‹ Histoire de la mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 93 sur 118 · partie de ce qui était au dortoir, mais elle était si · texte numérisé non relu

partie de ce qui était au dortoir, mais elle était si

faible qu’en voulant remuer son matelas, les bras

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lui manquaient ; il n°v eut que le mien de sauvé, avec ce qui me couvrait.”

La Mere de Pincarnation se dépouilla de ses habits pour couvrir la chère malade, malgré ses résistances, et demeura, comme les autres, exposte à la rigueur de Phiver; car le peu de vêtements, qu'elle avait jetés par sa fenétre, s'étaient accrochés aux grilles du rélectoire et avaient été consumés avec le reste.

Ce fut alors un combat de charité entre celles qui étaient moins nues que les autres; chacune voulant donner une part de son vétement, ses pantoufles, ses bas, un lambeau de costume pour vétir sa voisine moins fortunée. L’héroisme de la Mére de Pincarnation avait tout à coup passé dans le cœur de ses compagnes, Au trouble et à lPabattement avait succédé la plus parfaite résignation, ettoutes ensemble se jetèrent à genoux et remercièrent Dieu de les avoir jugées dignes de cette supréme épreuve. Les témoins de cette scène, ravis d’une telle générosité parmi un dénûment si complet, ne pouvaient revenir de leur admiration, et fondaient en larmes d’attendrissement et de compassion. L’un d’eux, tout stupéfait d’étonnement, s’écria: ‘% Voilà de grandes folles ou de grandes saintes.??

“Il ne savait pas, ajoute la Mère de Pincarnation, ce que celui qui nous touchait de sa main, opérait pour lors dans nos cœurs.”

L’incendie était en ce moment dans toute sa

violence, La nuit était sereine, le ciel brillamment

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étoilé, le froid tres-vif ; mais un calme parfait régnait dans Patmosphère. De Pimmense brasier jaillissaient des tourbillons d’étincelles, qui retombaient en pluie de feu sur la forêt, le fort Saint-Louis, la demeure des Jésuites et les maisons voisines, menaçant d'incendie: la ville entière. Les clameurs de la foule qui s’agitait autour des flammes, les sanglantes lueurs qui illuminaient tous les visages de teintes fauves, et rougissaient le sol et les arbres chargés de neige, lPéblouissante clarté qui se projetait au loin sur la nuit et trans. formait les ténèbres en un jour éclatant, tout s’unissait pour augmenter lhorreur de ce sinistre spectacle, Au plus fort du danger, une faible brise s’éleva du coté du fleuve et entraina les flammes vers PEsplanade où s’étendaient alors le jardin et les champs des Ursulines. Cet heureux incident préserva la ville d’une acestruction imminente.

Enfin, en moins de deux heures tout fut consumé, et il ne resta debout que les murailles noircies, d’où s’'échappait une épaisse fumée. Tout ce que les Ursulines possédaient de vêtements, de provisions, de meubles était anéanti.

Après les premiers moments de confusion, le Supérieur des Jésuites ‘ rejoignit les malheureuses victimes, et les conduisit à la résidence des Pères. Les enfants furent confiées aux principaux citoyens, qui

leur prodiguèrent les soins les plus affectueux ; elles

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