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son sang-froid, trouvaient les ver une partie, eds et à demix papiers de la nbre. ‘Dans flammes, ditesprit, et ui
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TROISIÈME EPOQUE. Dre
mouvement de peine, de tristesse, ni d'inquiétude ; mais Je baisais en silence et avec amour la main qui nous frappait. Il me semblait que j'avais dans moiméme une voix intérieure qui me disait ce que je devais faire, où je devais aller, ce que je devais jeter par la fenêtre, et ce que je devais laisser périr par le feu. Je vis en un moment le néant de toutes les choses de Ta terre, et il me fut donné une grace de dénüment si grande, que je ne puis exprimer son eflet ni par paroles ni par écrit. Les bénédictions que mon âme donnait à Dieu au milieu de ce désastre “aient aussi fréquentes que mes respirs, et je ne pouvais me détacher de cette union à la volonté divine.”
Ayant aperçu son crucifix sur sa table, elle le saisit pour le jeter par la fenêtre, mais arrétée par un senument de respect, elle le remit à sa place. Ce fut alors qu'en sauvant les papiers, elle mit par hasard la main sur les cahiers contenant la relation de sa vie, quelle avait écrite par Pordre de son directeur. Un premier mouvement d’obéissance Jui dicta de les soustraire aux flammes avec le reste ; mais reconnaissant ensuite la volonté de Dieu dans l’occasion providentielle qui lui était offerte de les antantir au moment où ils étaient exposés à tomber en des mains inconnues, elle les rejeta sur la table. Tout cela se passa en moins d’un miserere,” car déjà le feu pénétrait dans le dortoir, interceptant Pentrée de la
chambre où elle avait d’abord voulu aller, et ot elle h |
aurait infailliblement péri. L’étage inférieur était tout embrasé, tandis que la flamme, activée par les substances résineuses renfermées dans le bois dont le monastère était construit, courait avec une rapidite effrayante tout le long du toit. Ainsi placée entre deux feux, et poursuivie par un troisième qui envahissait tout comme un torrent, elle se fraya un chemin à travers les cloisons enflammées, et les poutres eroûlantes, Ne trouvant point d'autre issue, elle descendit en pars sant sous le clocher que des tourbillons de ffummies léchaient de tous côtés, et dont la cloche, détachés de ses appuis, faillit Pensevelir sous les décombres, Dans l'intervalle, la Mère de Saint-Joseph et la Sœur Saint-Laurent avaient rompu la grille, qui était que de bois, afin de se sauver avec une partie des enfants qui s'étaient réfugiées toutes tremblantes dans le dortoir. Cependant ies plus jeunes étaient encore au milieu du danger ; alors la Mère de Saint Ignace se dévoua pour les arracher aux flammes Elle revint sur ses pas à travers les cloisons en feu, et les ramena saines et sauves, au moment où les planchers craquaient de toutes parts, prêts à croûler. Ce fut à cet instant que la Mère de PIncarnation déboucha dans le dortoir, et se trouva seule dans Île monastère devenu un immense brasier. Promenant alors ses regards autour d'elle, avec son calme ordinaire, et voyant qu’elle n'avait plus rien à sauver, et gwelle aliait périr, elle fit une inclination profonde à
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vidence, et s’échappa, presque étouflée dans la fumée, par le parloir qui s’ouvrait à Pextrémité du dortoir.
Le Supérieur des Jésuites, accouru en toute hâte avec les autres Pères, avaient sauvé à grande peine le Saint-Sacrement et les ornements de la sacristie. L'un des Pères, ayant voulu enlever quelques autres objets, faillit y périr. Une femme huronne, fervente chrétienne qui logeait dans l monastère, ne s'étant pas réveiilée assez vite, se trouva cernée par le feu, et néchappa qu'en se jetant du deuxième étage sur un cbemin durei par la glace, où elle faillit se tuer. On la releva sans connaissance, la croyant morte ; mais elle revint à celle et ne ressentit aucune lésion grave.
La Mère de Saint-Athanase s’était trouvée la première hors du monastère ; elle s'était hâtée d’aller ouvrir les portes, et avait été se réfugier sous le vieux frène, se croyant suivie par une partie de la communauté ; mais en se détournant, elle ne vit personne autour d’elle, et erut à un immense malheur. Ses cris déchirants appelaient ses sœurs; mais la nuit seule répondait à ses sanglots. Enfin elle se jeta, épuisée, à genoux sur la neige, et fit un vœu en l’honneur de l’Immaculée-Conception.
A peine Peut-elle prononcé, qu’elle les vit venir accompagnées de toutes les élèves qui se rangèrent autour de leur mère. Seule la Mère de lIncarnation manquait encore ; tous les regards plongeaient avec avidité au travers de la foule qui accourait de toute la
ville et encombrait les avenues. Le plus grand de
tous les malheurs serait-il donc arrivé? Celle dont lee Jours étaient les plus précieux, Pâme de la communauté, la colonne du monastère aurait-elle péri - L’anxiété, Pangoisse étouffaient tous les sanglots, toutes les lamentations ; enfin on la vit venir, et on la reconnut à son pas tranquille et assuré, à sa démarche ferme, qui révélait le calme et la sérénité inaltérable de son âme. Tout le monde respira plus librement. En rejoignant le groupe désolé, la Mère de PIneurnation fut témoin d’un spectacle capable darracher des larmes aux cœurs les plus insensibles. Toutes les pensionnaires, françaises et sauvages, étaient debout nu-pieds sur 1: neige, pressées les unes contre les autres, et grelottant de froid, n'ayant pour tout vétement que leurs chemises. A leurs côtés, Madame de la Peltrie, d’une santé si délicate, et si sensible à la moindre froidure, pieds-nus, comme les autres, sur la neige, n’était couverte que d’une petite tunique qu’elle avait jeté sur ses épaules en fuyant devant Pincendie. Mais ce qui était plus navrant encore, c'était de voir la Mère de Saint-Joseph, toujours souffreteuse depuis plusieurs années et dont la maladie s'était aggravée encore durant l'hiver, aussi peu vétue que ses compagnes, la paleur de la mort sur la figure, et toute transie de froid. “Si elle eût eu autant de force que de courage, dit Ia Mère de l’Incarnation, nous eussions sauvé, elle et moi, une