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PREMIERE EPOQUE, li
Apeineeut-clle repris sa premiere pratique d'oraison qelle se sentit completement soulagee ; et quoique le violent mal de tête qu'ell “avait contracté ne cessil de la tourmenter pendant deux années entieres, elle Men continua pas moins de marcher à grands pas dans les voies de la perfection qui S'ouvraient chaque jour plus larges devant elle, sous Ta sage conduite de
son nouveau directeur. Elle ressentit de plus en plus
un ardent désir des souffrances et des hüumiliations, fut au comble de ses vaux lorsqu'elle vit qu'elle pouvait en rencontrer tous les jours des ocei sjons dans la nouvelle situation où elle se trouvait
chez sa sœur, Aussi mattendit-elle pas qu'on lui
preserivit aucun emploi; elle choisit ellesméme ce qu'il y avait de plus pénible et de plus humiliant
le service des domestiques et de la cuisine, Comme
elle prenait grand soin de cacher les talents naturels quelle possédait, Dieu permit qu'on vint à se per-
suader quelle n'était capable d'aucun autre emploi,
obstacle dans la voie d'un plus grand bien !{
Et d'ou me sont venus à moi
tous les biens, si ce n’est de vous ? Je ne veux point penser qu'en ceci, j'aie commis de faute, car j'en éprouve une trop vive douleur, et certainement ce etait que de l'ignorance, Aussi, vous eétes-vous hâte d'y apporter remède ; dans votre bonté, vous n'avez envoyé des personnes pour me tirer de cette erreur ; vous avez fait plus, vous avez daigné vous iontrer& moitrés-souvent ; c'était, 0 mon Maitre, pour me faire comprendre plus cluirement combien grande était cette erreur, pour que je le fisse comprendre à plusieurs autres à qui je Pai dit; enfin, pour me le faire ecrire tnainterant en cet endroit, Quant à moi, je suis convaincue que S plusicurs âmes, arrivées à l’oraison d'union, n’avancent pas avantage, où ne parviennent pas à une très-grande liberté d’esprit, ce qui les arrete, c'est cette fausse idée.”?
chap. 29,
Sainte Thérèse, Sa vie écrite par elle-méne,
et que les domestiques mêmes, profitant de son silence, de sa douceuret de son obéissance, latraitassent ave hauteur, jusqu'à #’attribuer une espèce d'autorité 0 d’'empire sur elle, Mais ces mauvais traitements e1 l'étrange conduite de son beau-frère et de sa sœur, à son égard, loin de la rebuter et de Paigrir contre eux, ne ser. virent qu'à lui faire aimer davantage sa condition ; elle croyait y trouver autant de trésors qu’elle y rencontrai d’'humiliations et de mépris. “Je faisais, dit-elle, l’oflice de servante envers les domestiques de mon frère et de ina sœur, et quelquefois Pen avais cinq où six de malades sur les bras, Je n'avais garde de
souffrir que d’autres en prissent soin, et jusques aux
choses les plus viles, je n’eusse pas voulu les laisser
faire aux servantes ; mais je les faisais en cachette, en sorte que quand elles se présentaient pour sen acquitter elles trouvaient tout fait.”
Telle fat la vie de la servante de Dieu pendant l’espace des trois ou quatre premières années qu’elle demeura chez sa sœur; années de joie et de bonheur pour elle, car au milieu de cette vie abjecte et de ces actions basses et humiliantes, pour lesquelles la nature a ordinairement tant de répugnance, lPamour dont son âme était embrasée pour Jésus-Christ lui faisait trouver une allégresse incroyable. La joie de son cœur était si grande dans les humiliations qu’elle en concevait même du scrupule. Elle crut devoir s’en ouvrir à son directeur dans la crainte qu’il n’y eût du péché ou de lPimperfection. Tel était même son
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PREMIERE EPOOUE, 113
anour pour la soutlrance, qu'elle prenait plaisir a se bruler elle-même, lorsqu'elle travaillait pres du feu, eu pensant à Pamour divin dont elle souhaitait d’étre cousumée, Tant d'héroisme et de constance dans les humiliations, tant d'amour pour les souffrances, ant de fidélité aux grâces du ciel ne pouvaient manquer d'attirer sur elle une surabondance de dons celestes ; car Dieu ne sollicite Pamour de sa créature que pour Pinonder de ses bienfaits. Et dès que l'âme y correspond, un abîime de grâces attire mille autres abunes, Aussi la majesté divine la disposa-t-elle par une dernière faveur à entrer dans une nouvelle phase de perfection, en lui inspirant l’idée la plus sublime de la pureté qui doit orner une âme pour étre digne de lui étre entièrement consacrée, et de participer aux chastes noces de PEpoux.
“ Un jour, dit-elle, que j'étais en oraison devant le Suint-Sacrement, je me trouvai dans un grand recueillement intérieur, et il me fut montré que Dieu “tait comme, une grande mer qui rejetait de lui tout ce qui ressent la mort et Pimpureté. Il m’instruisait par là qu’il voulait de moi une très-grande pureté d'âme ; ce qui me donna une telle délicatesse intéricure, que le moindre atome d’imperfection me semblait une monstrueuse impureté, qui séparait mon âme de ce Dieu de pureté. Je ne voulais autre chose qu'être abîmée dans cette grande mer, de crainte d’amasser des souillures, qui me rendissent
indigne d’être toute à Dieu. Je ne faisais que dire,
6 pureté ! à pureté ! cachez-noi en vous, o grande
mer de pureté ! rien ne me pouvait distraire ; etil me
semblait que cette grande mer eût rompu ses bornes
sur moi, que j’y étais toute submergée, et que je perdais
de vue toute autre chose.”
Ainsi la plus solide humilité jointe à l’abnégation
la plus parfaite, et une pureté de cœur séraphique,
telles furent les deux ailes qui furent données à cette
colombe du Seigneur, pour s’élancer vers le ciel, et
s’élever à des hauteurs tellement inaccessibles que
l'œil a peine à l'y suivre, et qu’elle seule pourra nous
en raconter les divines splendeurs.
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profondeu:
aussi à not la mer, © jusqu'aux montagnes nelles, do:
blancheur :
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