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& CONVOIS de res, brûlant, 1. Favorisés offraient un ètre vus, AUX derrière un les joncs du ette patience de quelque
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serpents autour des maisons, cherchant à surprendre quelques familles éparses et sans défense. Malheur au colon attardé le soir sur la lisière du bois, ou courbé sans défiance sur son champ, ou bien cotoyant de trop près dans son canot le rivage du grand fieuve ; une balle inconnue Patteignait tout-à-coup, et avant que le malheureux blessé eût eu le temps de se connaitre, le féroce Troquois, poussant son terrible eri de guerre, s’élançait sur lui et lui enlevait la chevelure.
Afin de se défendre contre ces nuées d’ennemis, le nouveau gouverneur, M. D’Ailleboust,' avait fait ériger dans les principaux centres d’habitations, des forts environnés d’une enceinte de palissades, et armés de quelques pièces de canons. Au premier signal d'alarme, les colons se réfugiaient dans ces forts, et se mettaient en état de défense. En outre, chaque habitant faisait de sa maison une petite forteresse, où il pouvait tenir tête à un bon nombre d’assaillants. Durant le jour, partout où il allait, au champ, au bois, à la pêche, son fusil ne le quittait jamais ; et à la première alerte, la hache ou le hoyau lui tombait des mains, et il couchait en Joue son ennemi, avec une dextérité admirable.
Mais malgré toute cette vigilance et cette bravoure, chaque semaine était témoin de lamentables accidents.
On entendait sans cesse parler de prisonniers attachés
1. Il avait succédé en 1648 à M, de Montmagny, et semblait avoir hérité de toutes ses précieuses qualités.
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au poteau, de têtes scalpées, de membres mutiiés, de femmes, d'enfants torturés, écorchés, brûlés vifs Le récit de ces malheurs, meélés à ces horribles raflinements de cruautés, semait Pépouvante parmi lt population en deuil.
Incapable d'atteindre, dans sa retraite impénétrable, un ennemi invisible, qui frappait dans l'ombre et s’évanouissait sans laisser aucune trace, on «e demandait avec désespoir si la colonie, ainsi harcelce de tous côtés, ne serait pas bientot décimée et sub. mergée dans son sang. On attendait avec impatience des secours de France qui n’arrivaient point. La situation paraissait si critique, qu’on députa en Europe le P. Jérôme Lalemant, supérieur des missions, accompagné de quelques-uns des principaix habitants du pays, pour aller exposer l’état désespéré des affaires, et implorer de prompts secours.
Cependant au milieu du deuilet de la consternation générale, la Mère de l’Incarnation et quelques autres âmes fortes et magnanimes restaient fermes dans leur confiance en Dieu, et relevaient les esprits abattus. Dans une lettre adressée à son fils, le 17 septembre 1650, elle trace une peinture fidèle du calme parfait dont elle jouissait,
‘ Quelque délabrées que soient les affaires, n'ayez point d'inquiétude à mon égard, je ne dis pas pour le martyre, car votre aflection pour moi vous porte à me le désirer; mais j’entends des autres outrages qu’on
pourrait appréhender de la part des Iroquois. Je ne
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vois aucun sujet de craindre, et si je ne suis bien trompée, j'espère que les croix que PEglise souffre maintenant, seront son exaltation, Tout ce que jentends dire ne imabat point le cœur; et pour vous en donner une preuve, c’est qu'à Pâge que Pai, j’étudie la langue huronne ; et en toutes sortes d’affaires, nous agissONns comme si rien ne devait arriver.”
Le P. Lalemant avait été tellement frappé, avant son départ, de cette magnanimité, qu'il y trouvait un nouveau gage d’une protection spéciale de la providence. Le quatrième sujet de consolation que Je voyais dans ce pauvre pays désolé est le courage et la générosité de nos religieuses tant Hospitalières, qu'Ursulines,...,.; c’est une des espérances que jai de la conservation du pays, ne pouvant penser que Dieu abandonne des âmes de cette nature, si saintes et si charitables. [me semble que tous les anges du paradis viendraient plutot à leur secours, si tant est que les hommes de la terre manquassent de procurer leur conservation en ce nouveau monde.” ‘
La main quiconduisaitles événements, et couvrait de son égide Péglise du Canada, était d’ailleurs trop visible pour n'être pas entrevue par les moins clairvoyants. Chaque jour, elle se manifestait par des merveilles, dont le mystère même révélait son action. Trompant toutes les prévisions humaines, elle mettait
à néant toutes les ressources, et lorsque tout paraissait
l. Lettre adressée du Havre-de-Grâce au P. Provincial de France.
désespéré, elle faisait mouvoir de secrets ressorts, qui
opéraient tout à coup la délivrance, c
‘ Dans ce pays, dit encore la Mère de PIncarnation, | |
et dans l’air de cette nouvelle église, on voit régner [
un esprit qui ne dit rien qu’obscurité. Tous les e
L événements qui nous arrivent sont des secrets cachés É c ' dans la divine providence, laquelle se plait d'y aven- 1 (4 } gler tout le monde, de quelque condition et qualité 4 | qu'il soit. J’ai vu et consulté là-dessus plusieurs el personnes, qui toutes m'ont dit: Je ne vois goutte en pi
toutes mes affaires, et néanmoins nonobstant mon ul
aveuglement, elles se font sans que je puisse dire sl
comment. Cela s’entend du pays en général et de 4 ra
Pétat des familles en particulier.” | lin
Revenant plus tard sur le même sujet, elle ajoute: Æ@ cté
‘ Mais la façon avec laquelle Dieu gouverne ce Jo
pays est toute contraire. On ne voit goutte, on marche 4 si à tâtons ; et quoiqu’on consulte des personnes très. 1 no!
éclairées et d’un très-bon conseil, pour Pordinaire 1 à |
les choses n’arrivent point comme on les avait prévues 1 sel
et consultées. Cependant on roule, et lorsqu'on
pense être au fond d’un précipice, on se trouve
debout. Lorsqu’on entend dire que quelque malheur
est arrivé de la part des Iroquois, chacun s’en veut
aller en France ; et au même temps on se marie, on
bâtit, le pays se multiplie, les terres se défrichent et
tout le monde pense à s’établir.” !
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