‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897Chapitre 19 sur 41 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

— La milick développk son organisation, dk 1870 À 1S84. — Cause des troubles du Nord-Ouest. — Mobilisation. — La colonne du général Middleton marche sur B.\toche. — Combat de l'Anse-au-Poisson. — Le colonel Otter marche sur Battleford. — Combat DE l'Anse-au-Couteau. — Le général Strange marche sur Edmonton. — Combat de la Butte- aux-Français. — Trois victoires. — Prise de Batoche par Middleton. — Strange et Otter opèrent leur jonction. — Poursuite de Poundmakkr. — Middleton rejoint Otter ET Strange. — Poursuite de Gros-Ours. — Cinouième victoire. — Fin de la campagne.

IÙit;iii

[RANOUILLE après les événements de iSjd, le Canada mit tous ses soins, dnrant une quinzaine d'années, à rendre la milice capable de remplacer, dans une Ijonue mesure, l'armée anglaise, d(.)nt le secours nous était désormais refusé pour tout conflit intérieur. vSans cela, nous n'aurions jamais réprimé la prise d'armes extraordinaire qui ensanglanta les territoires du Nord-Ouest en 18S5.

cette page dramatique de notre histoire, où les volontaires canadiensfrançais ont inscrit leur nom si houoral>lemcut, cpioi(|u'ils fussent en petit nombre et que, de toute cette nou\-elle et difficile campagne, on ne puisse leur attribuer qu'un tiers du mérite dont se parent avec raison les autres soldats-citoyens d'Ontario et des Provinces [Maritimes.

" La cause des troubles du Xord-( )nest se trouve dans le tempérament même du Métis," dit une excellente brochure pul)liée en iSSs par le journal Le Mo)id(\ de Montréal, et à laquelle nous alhms emprunter copieusement l'exposé de faits que renferme ce chapitre. Le Métis est un type à part, (|ui conserve le mélange des qualités et des défauts des races blanclie et ronge dont il est composé. En lui, les bons éléments dominent. Il est intransigeant, par exemple, sur ce qu'il considère comme ses droits inaliénables. vSou esprit de conservation et son respect pour la propriété d'autrui, il l'exige de la part des autres. Il répugne à nous \<>ir disposer de lui et de ce (pii lui appartient, sans y avoir donné .sou consentement.

L'été de 1884, les Métis de la Saskatchewan qui, depuis quelques années, faisaient valoir certaines réclamations, au sujet des terres, sans être écoutés du gouvernement fédéral, déléguèrent Gabriel Dnmont, à la tète de plusieurs de leurs principaux hommes, pour se rendre dans le Montana et imiter Louis Riel à s'établir parmi eux, afin d'être leur avocat auprès des autorités. Riel consentit à les assister dans nue agitation constitutionnelle et parlementaire, ainsi qu'il s'exprimait, mais, vers Noël et le Jour de l'An, il tint des assemblées où il se montra entraîné au delà des bornes de la prudence. Le gouvernement d'Ottawa ne fut plus écouté; les Métis se livrèrent à leur impulsion et firent appel aux Sauvages. Le 26 mars, Dumout arrêta dans la ]u-airie un convoi de provisions escorté de quarante volontaires de Prince-Albert, une sorte de Iioiiie onani ainsi organisée parce que l'on redoutait un coup de main des Métis. La police à cheval

•:n"xi:-i-raxl-aisk

intervint; il y ent plusicnirs lionmics de tués. Les Sauvages, apprenant cela, commirent des meurtres eu plusieurs endroits, le long de la Saskatchewan du Nord. Pouudniaker terrifia le district de Battleford, Cros-Ôurs celui d'Rdmonton, plus à l'ouest. Le siège principal de Ricl était à l'Plst, sur la Saskatchewan du vSud, à Batoche, non loin du

coullucnl de cette rivière avec celle du Nord. Vu bateau qui descendrait la Saskatchewan du vSud passerait à Batoche, se rendrait à la Fourche, remonterait la vSaskatehewau du Nord, puis passerait à Battleford, ensuite à Edmonton. C'est le trajet ordinaire de la u:u-igation.

Dès le 23 mars, le ministère savait, à ( )ttawa, qu'il v avait un soulèvement au Nord-( )ucst, mais on croyait que la police à cheval suffirait à le contenir. Le lendemain, on fut plus éclairé, et le ministre de la milice, l'honorable A. -P. Carou, dépêcha le major général P'redcrick Middleton à Winnipeg, où il arriva le 2j, par la voie des Etat.s-Unis. Cet officier avait vu du service en 1S46 dans la guerre de la Nouvelle-Zélande, en i''^37-5'S dans la révolte des Indes où il s'était distingué, et il commandait la milice canadienne depuis cinq ans lorsque survinrent les événements que nous allons raconter.

Le premier bataillon appelé en cette circonstance fut le go" de Winnipeg.

Le 27, partirent d'Ottawa les ordres pour mobiliser les écoles d'artillerie de Kingston et de Québec. Ensuite, de jour en jour, d'autres corps furent appelés au service actif. Il y eut sept ou huit fois plus d'offres qu'on ne jjut en accepter.

Le chemin de fer du Pacifique Canadien, au nord du lac Supérieur, n'était pas terminé. Il fallut nuircher deux cents milles pour reprendre les chars. Ce que nos hommes ont enduré de misère dans ce pays barbare est imaginable, pourtant on n'entendit pas une plainte et tout alla rapidement. Ajoutez à ceci l'état des plaines du Nord-Ouest à cette saison de l'année, et nous comprendrons que Riel avait su choisir le moment pour nous braver. En moins de trois semaines, nous avons jeté plus de trois mille hommes de tontes les branches du service dans le Nord-Ouest, les uns venant de dix-huit cents milles, les autres de deux mille cinq cents milles, outre quinze cents volontaires levés au Manitoba et dans les Territoires. Nous en avions trente-cinq mille autres qui ne furent pas mis sous ordres. Il est juste de dire que, pour ceux-ci, nous n'avions pas d'équipement de campagne, et qu'il eût été indispensable d'en faire venir d'Angleterre si nous les avions employés, car on n'improvise pas la chaussure et le vêtement d'une

AIII.ICK CANADIKNXE-FRANÇAISE

troupe aussi cousidérablc eu uu uiois, taudis que, eu moius de teuips, la uavigatiou océauique et les cheuiius de fer ])euvcut uous les apporter de Loudres.

Le géuéral Aliddletou couipril que Batoclie, Battleford et Eduioutou étaient trois centres d'oii partait la résistance Batoclie che/c les Métis, Battleford partie Métis et partie Sauvages, Ediuonton et le fort Pitt tout à fait Sauvages. Il s'agissait d'atteindre ces trois ou quatre points ]:>our contenir tout le reste.

L'insurrection avait donc lieu presque uniquement sur la vSaskatchewan du Xord, c'est-à-dire allant de l'est à l'ouest.

Les plaines, coteaux, lacs et rivières qui se trou\cut au sud de cette ligne, et où serpente la Saskatchewan dite du .Sud avant de se mêler à celle du Ninxl, pouvaient être regardés comme une région ])aisil)le. Au sud de tout cela encore, courant aussi de l'est à l'ouest, est le chemin de fer du Pacifique Canadien.

Par cette dernière voie, on pouxait échelonner toutes les troupes, les bagages et les provisions, en formant des dépôts le long du chemin ; à Qu'Appelle, à Swift Current et à Calgary. Le Pacifique servirait ainsi de base d'opération.

Le général Middleton, avec une colonne, partirait de Qu'Appelle, puis, marchant au nord, en inclinant un peu à l'ouest, arriverait sur Batoclie. Le lieutenant-colonel Otter, avec une autre colonne, s'avancerait de Swift Current en ligne droite vers le nord et dégagerait Battleford l)loqué. Le général Strange, prenant sa route de Calgary, se porterait di'oit au nord sur P^duionton, y laisserait en garnison une partie de sa colonne et, inclinant à l'est, irait avec ce qui resterait d'hommes, soit au fort Pitt, soit à Battleford, rallier la colonne d'Otter. Ou voit que c'étaient trois marches vers le nord, calculées ])our aboutir en même temps à I>atoclie , Battleford et Pxluiouton, les trois objectifs de la campagne, afin d'eiu])êclier les différents tronçons de la révolte de se rejoindre et d'opérer ensemble. Ce n'en était pas moins une division des forces de notre armée, et dans ce cas il devenait absolument nécessaire de paraître victorieux sur les trois points à la. fois. Si l'une des colonnes était repoussée ou tenue en échec ])ar l'ennemi, aucune des deux autres ne pou\ait la secourir à cause des grandes dis tances qui les séparaient, et rinsurrection maintenait sa ligne primitive de l'est à l'ouest, au nord de nos têtes de colonnes. D'un autre côté, il eut été bien difficile de masser en un seul corps toute l'armée et de lui faire franchir ces vastes espaces avec quelque célérité, en risquant, de plus, de voir l'ennemi

Général de brigade, coiniiiaiulant la Milice du Canada, iSgs-i.Sg;

■RAXÇAISH

se concentrer, harceler les troujjes, se reciiler vers le dégénérer les opérations en nne jionrsnite épnisante et résnltat est tout — nos ti^ois colonnes ont exécuté les ordv a été complet, comme on va le voir.

De Qu'Appelle à Batoclie, il y a deux cent trente m La route h suivre traversait ]-)res(|ue partout une praii

ord on l'ouest, faisant ainsi us fui. Bref, à la guerre le sans fléchir et leur triomphe

.lUL-T.-COI.. OSCAR-Cl Adjudant généra

AR1,ES-CASGRA1N l'KLLET du district de Québec, 1.S97

ou soixante-dix-sept lieues.

1 la neige fondante avait détrempé le sol ; elle est coupée, à certains endroits, par des marécages alcalins dont le sel détruisait les chaussures des hommes et leur blessait les pieds. La température était affreuse à cette saiscm. La pluie tombait en abondance pendant le jour et le mercure descendait souvent au-dessous du point de congélation, parfois même au-dessous de zéro la nuit. " La première colonne commença sa marche de Qu'Appelle le 9 avril. Elle était composée du 90*^ bataillon de Winnipeg, les éclaireurs à pied du capitaine French, la compagnie C de l'école de cavalerie de Québec et le corps volontaire de Winnipeg. Le 91" bataillon de Winnipeg était stationné à Qu'Appelle, afin d'intimider les vSanvages et les Métis de cette vallée, tout en protégeant la ligne de connunnication.

Rendu à la traverse de Clarke (Saskatchewan Sud), à quarante-cinq milles de Batoche, le général Middleton se décida à faire deux divisions de sa colonne pour s'avancer sur les deux rives de la rivière. Le 17, on vit quelques Sauvages ; l'un d'eux se chargea de Bonnet Blanc, un chef sauvage qui était à qui ramènerait sept prisonniers

porter nu message à Riel, ou plutôt

Batoche ; ou offrait une récompense de cent dollar

retenus dans cette place.

Il V avait, en arrière, les renforts suivants qui arrivaient à quelque distance : les bataillons ]\Iidlaud et York-Simcoe, un détachement des gardes du gouverneur général, deux cents cavaliers fournis par l'école d'artillerie, la batterie A de l'école de Québec, la batterie de campagne de Winnipeg, le 10^ bataillon de Toronto, les éclaireurs à cheval du major Boultou et les chasseurs volontaires de Birtle sous lord Melgnnd, secrétaire militaire du gouverneur général.

Quatre cents attelages transportaient les approvisionnements, etc. Le 23 avril, api'ès des retards causés par la marche trop lente de ces voitures, le général Middleton descendit la rivière (Saskatchewan du vSud) avec huit cent cinquante-cinq hommes, dont soixantedix cavaliers, et le lendenuiin on eut connaissance de l'ennemi, retranché à l'Ause-au- Poisson (/7>// Ovr/i, an nombre de deux cent quatre-vingts tireurs, Métis et Sauvages, sous les ordres de Gabriel Duniont. La bataille qui s'ensuivit, et qui dura toute la journée, est décrite en détail dans le rapport du général auquel nous renvo3-ons le lecteur. Les Métis furent délogés eu perdant cinquante-cinq che\aux et un certain nombre

ICK CANADIENXH-KRANÇAISK

d'hommes qu'il n'a pas été possible de connaître. Nous avons eu cinquante hommes (officiers et soldats) atteints par les balles ; dix moururent de leurs blessures.

Retournons à Swift Current, sur le Pacifique, où s'était formée la deuxième division aux ordres du lieutenant-colonel W. D. Oltcr. C'était la première fois que cet officier des volontaires exerçait le commandement des troupes en activité, pour ne rien dire des deux émeutes qu'il avait arrêtées quelques années auparavant à la tête de quelques soldats. Les 12 et 13 avril, sa cohmne se mit en marche vers le nord, composée comme suit: compagnie C, école d'infanterie, quarante-trois hommes; la batterie B, cent douze hommes et deux canons; deux mitrailleuses, les tirailleurs d'Ottawa, cinquante hommes; le 2" l)ataillon de Toronto, deux cent cpiatre-vingt-cinq hommes. En tout, quatre cent quatre-\-ingt-dix. Cent einciuante attelages accompagnaient la troupe, l'n détachement de quarante-cinq hommes de la police à cheval venait d'arriver. Le 14, on reçut des nouvelles du général Middleton ((ui s'axançait sur Batoche. Le steamer Northcotc faisait le service, sur la Saskatchewan du Sud, depuis la traverse de Clarke en remontant jusqu'à l'endroit où la colonne d'Otter était alors en train de franchir cette rivière, un passage très difficile. Le iS, cette colonne se remettait en marche, piquant droit sur Battleford, et elle ne s'arrêta plus. Le bois était si rare dans cette partie du pays qu'il fallait en emporter dans les wagons pour se chauffer. Un soir, la provision étant épuisée, on dut se coucher sans feu par un froid assez pénétrant.

La distance de Swift Current à Battleford est de deux cents milles. Le 23, l'avant-garde approchant des montagnes de l'Aigle, on aperçut les premiers êtres humains que l'on eût rencontrés depuis le 13, sous la forme d'une quinzaine de Sauvages montés qui échangèrent des coups de carabine avec les éclaireurs de la police à ch.c val, avant de disparaître. Le lendemain, vendredi 24 avril, pendant que la colonne de ]\liddleton condjattait à l'Anse-au-Poisson, les éclaireurs d'Otter arrivaient en vue de Battleford. A la

nuit t(

leuf

ite on canipa. \ heures, la police à cheval chassa un peloton de Sauvages, lui tuanl deux hommes. Le lendenuiin matin, la colonne entra dans la ville (pii était saccagée et même un peu brûlée. Il y avait eu des meurtres commis récemment aux environs. Dans le fort, on trouva cinq cent soixante personnes réfugiées, dans la crainte d'événements qui pouvaient devenir terribles pour elles, si les troupes n'étaient pas survenues si à propos. Durant les derniers cinq jours, celles-ci avaient fait une

MII.ICI': CANAI)

étape moyenne de ouy.c lieues par jour, soit la distanee de Québec à Repentiiiuy. Le

lieutenant-colonel Otter uiérile tous les ék)o-es (pie l'on peut décerner à de bons calculs

et à l'activité.

Les Sauvages disparurent, uiais les coups de feu tirés sur les sentinelles donnaieut

lieu de croire que chaque broussaille recelait encore un maraudeur aux aguets. Les

réserves avoisinantes étaient désertes ; on supposait que beaucoup de guerriers étaient allés rejoindre le chef Poundmaker. Quelques jours plus tard, nn Métis arriva, racontant (pi'il s'était évadé du camp de Poundmaker, où il était retenu avec plusieurs autres de sa race, et il ajoutait que les Métis se tourneraient contre les Sau\ages, si ces derniers étaient attaqués par les troupes ; que, si l'attacpie avait lieu sans délai, avant l'apparition de Gros- ( )urs et de sa bande, on les vaincrait facileuient. »Sur ce, Otter décida de porter un coup rapide. La colonne s'ébranla le i"' mai. On traversa nn pa3'S accidenté, conpé de ravins profonds et de forêts épaisses, interrom]nies par des coulées que la route enjambait. Après un repos de quelques heures, vers minuit, à la clarté de la lune, la marche fut reprise et, au le\er du soleil, on trouva un campement abandonné avec toutes les marques de la précipitation. Le chemin infléchissait ensuite à droite, longeant un coteau à pic, et plongeait I. iioNOKAi'.i.K I Ki.ix-c.ARKiHi, M A Kcii.\.Ni) aussitôt daus uu ra\-in juste assez profoud

i..euiciiam-coioiiti, coiimn.Kin.ii le i.ic bataillon, i^iih-.s'o pour rcudrc très difficile le passage à gué des

voitures. Les canons suivaient au galop, mais ils n'étaient pas encore en position au sommet de la côte lorsque les balles commencèrent à siffler et la bataille s'ouvrit. Il était cinq heures du matin ; la marche de nuit prenait les Sauvages par surprise. L'endroit se nomme Conp-de-Couteau ( O//. Kuifc), d'après un chef célèbre que Poundmaker avait défait dans ce repli de terrain plusieurs années auparavant.

Nous renvoyons encore le lecteur aux récits complets qui ont été publiés sur ce long et meurtrier combat. L'artillerie y a joué un certain nMe, mais quant au canon Gatling son résultat n'a guère été en proportion des trois mille projectiles qu'il a lancés par ses six bouches durant l'engagement. Les Sauvages déployèrent une ténacité et firent des mouvements qui ne leur sont pas habituels. Ils nous mirent plus d'une fois daus une situation critique. La solidité de nos braves miliciens sauva tout. Ceux-ci rectifièrent leur tir avec uu sang-froid admirable, quoique tardivement, et parvinrent à faire voir aux maîtres chasseurs du Nord-Ouest qu'ils avaient aussi leur manière d'atteindre le but en faisant parler la poudre. Les aflfûts des deux canons de l'école d'artillerie ne valaient rien ; ils se rompaient ; on fut obligé d'attacher les pièces avec des cordes sur des espèces de chevalets improvisés pour continuer à s'en servir; ce que voyant, les Sauvages firent une charge dans le dessein de les prendre, mais ils furent reçus si chaudement qu'il leur fallut déguerpir. A dix heures, la colonne retournait en arrière.

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i^'éuéral T. B. Straiit^e, près de Calg-ary. ( )n

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au canipenient abandonné, mais les Sauvages en avaient assez et ils s'en allèrent de leur côté. Nous avons eu huit hommes tués et douze blessés dans cette affaire. ( )n ignore les pertes subies ]xir les vSauvages, peut-être soixante-quinze hommes. Poundmaker avait avec lui trois cent cin(|tuinle vSauvages et cinquante Métis; lorsque, peu après, il se rendit, il déposa deux cent dix firsils et carabines, mais une partie considérable de ses hommes les mieux armés l'avaient déjà quitté pour rejoindre Gros-Ours.

Reprenons la ligne du Pacifique dans la direction de l'ouest, et rendons-nous à Calgar^■, d'où devait partir la troisièn Pitt, afin de dégager ces ])()stes, ainsi les vSauvages. Le fort Saskatchewan tenait bon, grâce la contrée était au pou\-oir de (iros-()urs.

De Calgar^' à P'dmonton, il \- a deux cents milles, très fa\<iral)lcment connu dans ( )ntario et Québec, denu lui dciuna le commandement de cette troisième division, composée du 65'' bataillon de Montréal, du 92"" de Winnipeg et des éclaireurs du capitaine Steele. Le 20 avril, nue moitié de la colonne partit, se dirigeant au nord. La route s'étend à travers la prairie presque sans arbres. Ouehpics marais furent les seuls obstacles que les .soldats eurent à rencontrer dans les premiers jours. L'aile droite du os"', ainsi en marclie, forte de cent soixante hommes, sous le lieutenant-colonel George Huglies, ancien volontaire de 1S65-1S66, zoua\-e pontifical, avait des instructions spéciales. Le général vStrange l'accompagnait.

La colonne était de la sorte séiiarée en deux détachements.

Le 23 avril, l'aile gauche du hs', cin(|nante hommes de la ]iolice à cheval (avec un canon de 9) et cinquante carabiniers à clieval d'Alberta, to\rs sous le commandement du major Ferry, gradué du collège militaire de Kingston, se mit en marche et atteignit la rivière à l'Orignal-Ronge (le 2S), que l'aile droite avait traversée à gué, mais, par malheur, les eaux des montagnes gonflaient brusciuement ce cours d'eau. On construisit tout d'abord un radeau, mais le câble se brisa, et le tout aurait été perdu a\'ec les armes, munitions, etc., que portait cette embarcation, si le major Perry ne se fût trouvé là à point pinir utiliser son expérience dans ces sortes d'affaires. Cet oiîficier fit le dessin d'un bac et dirigea les travaux de sa construction, de sorte (|ue, en trois ou qmitre jours, le passage du torrent dex'int i)ossil)le, et l'aile gauclie suivit la route cpii mène à Pvdnionton, où l'aile droite arrixait en ce moment

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) a\'nl, un troisième delacliement se iiarche de Calgarv pour sui\-re les niers. Il était composé d'une partie iCS du 92' l)ataillon, levé à Winnipeg, parmi d'anciens volontaires, j^ar le lieutenantcolonel Osborne Smith, et tiui se com])ortèrent en vétérans d'élite durant la campagne. Onze jours après, on les vovait arriver à lùlmonton.

LIEUT.-COI,. GUSTAVE D'ODET D'ORSONNENS i; . Commandant le district militaire u° 6 et l'école d'infanterie de Saint-Jean-d'IbervilIe

;Xi:-l-RAXÇAISE

Le major Perrv, avec l'aile gauche du 65", y élail arrivé le 5 mai. Donc, le 12 mai, le général Strange avait clans sa main, à PxlmonUm, sept cent trente hommes, savoir: trois cent quinze du 6 s'\ quatre-vingt-dix volontaires d'Edmontoii, soixante-dix hommes de la police à che\al, cinquante carabiniers à cheval d'Alberta, quarante-six éclaireurs du capitaine Steele et cent quatre-vingt-dix hommes du 92^ bataillon.

Edmonton avait été en proie à la plus grande panique jusqu'au moment de l'arrivée du général Strange avec l'aile droite du 65^ Les Sauvages des environs disaient que les blancs avaient été massacrés à l'Anse-au-Poisson. Tout annonçait que Gros-Ours et Poundmaker allaient agir de concert en profitant de la fausse impression où étaient leurs gens. Le capitaine Steele, avec un fort détachement de police et d'éclaireurs, fut envoyé dans la direction de Victoria, à l'est, sur la Saskatchewan du Nord, et l'on mit garnison au fort Saskatchewan, non loin de \'ictoria. On travaillait aux bateaux plats qui devaient servir à se rendre jusqu'au fort Pitt, deux fois plus loin à l'est que \'ictoria.

Resumouh avril au i

en quelque ma\ (en c

mots les dernières pages que nous venons d'écrire : Du ft'res ronds), les volontaires de Winnipeg, Toronto, Ottawa, Montréal, Québec et Halifax, s'étaient rendus dans le Nord- Ouest, et là, distribués en trois corps principaux, avaient pénétré par trois endroits dans le fovcr de l'insurrection. L'ensemble de leurs mouvements est admirable malgré, ou ])lutôt à cause des difficultés qui entravaient partout la marche. Le 24 avril, Middleton chasse les ]\Iétis de l'Anse-au-Poisson, à quelques lieues de Batoche. Le même jour, Otter entre à Battleford et, le 2 mai, il écrase les portant le mot ••saskatci>,:wa.i. Sauvagcs ct Ics jMétis à l'Anse-

au-Couteau. Le i*"' mai, vStrange dégage Edmonton ; le 5, il dirige des forces du côté de l'est pour couper la ligne des Sauvages et opérer sa jonction avec Otter sur la Saskatchewan. Le Lnit majeur de la campagne était atteint, sauf qu'il restait à prendre Batoche, puis soumettre Poundmaker et Gros-Ours.

La rivière Saskatchewan du Sud se dirige au nord ; c'est ainsi que le général Middleton, à la tête de la première colonne, l'avait rencontrée, à la traverse de Clarke, le 15 avril; quarante-cinq milles plus bas, sur la même rivière, est Batoche. En suivant le cours de l'eau, après avoir dépassé ce dernier lieu, on tombe dans la Saskatchewan du Nord, qui déverse son trop-plein, à l'est, dans le lac Winnipeg, au nord de la province du IVIanitoba.

Entre la traverse de Clarke et Batoche se trouve la coulée ou Anse-au-Poi.sson {F/s/i Creck), où l'on se battit le 24 avril, comme nous l'avons raconté. En cette circonstance, les rebelles offraient une résistance sérieuse, ce qui détermina JMiddleton à faire venir la deuxième moitié de sa colonne, qui était de l'autre côté de la rivière, mais ce contingent arriva vers la fin de l'action, de sorte que le général n'eut d'engagé que la moitié de ses forces, tout au plus.

MILICE CANADIENNE-FRANCAISR

Il était évident que Riel et Dumont avaient fait de Batoche leur place d'armes et le boulevard des rebelles. Le bruit coiirait que la petite ville et ses abords étaient considérablement fortifiés. Le général décida de réunir toute sa division sur la rive droite ou est de la rivière (même côté que l'Anse-au-Poisson) et de marcher sur Batoche, dès que la chose serait possible. On était arrêté par une quarantaine de blessés, qui devaient nécessairement être protégés et soignés par la colonne, en l'absence de tout endroit sûr et convenable pour les déposer, à une certaine distance du théâtre des hostilités. Les munitions étaient insuffisantes. Il s'en était perdu par suite du mauvais état des gibernes, et de ])lus ces soldats, neufs dans l'art des tirailleurs, dépensaient sans compter et sans utilité des masses de cartouches. On a remarqué, à l'Anse-au-

Poisson, à l'Anse-au-Couteau, cà la Butte-aux-Français, que, dans la dernière partie de ces combats, les volontaires se mettaient à la ration, pour ainsi dire, et en même temps tiraient plus piste, tandis que, au commencement, ils lançaient nue grêle de balles sans prendre les précautions qui leur avaient été enseignées chez eux dans les exercices du tira la cible. La nouveauté d'une "cible humaine" rendant coup pour coup, les énervait sans doute, mais ensuite ils se maîtrisaient et devenaient plus formidables.

Le Northiotc, longtemps attendu, arriva enfin, portant deux cents hommes du bataillon ]\Iidland, le train d'ambulance, du fourrage, des approvisionnements de tous genres, des munitions, un canon Gatling qu'il avait reçu de la colonne d'Otter en passant au nord de Swift Current. On était au 5 mai. Ce qui eut lieu, à partir de cette date, forme la seconde phase du drame ou la seconde campagne de cette année.

Les Sauvages et les Métis de la vallée de Qu'Appelle avaient reçu, avec joie, la

lOO MILICE CANADIKXXl'.-FRAXÇAISH

fausse nouvelle de la défaite d'Otter à l'anse du Coup-de-Couteau ; mais, s'ils étaient turbulents, ils n'étaient pas encore hostiles, l)ien cjue sollicités par Riel de se joindre à sa cause. Ils pouvaient mettre huit cents j^ucrriers sur pied. Pour les apaiser, le lieutenant-gouverneur Dewdney leur permit de tenir une " danse du soleil, " vieille coutume barbare, défendue depuis plusieurs années par le gouvernement fédéral.

A cette date, il 3- avait environ deux cents hommes de cavalerie à Winnipeg, qui reçurent l'ordre de se rendre à la frontière américaine, laquelle était déjà surveillée par des liome giiards et des miliciens. Le principal de ces corjis était des fusiliers [nmo-rrs) de vStewart, composés de cent cow-hoys de Calgary.

Le i^' mai, l'artillerie de garnison de Montréal, sous le commandement du lieutenantcolonel Oswald, un des plus beaux bataillons du pays, fut appelée à tenir garnison à Winnipeg; c'est le premier corps qui fit tout le trajet par voie ferrée jusqu'à Winnipeg.

Rien ne retardant plus la marche de la colonne sur Batoche, le général Middleton leva le camp de rAnse-au-Poisson, le 7 mai au matin, avec sept cent soixante-quatre hommes : batterie A, deux canons, quatre-vingt-six officiers et soldats ; demi-batterie de Winnipeg, deux canons, quarante officiers et soldats, une mitrailleu.se Gatling ; 10^ bataillon, deux cent dix officiers et soldats ; 90*" bataillon, deux cent cinquante-quatre officiers et soldats ; détachement du bataillon Midland, quatre-vingt-un officiers et soldats ; infanterie à cheval de Boulton, .soixante-cinq officiers et soldats; éclaireurs du capitaine French, vingt-huit officiers et soldats.

Le S mai, à neuf milles de Batoche, le général Middleton établit son camp et lança des éclaireurs dans le voisinage de la place. Le 9 au matin, laissant le camp debout, on marcha vers les premières maisons. Le canon Gatling d'une part et quelques pièces d'artillerie placées sur un point domuiant la ville, firent quelques ravages, mais des tranchées [rifle pus) étaient pratiquées entre la ville et les terrains élevés qu'occupaient les canons, de sorte que les artilleurs étaient exposés au feu des carabines des Métis. L^ne partie du bataillon Midland descendit dans une coulée pour prendre à revers les occupants de la tranchée. Cette manœuvre, ainsi que plusieurs autres, remplit le reste de la journée. On ne voulait agir qu'avec prudence, considérant qu'il y avait des prisonniers dans la ville, qui pourraient bien souffrir d'un moment de désespoir des assiégés. A la nuit tombante, il se tirait encore des coups de fusil dans plusieurs directions. Nous avions deux soldats tués, un officier et neuf blessés. Dans la matinée du 10 mai, le général fit bombarder une maison sur l'autre rive et lancer quelques obus aux endroits oir l'ennemi se montrait. Dans l'après-midi, on bombarda le cimetière occupé par des tireurs déterminés, et quelques retranchements sur la droite du camp. En même temps, on pratiquait des tranchées qui approchaient nos tirailleurs des ouvrages de l'ennemi. Nous avions un homme tué et cinq blessés, ce qui indique que nos gens avaient gagné de l'expérience dans ce genre de lutte. Le 11, on alla déloger des Métis tapis derrière des ondulations de terrain dominant les maisons de Batoche. Peu après, quelques soldats du bataillon de Midland, conduits par le lieutenant-colonel Williams, se précipitèrent vaillamment dans les retranchements ennemis, en arrière du cimetière, et mirent en fuite les Sauvages qui y laissèrent leurs couvertes et plusieurs autres objets. Un canon de la batterie A avait attaqué le cimetière et les contreforts qui se trouvaient près de l'église. Dans l'après-midi, on plaça deux canons de la batterie de Winnipeg à l'endroit occupé par l'infanterie de ^Midland, près du cimetière, d'où on pouvait facilement observer la position de l'ennemi sur l'autre côté de la rivière. Les caïujus furent braqués vers la maison sur laquelle Riel avait fait arborer un drapeau blanc, et où se

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dirigeait une foule considérable. Dès la première décharge, la maison fut presque détruite et la foule qu'elle contenait se dispersa en toute hâte dans les bois des alentours. L'ennemi resta sur place toute l'après-midi. Pendant cette troisième journée, quatre hommes de nos troupes ont reçu des blessures légères, ce qui prouve qu'ils se familiarisaient avec ce système de guerre. Le 12, toutes les lignes déployées, le feu recommença. Au milieu du vacarme des détonations, le général reçut de Riel une lettre qui disait de ne pas tirer sur les maisons, parce que, si des femmes et des enfants étaient tués, il massacrerait les prisonniers. Le général répondit qu'il fallait écarter les non combattants et lui faire savoir où on les plaçait, promettant de ne pas tirer dans cette direction. Après dîner, nos hommes reprirent leur position. Deux compagnies du

Midland, soixante hommes en toiU, sous le commandement du lieutenant-colonel Williams, furent placées à gauche, près du cimetière. Le 10" bataillon, au nomlire de deux cents, sous le lieutenant-colonel Grasset, prolongea la ligne à droite, aiipuyé par le 90"'. Les soldats du ^lidland et du 10", réunis sous les ordres du lieutenant-colonel \'an Straubeuzie, firent une charge enthousiaste qui chassa l'ennemi de ses retranchements en face du cimetière. Pendant ce temps-là, un feu Ijien nourri venant de l'autre côté de la rivièi"e, harcelait nos soldats. Le Midland et une compagnie du 90"" dirigèrent leur feu sur ce point et parvinrent à en chasser les rebelles. Le JMidland et le 10^ se précipitèrent alors vers les maisons entourées de broussailles où se cachaient les tireurs ennemis et aussitôt deux pièces de canon furent installées en cet endroit. Un peu plus loin, le 90^ et un Gatling s'approchaient vivement des maisons en tirant sans cesse, et, comme nos soldats pénétraient davantage parmi les bâtiments, on vit accourir les prisonniers

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de Ricl : la ville était prise. Les rebelles ont vu. durant les quatre jours, eiiiquaute-et-un liounues tués et cent soixante-douze blessés.

Les Métis eonnneueèrent à faire leur souniissiou le 13, et le 15 Riel se rendit au général Middleton.

Pendant le siège de Batoche, le Norlhcote devait rester à la hauteur des troupes et s'approcher de la ville à mesure que nous gagnerions du terrain, mais les ]\Iétis le tinrent trois jours en arrêt, tirant sur lui sans discontinuer, coupant les manœuvres et empêchant de les réparer. La compagnie C, de l'Ecole militaire, qui formait l'équipage de combat, ripostait par une vive fusillade et elle réussit à empêcher la capture du vaisseau.

La victoire remportée par la première division était si complète que, le 16 mai, le général Middleton partit de Batoche avec tout son monde, et arriva à Carleton oii trois parlementaires de Poundmaker l'attendaient. Il leur dit que, le 26, il serait à Battleford où il recevrait la soumission des chefs sauvages, mais sans conditions. De Carleton à Battleford, le Noiiluotc transporta le général qui mit pied à terre dans ce dernier lieu le dimanche soir, 24 mai. Poundmaker et ses principaux supports se livrèrent avec une quantité d'armes.

L'on était sans nouvelles de Gros-Ours qui, dans la région d'Edmouton, représentait ce qu'avait été Poundmaker dans celle de Battleford. Le général Strange leva le camp le 20 mai, a\ec les 65* et 92"^ bataillons, et arriva au fort Pitt le 24, après une marche des plus fatigantes. Le 26, le major Steele, des éclaireurs, découvrit les Sauvages retranchés dans une forte position, à la Biitte-aux-Français, à quinze milles du fort Pitt, et à trois milles de la rive gauche de la Saskatchewan du Nord. Gros-Ours était à la tête de sept cents guerriers dont un grand nombre avaient pris part aux guerres indiennes des Etats-Unis. Le 27, Strange partit du fort Pitt avec quatre-vingt-dix hommes du 65", quatre-vingt-dix du 92^, sous les lieutenants-colonels Hughes et Smith, cinquante hommes montés sous le major Paton, trente hommes de police, les éclaireurs de Steele, les tirailleurs d'Ottawa — en tout quatre cent cinquante hommes, avec un canon de g.

Le pavs est accidenté, coupé de ravins, sillonné de rivières et couvert de bois épais. Les Sauvages ne pouvaient choisir un meilleur endroit. Dès que ces derniers prirent contact avec nos rangs cjui s'avançaient, ils ouvrirent le feu dans une vallée qui leur ofïrait de bons abris, mais quelques obus qui éclatèrent au milieu de leurs différents groupes, appuyés par le tir des 65'' et 92"", déplo^-és en tirailleurs, les força à la retraite. L'affaire avait duré trois heures.

Le lendemain eut lieu l'attaque de la Butte, dans le même ordre. Les .soldats descendirent d'abord sur une plaine inclinée, recevant le feu plongeant de Gros-Ours caché dans les flancs de l'éminence, mais le général Strange avait développé sa ligne sur trois quarts de mille, de manière à moins exposer les volontaires et à couvrir une plus grande étendue de terrain. Les soldats Ephrem Lemay et J. ]\Iarcotte, du 65'', furent dangereusement blessés, à part trois autres du 65" et un homme d'Alberta, qui furent atteints par des balles, sans avoir à craindre pour leur vie. Vers neuf heures et demie, le canon et le tir plus siîr de nos carabines réduisirent les Sauvages au silence. Le général, ayant été informé que deux cents Sauvages opéraient un mou\ement de flanc sur sa ligne, fit retirer les tirailleurs du 63", qui n'étaient plus qu'à six cents pieds des tranchées ennemies et qui voulaient se lancer à la baïonnette pour en finir par une lutte corps à corps. C'eût été une rencontre meurtrière, au cas où les vSauvages eussent attendu le choc de pied ferme, mais il est probable qu'on les aurait vu fuir, puisqu'ils abandonnèrent d'eux-mêmes leur j^osition.

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Le 2q, la colonne se retira qnelque peu, dans l'espoir que le irénéral IMiddleton enverrait des renforts. En effet, cet officier apprenant ce qui se passait, partit, le 31 mai, de Battleford, avec cinq cents hommes, par le bateau à vapeur, et, après des marches forcées sous une pluie torrentielle, il rejoignit Strange le 2 juin ; mais, depuis le 29 mai, Gros-Ours s'enfonçait vers le nord. Durant les jours qui suivirent, on recueillit un certain nombre des prisonniers de Gros-Ours. Le 3 juin, le major Steele, avec quatrevingts hommes, marchant sur les traces des fuyards, se vit arrêter par trois cents d'entre eux, en pleine forêt, où il était impossible de faire usage de la cavalerie. Gro.s- Ours, sommé de rendre ses prisonniers, répondit qu'il se défendrait, et il ouvrit un feu qui dura deux heures, après qiu)i il devint manifeste que les Sauvages se décourageaient. Les combattants n'étaient (.[Xi'h trois cents pieds les uns des autres, séparés par un petit ruisseau. Steele commanda une seconde fois à Gros-Ours de rendre ses captifs; les

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