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acquérir, parnii cs concitoyens, une telle réputation
de justice et de probité qu'il était souvent choisi
omme arbitre de leurs différends,
Ces précieuses qualités semblaient héréditaires dans
cette famille bénie,
La réputation de piété qu'elle
'étaitacquise, était si répandueen France, qu'en FAS5,
ce fut a un membre de cette famille que fut dévolu Phon-
neurd’étre député en Halie, auprès du grand solitaire de
lai Calabre, Saint Francois de Paule, et de le ramener
en France pour consoler les derniers moments du roi
Louis XF, alors étendu sur sa couche funébre dans
son château de Plessis-les Tours. La Mère de l’In-
carnation rappelait plus tard ce pieux souvenir de
famille à son fils, comme une grave et austère lecon
de vertu.
“Je crois que vous n’ignorez pas que ce fut notre
bisueul qui fut envoyé par le roi Louis XI, pour
demander Saint François de Paule au Pape, et pour
l'ainener en France.
J'en ai bien entendu parler à
mon grand-père ; et méme ma tante, qui est morte
lorsque javais quinze ans, avait vu sa grand'mère,
ile de ce bisaïeul, qui la menait souvent à Plessis-
les-Tours pour visiter ce saint homme, qui, par une
pleuse affection, faisait le signe de la croix sur le
front de cette petite en la bénissant, C’est ce qui à
toujours donné une grande dévotion à notre famille
envers ce grand saint.
cela fort souvent, afin d’en perpétuer après lui la
Mon grand-père nous raconta,
Ti LA MERE DE L'INCARNATION,
" memoire et la dévotion, comme il Pavait reçue de ï Dienuie) son aieul." 4 “OC M. Guyard était allié par sa femme à une nobl Duc L famille de France, Pillustre et ancienne maison des son te Babou de la Bourdaisière, aussi distinguée par les D coma hommes erminents quelle à donnés à PEglise et à tournait PEtat, sous le regne de François L, que par ses CUS pre alliances avec Les plus nobles familles du royaume. produist L’épouse de M. Guyard était de tout point digne diet, an de la haute piété de son époux ; aussi Pordre le plus Irouvere harmonieux régnait-il dans Pintérieur de cetie famille, D “mrrovoi où Pon respirait upe atmosphere tout imprégnée des DO ussitot douces émanations de la vertu. Grande La bénédiction du ciel ne tarda pas à se répandre doivent ] sur eux; ctle 18 octobre 1599, Dieu leur donna une elle in: enfant qu'il destinait à devenir Pobjet de ses prédi. p Dieu, d lections, la merveille de Ta grace et Pétonnement d D Ocraces q son siècle, Elle fut présentée au bapteme, des HO quest iendemain de sa naissance, à Péglise de Saint HO ocre vra Saturnin de Tours; et reçcut le nom de Mari, ‘ pete, qu ‘ comme un heureux présage, dit un historien, di è un bon ] lu tendre dévotion quelle devait avoir toute sa vr ‘ Le Sc envers la Sainte-Vierge, et des faveurs extraordinaires devenir que cette divine Mère devait lui accorder.” î devaient Les regards de la jeune enfant, en s'ouvrant pour : Monde, la première fois à la lumiere, furent temoins des À faveurs exemples les plus édifiants, et des mœurs les pins à : extraord pures; les premiers mots qui frappèrent son oreille PA ceux qu furent eeux de Jésus et Marie: ils furent aussi les 1 à Voici co Le 4 * CE > & à s f 2 4 ° \
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begayer, lorsque sa langue nuuenca à se défier. Avee le Tait, sa mère Tui fn
eer da sève de toutes les vertus. Et à mesure que coniuteligence s'ouvrait à la raison et que ses facultés conmeoncaient à s'épanouir, cette pieuse mère les ourmait vers Dicu, et hnplantait dans sa jeune âme CUS précieux germes d'une éducation chrétienne qui produisent toujours d’'heureux fruits Remontez, en et, au berceau de toute vie noble et sainte, OÙ Vous ouverez infulliblement une mere chrétienne veillnt mu réveil de Pintelligence et de Pâme, pour déployer uissitot leurs ailes, ot diriger leur essor vers Dicu. Grande et austère lecon pour toutes les mères, qui doivent v voir la sublimité de leur devoir, et Pininor fl vocation. ‘Je benis
e anagnificenee de Jleur
Dieu, dit elle-meme la Mère de Pincarnation, des qu'il fui a plu de me faire en ce point, d'autant que e’estune grande disposition pour la vertn, et pour etre vraiment disposée à la vocation d’une haute pieté, que de tomber en des mains qui fassent prendre un bon pli dès les plus tendres années.”
Le Seigneur, qui prédestinait cette jeune fille à devenir un vase d'élection dont les riches trésors devaient se répandre sur l'Ancien et le Nouveau Monde, voulut la prévenir, dès son enfance, de faveurs privilégiées, et Pattirer à lui par ces attraits extraordinaires de la grace qu’ilne communique 1 4 ceux qu'il veut faire servir à ses grands desseins.
Voici comment elle raconte elle-même, avec une can-
TS LA OMERE DE L'INCATRNATION.
deur et une simplicité angeliques, une vision qu'ell
eut, lorsaw’elle était encore tout enfants et ouw’elle ; , |
toujours regardée conne le principe de sa vocation à
la vie mystique.
“Je n'avais qu'environ sept ans, ditelle, lors
qu'une nuit, pendant mon sommeil, iline sembla que j'étais dans la cour d’une école champetre, où, ave une de mes compagnes, je faisais quelque action innocente : ayant leve les veux vers le ciel, je le ouvert, et Notre-Scigneur Jésus-Christ, en form humaine, qui en sortait, et qui par Pair s’en venu droit à moi; le voyant, je nrécriai à ma compagn Ah! voilà Notre-Seigneur, c’est à moi qu'il vient... Cette suradorable Majesté s’'approchant de moi, mon cour se sentit tout embrasé de Son amour, et je con mençai à étendre les bras pour Pembrasser, Alors ce plus beau des enfants des hommes, avec un visu plein d’une douceur et dun attrait indicibles, men: brassa, et, me baisant amoureusement, me di Voulez-vous ètre à moi? Je lui repondis : oui: et ayant eu mon consentement, nous le vimes remonte au ciel.”
L'effet de cette premiere visite du céleste époux fut de dégager le cœur de Ia jeune vierge de toute aflection pour les amusements si naturels à son àgre, et de lui imprimer une vive inclination pour la vertu, en même temps que lPesprit de retraite ei de prière Ce premier rayon de Péternelle Jumière s’était réfléchi
avec tout son éclat dans cette âme, dont aucun souille
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erreatre avait terni le miroir rapide et sans ache,
Docile à Fesprit intérieur, elle faisait ses délices de eretirer dans les Heux solitaires, et dans les églises les plus recueillies pour vaquer à lai prière et a l'orsison, quoiqu'elle meût encore aucune idée de fa
e intérieure. Le divin Sauveur, en remontant doucement au ciel à sa vue, avait emporté avee fui mn ecur et son esprit, en sorte que Pun et Pautre s'y «levaient continuellement ; et ce divin baiser rempli
“ane d'une telle dévotion qu'elle ne cessa plus de
unir apres lui à Podeur de ses parfums. Durant «= longues visites au pied des saints autels, elle regardait prier les personnes pieuses, et voyänt leur posture humble et leur maintien respectueux, elle se prenait a penser que Dicu devait certainement tes aucer Alors elle s’appliquait à les imiter, et pissait ainsi de longues heures agenouillée modeste-
, tenant ses petites mains enfantines élevées vers ciel, et absorbée dans une sorte d’extase, Elle eitait ainsi avec Dieu de ses besoins spirituels avec une naive simplicité, certaine d'obtenir tout ce qu'elle demanderait avec humilité. Un charme invisible et secret, dont elle ignorait la cause, lui faisait désirer ardemment et savourer avec ivresse ces com- Hunications avec Dieu.
Tout son être étai: tellement épris des choses du el, que, même pendant ses petites récréations, ell
plaisait à imiter les actions de piété et de dévotion
Elle se mettait à genoux, se prosternait, joignait les mains, élevait les yeux au ciel, se frappait la poitrine, en un mot, faisait, par amusement, ce quelle voyar faire à Péglise, ou faisait elle-meme dans ses prieres
Ces pieux amusements, que les parents regarden: souvent, dans les enfants ordinaires, comme des signes de vocation à la vie ecclésiastique où reli. oieuse, lui canserent plus tard de euisonts remords et lui furent un grand sujet de armes peadant d longues années. Quoiquelle ment en cela aucun intention qui ne fût louable, elle Sen fiisait cependan damers reproches, ies regardant comme des défaut qui élevaient dans son âme de légers rares et inter ceptaient Péclat des rayons céleste < dont PEsprit Saint vouiait Pinonder.
Cette flamme divine du pur ‘unour, qui embrasai déjà le ecur de la jeune Marie, ne tarda pas à Sc pancher au debor en œuvres de charité et de bienfuisance CnvCr ain,et surtout envers les membres souffrants de Jésus-Christ. Elle était émue de con: passion chaque fois qu'elle vovait un pauvre onu infirme, Elle trouvait un charme indicible à les assister, à les vêtir et méme à les servir dans lens à besoins, Elle était heurcase de se trouver au milieu | d'eux, de rester en leur compagnie pour leur donn:r des paroles de consolation, et faire briller un rayon de lumière dans la nuit de leur misère, une étincelle de chaleur sur leurs membres endoloris. Elle aimait
à s'asseoir à table avec eux, et ne t'auvait aucune
ep contristé de les us:
pour les fois com AVCC HAITI et d’'aille eu cela &t Un Jou pPHvres, € l'on etait ç voyaient ] manche d levée en | Les voitui tout époux Dieu Jui devait son Elle qu ment récré de piété ; la charité personnes et se Jivrei du bien ir nmvincibler ceux qui } voir tant d
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PREMIERE EPOQUT, SI
épaynance à se nourrir de leurs restes. Elle était contristee lorsqu'elle se trouvait dans Pimpossibilité de les assister,et elle se serait dépouillée avec bonheur pour les couvrir. Son extreme charité lui fit quelquefois commettre des exces quelle avoue elle-smeme avec naveté ; mais son intention était toujours pure ; «4 d'ailleurs Dieu lui révéla plus tard qu'elle agissait en cela selon son inspiration.
Un jour qu'elle allait porter lPaumône à quelques panvres, elle passa par hasard près d'une voiture que l'on était occupé à charger. Les travailleurs qui ne la voyaient pas, ayant relevé tout à coup la voiture, la manche de sa robe s’accrocha au timon ; elle fut enlevée en Pair, et retomba avec violence sur le pavé. Les voituriers la crurent morte, et coururent vers elle tout épouvantés ; mais elle n'avait reeu aucun mal. Dieu lui fit connaitre alors intérieurement qu’elle devait son salut à sa charité pour les pauvres.
Elle quitta bientôt tous Les livres profanes ou purement récréatifs, pour s’adonner à lalecture desouvr es de piété; et elle cherchait à s'éloigner, aussitot que la charité le Jui permettait, de la conversation des personnes de son âge, pour se retirer dans la solitude, et se livrer, dans ses lectures pieuses, à la recherche du bien invisible vers lequel elle se sentait attirée mvinciblement sans pouvoir le comprendre. ‘Tous ceux qui la connaissaient étaient étonnés et édifiés de
voir tant de sagesse et de vertu dans un âge si tendre.
Elle-méme ne se rendait pas compte des divines opéra-
tions de Jésus-Christ dans son me ; elle se contentui d'écouter la voix intérieure qui s'élevait du fond de son étre et que lui murmuraient toutes les créatures, de suivre Pattrait de la grace qui Pentrainait vers loraison et la pratique de toutes les vertus. Comme une abeille qui ramasse la rosée des plus belles fleurs, afin d'en faire son miel, elle pratiquait avec une mer veilleuse fidélité tout le bien qu'elle voyait faire ; el se portait à cela non seulement sans peine, mai encore avec le plaisir qui accompagne pour Pordinair la vertu consommée.” L’Esprit-Saint, qui n’avai pas permis qu'elle eût d'autre directeur que Ini-méme. Péleva ainsi à une eminente sainteté, dont les pre. miers fruits furent une innocence et une pureté d’ange, une patience à toute épreuve, et une humilité que l'éclat des plus insignes faveurs ne put jamais ébranler un instant.
Ce fut à cette époque, c’est-à-dire vers lPâge de quatorze ou quinze ans, qu’elle se sentit entraînée par une inclination irrésistible vers la vie religieuse. Elle se rendait souvent en visite de piété à Pabbaye de Beaumont, dont Madame Anne de Babou de la Bourdaisière, proche parente de sa mère, était abbesse, Ce monastère, dont les religieuses suivaient la règle de Saint Benoit, était le seul qui fût connu dans la ville de Tours ; car les Carmélites ne faisaient alors que de commencer à y former un établissement.
En contemplant ces pieuses vierges dont la vie
pure et toute spirituelle s’écoulait sous le regard de
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S'entlum eut ete d Ces Hn2e SU INOrC 4 dit que l:
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Dieu. dans le silence et la prière, son imagination Sentlummait, et elle se serait crue en paradis &if ui eut ete donné de se méler pour toujours au chœur de ces anges consacrés au Seigneur. Elle s’en ouvrit à somere qui ti en témoigna beaucoup de joie, et lui dit que la supérieure, madame de Beaumont, étant sa parente, serait certainement fort heureuse de Padmettre au nombre des religieuses de son monastère ; mais elle ajouta qu'elle était bien jeune encore, et que était une affaire importante qui demandait du temps et de la réflexion.
li est certain que si à cette époque la Jeune Marie avait eu un directeur, elle eût embrassé dès lors la vie du eloitre; mais la direction spirituelle jui était absolument inconnue, etelle ne s’imaginait nullement quelle dût s'ouvrir à personne, méme à son confesseur, des affaires de sa conscience qui ne regardaient pas la confession. Corame elle était fort craintive, elle n’osa pas insister davantage. Sa mère, d’un autre côté, voyant qu’elle ne faisait plus d’allusion à ce sujet, crut, comme il était naturel de le supposer, qu’elle avait oublié son premier dessein, et comme enfant était d’ailleurs d’une humeur enjouée et d’un caractère fort gai, il n’est pas surprenant que sa mère ait pu croire que son inclination pour le cloitre n’avait été qu’une ferveur passagère.
Cette conduite était du reste conforme aux vues de la divine Providence qui voulait faire passer sa servante par tous les états, afin qu’elle pût devenir
en tout un véritable modèle de la femme forte «|
PEvangile. ‘11 m'est évident, écrivait-elle de |: Nouvelle-France à son fils, que Ja bonté de Dieu n me voulait pas à Beaumont, ni pour lors en quelqu religion que ce fût, eu égard à tout ce qui mes arrivé depuis dans le cours du temps par la disposi. tion de sa divine Providence sur moi; vous en serie? étonné, mon très-cher fils, si vous en saviez les parti.
cularités. Vous les saurez dans l'éternité.”
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Lorsqu
HIS, SOS P Mariage, avenir, qu Sainte enf:
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2 les sollici leinent et
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