemps aussi les roi de France tinrent leur cour dans la capitale de eett province, qui a été surnommée le jardin de Franc cl le plaisir des roys.'
La ville de Tours est assise, au milieu de eett belle contrée, sur la rive gauche de la Loire, dont li cours sinueux serpente à travers la plaine, en se dirigeant de l’orient à lPoccident.
C’est dans cette ville que vivait, vers la fin dt scizième siècle, une de ces familles patriarcales, à ln piété solide et aux mœurs austères, que le christia nisme seul peut former, et d’où sont sorties ces fortes races qui ont rendu les nations chrétiennes si puis santes. Le père de la vénérable Marie de Pine nation appartenait, par sa naissance, à la classe moyenne de la société, et avait été plus enrichi des dons du ciel que de ceux de la fortune. Engagt dans le commerce des soicries, M. Florent Guyard
n'avait reussi, par son travail, qu’à se créer une