‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 22 sur 118 · PIE ME EE · texte numérisé non relu

PIE ME EE

Ati LA MERE DE L'INCARNATION,

puisque c’est une résolution prise et qne mon per le veut absolument, je me crois obligée d’obéir à volonté et à la vôtre ; mais si Dieu me fait la grace de me donner un fils, je lui promets dès à présent di le consacrer à son service : et si ensuite il me rend la liberté que je vais perdre, je lui promets de m', consacrer moi-même.”

Ces paroles étaient une véritable prophétie, comm la suite de cette histoire le fera voir.

Après avoir vu ainsi s'évanouir tout espoir di sacrifier sa vie en holocauste au Seigneur, elle n songea plus qu’à obéir à la voix de Dieu, et à recevoir dans les dispositions les plus saintes le sacrement qui allait lui ravir la liberté, et dont les chaines devaient peser si lourdement sur elle. La Providence l’appelait à servir encore de modèle dans la réception de « sacrement trop souvent, hélas ! indignement profant. Elle comprenait toute importance qu’il y a d’éclairer des rayons de la grace cette voie semée de si danwereux précipices, et qui cache sous des fleurs tant de ronces et d’épines. Jamais peut-être depuis le jour où le bienheureux Saint Joseph gravit avee Marie les degrés du temple de Jérusalem, aucun époux ne conduisit à Pautel une vierge plus chaste et plus pure. Sa robe d’innocence était aussi éblouissante de blancheur qu’au jour de son baptème, et pas une fleur n’était tombée de cette couronne de lis que les anges avaient posée sur son front à son entrée dans la vie.

Aussitôt qu’elle se vit chargée de la conduite de si

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PREMIERE EPOQUEF, 87

maison, elle se Jivra tout entière à lPexamen des devoirs que son nouvel état l’obligeait de rendre à Dieu, à son époux, à ses domestiques et à elle-même, Fermant toutes les avenues de sa demeure aux attraits des plaisirs et aux dangereuses frivolités du siecle, elle y fitentrer avec elle la crainte de Dieu et l'ordre le plus parfait. M. Martin, son mari, possédait une manufacture de soieries qu’il dirigeait luiméme; ilétait en conséquence obligé de garder un grand nombre de domestiques et d'ouvriers. Le premier soin de son épouse fut d'étudier le caractère de chacun d'eux, de les entourer de prévenances et d'aflection, et de s'en faire aimer, afin d’acquérir de ascendant sur eux, pour les guider ensuite dans les voies de Ta vertu. Elle les réunissait chaque soir pour faire la prière en commun ; et elle veillait avec soin à ce qu'ils S'acquittassent de tous leurs devoirs comme de bons chrétiens. Souvent elle les faisait approcher du sacrement de pénitence, afin de conserver leurs âmes dans lPinnocence, Et pour les exciter davantage à la pratique des bonnes œuvres, elle allait écouter lg parole de Dieu, “d’où, connue son fils, retournant, comme Moise, la tête toute remplie de lumière, elle leur répétait ce qu’elle avait entendu, en y ajoutant ses propres pensées.” Elle sut si bien s’insinner en peu de temps dans eur esprit qu'ils fnirent par la regarder plus comme

leur rière que comme leur maîtresse. Et lorsque,

dans la suite, ils la virent courbée sous le fardeau des

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