CHAPITRE V
Notices isioGRAi'HKjrKS
XP()vSONS, par le moyen de courtes bio^u^rapliies, les états de service des Canadiens-F'rançais qui ont laissé un nom dans les annales de notre milice, durant la période de 1760 à iSis. Ce sera le couronnement de cette partie de notre humble travail.
Aussi loin que l'on peut remonter, c'est-à-dire au dixième siècle, on rencontre dans le Bordelais la famille Vassal, qui y est encore aujourd'hui. FrançoLs-Gennain-Bonaventure Vassal, seigneur de Mouviel, arriva en Canada avec le régiment de Béarn, où il était capitaine, en 1756, et se maria en 175S avec M"'' Boucher de Laperrière. Créé chevalier de Saint-Louis eu 1 739, tué à la bataille de Sainte-Fo ye en 1760, il laissa un fils, Françoi.s-Xavier, qui étudia au collège Saint- Raphaël de Montréal (vSulpiciens), et prit la carrière militaire. A peine âgé de seize ans, celui-ci s'enrôla volontaire dans la levée de 1775 contre k-s .américains, fut nommé sergent l'année suivante, et bientôt après il eut une commission d'enseigne dans l'une des trois compagnies que le général Carleton organisa parmi les milices et qu'il tint sur pied jusqu'à 1783. \'assal fit ensuite deux voyages en Angleterre et un en France pour des affaires de famille, puis navigua sur le fleuve, occupé au transport des troupes et des effets militaires. En 1793, on le nomma lieutenant au "Royal Canadien"; il passa capitaine en 1796 et servit dans ce corps juscpi'à 1S02. Le 26 décembre 1807, sir James Craig le nomma assistant adjudant général des milices du Bas-Canada, avec le grade de lieutenant-colonel. A la retraite de M. Baby (devenu très âgé), \'assal fut nommé adjudant général le 20 mars 1812. Il abandonna cette charge en 1S41 et mourut deux années après. C'était un aimable causeur, un homme de salon, sachant tourner un couplet comme n'importe quel académicien, et \ivant très entouré par ceux qui aimaient la bonne compagnie et les conversations spirituelles. Crand travailleur, il a été surchargé d'ouvrage sans jamais en être accablé. La durée de ses services militaires est telle que nous lui donnons la première place dans cette collection de biographies.
Lacorne de Saint-Luc, l'un des plus remarquables caractères du temps de la conquête. Admiré des Canadiens, sui\i avec enthousiasme par les vSau\ages, orateur, écrivain, prestigieux en tout, il résunuiit en sa personne les pouvoirs qui, à présent, sont divisés entre les journalistes, les députés au parlement et les ministres du gouvernement. Sa carrière embrasse un demi siècle de luttes et de travaux rcmarciualjles. Il fut nommé conseiller législatif en 1774, prit part à la défense de vSaint-Jean l'année suivante, puis commanda les Canadiens et les Sauvages, sous Burgoyne, dans les mêmes endroits où il s'était illustré vingt années auparavant.
Louis-Joseph Fleurv d'Eschambault, né eu 1756, à Ouél)ec, étudia à La Flèche, en France, devint page de Louis X\', rentra dans la colonie, se trtuiva eu 1775 au
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siège du fort Saint-Jean, fut nommé, deux an.s plus tard, iiisjK'ctc-ur de milice, et, en 17S8, capitaine au 60"' régiment. Major de brigade en 1796, grand ami du due de Kent, il était à cette époque l'officier canadien-françai.s le plu.s en évidence. Sir Robert Prescott lui confia (1796) la charge de député surintendant des .Sauvages, et, en 1799, il devint aide de camp pro\incial. Il consentait néanmoins le rang de major an 60''. Comme quartier-maître de la milice (avec le grade de lieutenant-colonel) du Ba.s-Canada, durant la guerre de 1S12-15, il rendit des services utiles et intelligents. Cette grosse question de la nourriture et de l'équipement des troupes, qui décide assez souvent du sort des opérations militaires, batailles comprises, il la résolut de main de maître, et ne se contenta point de servir le Bas-Canada, mais étendit .sa gestion sur une partie de la province su])érieure. Napoléon 1" titrait les hommes de cette valeur.
La famille de Salaberr}- est originaire du pays basque, s'était fixée parmi nous en 1735, dans la personne de Michel d'Irumberrv de vSalaberry, capitaine de frégate. C'était un des ])lus beaux, des plus robustes et des plus vaillants hommes de son temps. On le voit prendre part aux luttes héroïques qui se terminèrent par la cession du pays. Créé chevalier de Saint-Louis pour ses services militaires, il consacra le reste de sa carrière aux travaux des champs. Son fils, Louis-Ignace-Michel-Antoine, né à Beauport, le 25 juillet 1752, fut le premier élève qui entra au séminaire de Québec, lorsque cette institution rouvrit ses portes, en 1763. Il prit du service en 1775, reçut plusieurs blessures, se tnnna à la défense du fort Saint-Jean, puis à l'armée de Burgoyne, et fit les campagnes qui se terminèrent par le traité de \'ersailles en 17S3, date où il passa à la demi paie. Après la guerre, il se fixa au manoir de Beauport, et y réunit la plus belle société du temps. C'est là qu'il reçut le due de Kent, de 1791 à 1794, et contracta avec ce prince la longue amitié que nous révèle leur correspondance jusqu'à 1S19. Nommé juge de paix en 1792, et élu député à l'assemblée légi.slative la même année, il abandonna la politique en 1796 pour de\enir major du " Ro^-al Canadien." Kn 181 1, il fut nommé conseiller législatif, et en 1S12 on le mit à la tête d'un bataillon de la milice d'élite. Trois de ses fils, Maurice-Roeh, Louis et Edouard-Alphonse, périrent, de 1S09 à 1S12, dans la guerre, en Espagne et aux Indes, au service de l'Angleterre. Il ne restait plus que l'aîné, qui venait en ce moment d'être mis à la tête des voltigeurs canadiens.
François IMarie Picoté de Belestre se fit d'abord remarquer dans la guerre contre les Sauvages du Détroit en 1748, fut chargé du gouvernement de ce poste en 1756, .se rendit très utile sur l'Ohio en 1758, eut à remettre le Détroit aux Anglais en 1760, après la capitulation de Montréal, fut lumimé conseiller législatif eu 1774, se signala par son zèle durant l'invasion de 1775, reprit Saint-Jean sur les Américains, repoussa vSchuvler, défendit Chanddv quarante-cinq jours contre Montgomery, et laissa une réputation d'invincible.
Charles-Michel de Langlade était arrière-petit-fils de Pierre Mouet de Moras, officier au régiment de Carignan (1665). Il naquit à Michillimakinac et se fixa à la baie \'erte du lac ]\Iichigan (1745). Ses aventures parmi les Sauvages rempliraient un volume. A répoqne de la guerre de Sept Ans, il commanda un parti des " nations," et déploya une intelligence militaire de premier ordre, qui se manifesta d'abord à la bataille de la Monongahéla. Suivi de ses guerriers indiens, il fit tontes les campagnes de 1754-60, et resta constamment en vite. On ne peut contester que, si Montcalm eut écouté ses conseils, le combat de Montraorenc}' devenait un désastre complet pour l'année de Wolfe, et que peu après, aux plaines d'Abraham, il indiqua nettement ce qu'il y avait à faire
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pour repousser les Anglais. Eu 1764, lors du soulèvcuieut de Poutiac, il se rendit utile à la cause anglaise par ses avis et ses actions. Son père et lui continuèrent après cela cà faire la traite des fourrures à la baie \"erte. Lorsque la guerre de la révolution américaine éclata, il reprit le mousquet à la tête des Sauvages, sous le drapeau britannique, et se montra digne de son valeureux passé. Devenu agent des Sauvages, il conserva cette charge jusqu'à sa mort, au mois de janvier iSoo. Les Américains le nomment " le père du Wisconsin."
Charles Réaume, né à Ouébec, homme instruit, visita l'ouest ])our y faire du comuierce,
retourna momcutanémeut dans sa ville natale, se jeta dans le service militaire durant l'invasion de 1775, connue son beaufrère le capitaine Bellet, ensuite s'établit à la baie Verte, devint capitaine des Sauvages, parcourut de \astes territoires de traite, retourna à la baie, y prit la charge de juge, plus tard redevint traiteur, se créa un nom légendaire dans l'Ouest, et mourut sans fortune après avoir manié beaucoup d'argent.
Le chevalier Joseph-Antoine- Guillaumc de Lorimier et son frère Jeau-Tliimuis appartenaient à une fauiille luilitaire qui datait de 1677 parmi nous. Ils rendirent de grands services au fort Saint-Jean. L'un des iîls de ceux-ci représenta le comté de Huntingdon eu 1792. l'n autre de Lorimier se trouva à l'affaire de Beavcr Dam en 1.S13, et la même année un autre fut tué à la bataille de Chrvsler Farui.
Jean-Baptiste Bouchette commandait un brigantin sur le fleuve, l'automne de 1775, lors-
\ ' ",' ' ' que le gouverneur Carleton fut
obligé de fuir de ^Montréal, c|ui était tombé au pouvoir des Américaiirs. Ijouchette s'offrit pour le conduire à Ouébec, en passant à travers les patrouilles de l'ennemi. La capitulation avait eu lieu le 12 novembre, et le gouverneur était monté à bord du l)rigautin de Bouchette, qui passait pour le premier manœuvrier du fleuve. On eut bientôt connaissance que le colonel Eaton avait
été détaché à la poursuite, mais Bouchette n'était pas seul son l)âtiment, tira des bordées qui l'éloiguèrent du côté de L son jeu que Eaton fila vers Repentigny, croyant être sur
fleuve ; il déguis; et masc|ua si bici j piste. Bouchette
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le suivit le 13, et arriva le 14 à Lavallrie, où se trouvait le capitaiue Bellet, lequel avait fait basting'uer sa goëlctte et trausi^orlait les poudres de Moutréal daus l'espoir de les livrer à Québee. Bellet était uu uiariu d'uu courage et d'uue adresse reconuus. Le veut souffla nord-est jusqu'au 16 iuclusiveuieut, ce qui les empêcha de poursuivre leur route. La nuit du 16 au 17, le gou\erueur, déguisé eu habitaut, aiusi cjue de Xiver\ille et Lauaudière, se coufia au capitaiue Bouchette et au sergeut Boutillet ; tous ciuq montèrent daus une embarcation légère, et, après sept ou huit alertes où ils se crurent ])ris chac|ue fois, ]iar\inreut aux Trois-Rivières à midi sonnant. Ils payèrent d'audace et se mirent à table dans une maison qui logeait des officiers américains, ensuite, sur les trois heures, ils se rembar(|uèrent sans que le gouverneur eut été reconnu. Ils arrivèrent à Ouébec le dinuinchc 20 novembre, après midi, et de suite on organisa la défense. Dès le 14, .\rnold, avec une aile de l'armée américaine, était campé sur les plaines d'Abraham. Bellet avec ses poudres passa à travers les flottilles ennemies et arriva sain et sauf au quai de la basse-ville. Bouchette fut nommé commandant sur le lac (Ontario après la guerre, et servit avec autant de zèle que d'intelligence; il mourut dans ce poste en 1802. vSon fils Joseph fut le géographe dont les travaux n'ont pas été surpassés, même en Europe.
François Bellet, né en 1730, à Charon, près La Rochelle (France), s'était marié à Ouébec en 1748 avec Marie-Aune Rhéaume, et leur fils, Antoine-François, était âgé de vingt-cinq ans en 1775. Tous deux étaient navigateurs, et durant les années 1775-76 furent capturés à tour de rôle par les .Américains, nuiis ils trouvèrent le moyen de se faire relâcher. Le fils mourut en 1S27. L'exploit de Bellet père, en sauvant les poudres de ]\Iontréal pour les transporter à Ouébec, au milieu des embarcations américaines qui sillonnaient le fleuve sur ce parcours de soixante lieues, le range parmi les habitants du pavs auxquels nous devons d'avoir échappé à la conquête américaine.
Le sergent Boutillet dc\ait être François Boutillet, du Chàteau-Richer, alors âgé d'à peu près trente ans. Il vivait encore vers 1S30, et demeurait dans le bas du fleuve, d'après ce que nous a dit R.-vS.-M. Bouchette (fils de Joseph, le géographe), qui a été lui-même un bon patriote et un homme de sens.
Charles Tarieu de la Xaudière était l'arrière-petit-fils d'un officier du régiment de Carignan, arrivé de France en 1665, et il était, avec ses frères, la quatrième génération militaire de sa famille en Canada. Lieutenant au régiment de la vSarre durant la guerre de Sept Ans, il se retira ensuite sur sa seigneurie de vSainte-Aune de la Pérade, puis devint aide de camp de sir Guy Carleton ; contribua, avec Bouchette, à sauver ce gouverneur en 1775, en lui faisant tra\erser nue partie de l'armée américaine. Il leva alors une compagnie de volontaires, prit part à la défense du fort Saint-Jean, suivit Carleton en Angleterre (1778), devint grand voyer de la province, surintendant des postes, et enfin membre du conseil législatif en 1792. vSa descendance existe encore.
Le chevalier de Xiverville, dont l'ancêtre avait été anobli pour services militaires rendus en Canada avant 1660, comptait dans sa famille une dizaine d'officiers de milice souvent mentionnés dans l'histoire des X\'IL et X\'IIP siècles. Il était chevalier de Saint-Louis depuis la guerre de Sept Ans. Sou fils servit en 1S12-15.
Alexandre Dumas était marchand à Ouébec et intéressé dans les forges Saint-]\Iaurice. En 1775, il fut nommé capitaine de milice et, à la défense du Saut-au-Matelot, se conduisit avec une habileté et une bra\oure qui lui valurent des félicitations universelles. Vers 1782 il se fit recevoir notaire; sou greft'e va de 1783 à 1802. En 1 7S4 il devint avocat, puis major de milice et, en 1798, député à l'as.semblée législative.
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François Dambourg-ès joua nu rôle prépondérant an combat dn Sant-au-Matelot, le 31 décembre 1775, où fut tué k- général Montgomery. Il y reçut, à travers la figure, un coup de sabre dont il ])orta les traces tonte sa vie, ce qui lui valut de la part dn duc de Kent le surnom de capitaine Balafré. Il s'était enrôlé, vers 1774-75, dans le " Roval Emigrant," corps organisé à la hâte par le gouverneur Carleton, mais il était bientôt passé au 84"" de ligne et appartenait à ce régiment lorsqu'il eut connaissance de la marche de Montgomerv pour surprendre la basse-ville de Québec au Sant-au-Matelot. Kn 17X9, il était colonel de milice, et le lieutenant-colonel Pierre Marcoux était sous ses ordres. Ils furent élus tous deux à l'assemblée législative de 1792. En 1796, Dambourgès devint capitaine au " Roval Canadien " : il mourut dans cette position en 1798.
Jean-Baptiste Lecompte Dupré, dont la famille était dans le pays dès 1680, avait été nommé lieutenant-colonel de milice en 1755 et servit jusqu'à 1760. Lorsque Montgomery assiégea Québec (1775), il aida puissamment le gouverneur Carleton et se montra très actif durant ce siège mémorable. Les Américains, en se retirant, incendièrent ses propriétés. On le nomma, en 177^1, colonel commandant les milices de Québec, position c(u'il occupa une \ingtaine d'années. vSon fils se rendit utile durant la guerre de 1812-15.
La famille Rocbert de la Morandière remonte au X\'IL siècle parmi nous, dans la personne d'Etienne, qui était conseiller an conseil souverain de Québec. Ses fils ont été employés au Nord-Ouest et dans les garnisons dn Canada. Louis-Joseph, gardemagasin à Québec en 1737, nljtint cette année une seigneurie an lac Champlain, et fut envoyé, en 1742, pour rétal)lir le fort Niagara. Son frère Etienne entra au service militaire, prit part à la bataille de la Monongahéla, servit dans le corps des ingénieurs, et laissa un fils qui coml)attit contre les Américains en 1775, fut ])risonnier de guerre à Albany (1776), et, à son tour, laissa un fils qui entra dans le "Royal Canadien" en 1796.
Antoine Lefebvre de Bellefeuille, d'une très ancienne famille canadienne, était enseigne de milice au fort Saint-Jean, et marcha a\-ec l'armée anglaise en 177S, lorsqu'elle entra dans le territoire des provinces révoltées. Fait prisonnier à X'incennes, l'année suivante, il fut treize mois retenu en \'irginie. A son retour, il devint grand voyer des Troi.s- Ri\ières, puis quitta cette ville en 1793 pour aller fonder la paroisse de vSaint-Eustache, près Montréal. Sa descendance est principa'ement représentée aujourd'hui par M. Edouard Lefebvre de Bellefeuille, avocat et publiciste de talent.
j\I. de Lotbinière, celui-là même qui fut président de notre chambre d'assemblée, servait an fort vSaint-Jean en 1775, et y fut fait prisonnier. M. de X'audrenil, ancien gouverneur du Canada, qui mourut en 1778, reproche, dans ses lettres à ce jeune homme, d'avoir embrassé " la cause des Anglais." Les Chartier de Lotbinière remontent au XIIL' siècle dans les annales de France, et l'un d'eux, en 14311, était grand ami de Jeanne d'Arc. Au Canada, ils ont été juges, militaires, seigneurs, hommes politiques, depuis deux cent cinquante ans.
Des Bergères de Rigauville, d'une famille qui date de 16S4 dans le pays, avait commandé au fort vSaint-Frédéric, fut appelé au conseil législatif en 1774, combattit à Saint-Jean et soutint sa renommée militaire, comme il l'avait fait à la bataille de Sainte-Foye.
Paul-Roch de Saint-Ours, nommé conseiller législatif eu 1774, descendait d'un capitaine du régiment de Carignan. vSon frère, Qniuson de Saiul-Ours, coml)attit en 1755 à la Monongahéla, durant toute la guerre de Sept Ans, et conlriliua à la défense du fort Saint-Jean (1775).
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Joseph-Dominicuie-ICinniruiucl T^e Moirn.- de Lonj^ueuil, qui coninuiiidait, de 1796 à 1802, le premier bataillon du " Royal Canadien," était descendant de Charles Lemoine, venu dans le pays en 164 1, et dont la famille a fourni huit ou dix militaires hors ligne à la Nouvelle-France. M. de Longueuil y allait bon jeu, bon argent. Il dépensa de fortes sommes ]x)nr soutenir son bataillon, et fit une souscription, parmi ses officiers et ses soldats, (|ni rapporta cinq cents louis sterling an fonds de guerre de la Grande- Bretagne, en 1799.
Louis Fromenteau de la Boucherie, aidc-major de milice de la ville de Québec en 1797, était descendant d'un officier d'artillerie employé (1757) aux fortifications de Québec et ensuite au Cap-Breton. Il entra au " Ro3'al Canadien."
Jacrau de Piedmont, enseigne aux canonniers-bombardiers du Cap-Breton, puis capitaine de la même compagnie en 1759, se trouva à la bataille des plaines d'Abraham; ce fut lui qui, avec le major de Joannès, in.sista auprès de AI. de Ramesay pour que l'armée française abandonnât la basse-ville de Québec au lendemain de la mort de Montcalm, au lien de capituler précipitamment. Il fut nommé chevalier de Saint-Louis. François, .son petit-fils, entra dans le " Royal Canadien."
François Boucher, d'une famille établie à Beauport en 1634, naviguait à la Xonvelle- Ecosse lorsque son beau-frère, le capitaine Dambourgès, l'induisit à entrer dans le " Roval Canadien" 11795I. En 1S02, ce corps étant licencié, il se fixa à Maskinongé et v ouvrit un commerce qui prospéra au delà de ses espérances, même pendant la guerre de 181 2, bien que le vaillant officier eut repris du service. Il était quartiermaître du 4' Ixitaillon de milice. François Boucher, son père, marin de profession, avait été nommé capitaine du port de Québec (1803I, en récompense des services qu'il avait rendus au duc de Kent, en portant des dépêches à Halifax en des temps critiques et au milieu de difficultés considérables.
Jacques Dupéron Baby, descendant d'un officier du régiment de Carignan, élu en 1791 comme député dans le Haut-Canada, fut appelé au conseil législatif de cette province, puis au conseil exécutif dont il devint le président. On le fit juge en 1793. Durant la guerre de 181 2, il commanda la milice du district ouest, en majeure partie habité par des Canadiens-Français. En 181 3, la province étant envahie, il se réfugia dans sa famille en Bas-Canada. A la paix, on le nomma inspecteur général.
François Dupéron Babv, son oncle, fit les campagnes de la guerre de Sept Ans. En 1772, il fut délégué à Londres par ses compatriotes, et contribua beaucoup à éclairer les ministres sur la situation du pavs, et par conséquent à préparer l'Acte de Québec. Il fut de ceux qui, durant l'été de 1775, pressèrent le général Carleton de niettrc le Ba.s-Canada en état de défense, et on le nomma major des milices de la ville et du district de Québec. Par la suite, il occupa d'autres charges importantes. Deux fois il fut sur le point d'être nommé administrateur de la province, mais sa foi catholique l'empêcha de prêter le serment exigé. En 1780, le gouverneur Haldimand lui confia le poste d'adjudant général de la milice. Il fut appelé au conseil exécutif en 1791, et au conseil législatif en 1792. En 1803, sa commission d'adjudant général fut renouvelée, et il n'}' fut remplacé qu'eu 1812, par François Vassal de jMonviel.
Son descendant est le juge Baby, de la cour du Banc de la Reine, un lettré et un amateur de souvenirs historiques. Il est le président de la Société Numismatique et des Antiquaires de Montréal.
Jean-Baptiste Testard de Montiguv était le petit-fils de l'un des capitaines les plus célèbres dans les annales du Canada; il servit aussi avec distinction. En 1796, on
MII.ICK CANADIENNK-FRAXÇAISE
le trouve an " Royal Caiiadi
Un M. de Montigny se distingua, en 1775, à l'affaire
des Cèdres. Le magistrat de police de ^lontréal actuellement est un descendant de cette famille, et lui aussi a été militaire.
Josepli-Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur militaire et brillant officier, s'était distingué dans nos guerres avant 1760. Il fut appelé au conseil législatif en 1774. L'un de ses enfants devint lieutenant général, ingénieur en chef de l'année française et baron de l'Empire, sous Napoléon ; un autre parvint an grade de colonel dans l'armée française; un troisième fit les campagnes de 1792 à 1797 dans l'armée de Coudé, passa en Russie, y exerça des fonctions importantes, devint précepteur des enfants du czar, visita toutes les cours de l'Europe et fut comblé d'honneur et de marques de distinction. Le père restait au Canada a\ec son quatrième fils. Louis-René, momentanément au service de la France, puis grand voyer du district de Québec, député à l'assemblée législative, officier d'état-major durant la guerre de 1S12-15, et qui prit part à la bataille de Châteauguav.
La famille Godefroy de Tonuancour, l'une des plus aucicuues de la colonie, avait donné des militaires et des officiers de robe à l'administration française. Elle continua de se distinguer dans ces deux branches sous le nouveau régime. Anoblie par Louis XI\' (1669), elle vécut toujours noblement et ajouta, quand le temps fut venu, la politique et le commerce à ses moyens d'action. Eu iS 1^-13, il v avait deux officiers de Tonuancour dans les hauts grades de la milice.
Toussaint Pothier, fils d'un lieiitcuaut-colonel des milices, s'adonna de boune heure au trafic des fourrures du Xord-( )uest. En 1790, il était as.socié de la compagnie fondée par sou père, ]\IM. de Rochel)lave, McTavish, Cotté, Frobischer et autres marchands de Montréal (17S3). Il devint comme l'âme de la compagnie, dont les affaires avec l'Angleterre atteignaient jusqu'à trois cent mille louis sterling par année. A'ers 1S12, le gouvernement le chargea d'organiser un corps de voyageurs pour la défense des lacs, et il en fut nommé major. ]\Icnibre du conseil légi.slatif de la province de Québec, il occupa temporairement plusieurs charges, telles que commissaire pour améliorer le port de r\Iontréal, arbitre dans la question du partage des revenus de douanes entre le Haut et le Bas-Canada, pour la construction du canal Lachine, etc. Il fut seigneur de vSainte-Marie de Lanaudière, comté de Maskinongé, où il exécuta de grands travaux d'utilité publique. vSon principal exploit militaire fut la prise de Michillimakinac, en juillet 1S12, au début même des hos-
présence
les
de
l'Ouest nous assura la possession de ces nappes d'eau et des territoires situés au sud, tant que dura la guerre.
Jacques Cartier, colonel de milice en 1S12, était le père de sir George- Etienne Cartier, auquel nous devons nos lois actuelles de milice.
Etienne-Pascal Taché était fils de Pascal-Jacques Taché, seigneur de Kamonraska. Il prit part aux camjjagnes de 181 2-15, fut ministre de la milice, premier ministre, et mourut dans ce poste.
Il était chevalier de l'ordre du Bain.
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