‹ Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897Chapitre 23 sur 41 · C.raïul Dieu, pour George Trois, Le iilus chéri des rois · texte numérisé non relu

C.raïul Dieu, pour George Trois, Le iilus chéri des rois

Entends ma voix !

De 1S07 à iSii, il y eut dans le pays des bataillons appartenant à six ou sept régiments royaux : les 10'', 41', 49'', gS"", icx/, et les Fcuciblcs et les Xcwlomidlaiids. C'était peu, et cela se comprend : l'Angleterre luttait contre la formidable influence de Napoléon en Europe, et n'avait pas trop de toute son armée pour se tenir debout. Aussi les Américains le savaient bien, et ils attendaient une crise plus forte encore du côté de l'ancien monde pour fondre sur nous et j)rendre nos j^rovinces abandonnées en l'air faute de secours.

Le i^' bataillon du i"' régiment Royal Scols servit en Canada durant tonte la guerre; il mérita fréquemment des éloges ; presque tous ses officiers furent tués ou l:)lessés de 1S12 à 1815 : colonel Archibald Stewart, majors John Gordon et Thomas Deane, et treize capitaines. Le 4'' batailhm était à Ouébec en 1S14-15.

3" régiment : le i'''' bataillon arrive ici en 1S14.

4*" régiment: le i"'^ bataillon arrive en 1S15. Lieutenant-colonel Donald McPherson, neuf capitaines.

5" régiment : le i^'' bataillon arrive en 1S14, avec les i'"''" bataillons du 5'' et du g''.

8" régiment: le i" bataillon est ici de iSii à 1815. Colonel Gordon Drummond ; majors Robert Young, Pl-B. Cotton, Francis Battersby ; dix capitaines. Le 2'' bataillon est en Nonvelle-Ecosse 1S12-13; au Canada 1S14-15.

lo""' régiment : est en Canada 180S-1 v Colonel Menrv Zouch, major Donald McPherson.

13" régiment : arrive en 1814. Colonel E. Morrisou, lieutenant-colonel William Williams.

lô'' régiment : arrive en 18 14.

19" régiment l.iglit Dragooits (à présent 19^ hussards): est en Canada 1814-17; six compagnies; colonel le \icomte \\'illiam Howe ; colonel honoraire J.-B.-R. O'Neill.

27" régiment: i'^^'' bataillon, en Noux'elle-Ecosse 1814; 2"" bataillon, en Canada 1814, passe en Belgique et cond^at à WaterU)o, 181 3.

37" régiment: i'" bataillon, en Canada 1814-17; lieutenants-colonels P'.-G. AhicLean, Reginald James ; treize capitaines.

39*" régiment : le i'"^ bataillon arrive en 1S14.

40*" régiment: son drapeau porte les mots "Niagara" et "Waterloo," ce qui veut dire 181 2 en Canada, 1S15 en Belgique.

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41'' régiment: les deux bataillons sont ici de 1808 à 1S15 ; colonel Henr\- Proctor ; majors Jasper Grant, William Evans ; seize capitaines.

49" régiment Hertfordsltire : est en Canada, an complet, 1808-15; colonels Isaac Ijrock, R.-H. Sheaffe, John \'incent ; majors Charles Plenderlcath, Adam Ornrsby.

^-j'' et 58'^ régiments : les i*"" bataillons arrivent ici en 1814.

70" régiment: est en Canada 1814-17; colonel Lewis Grant; l'honorable G. de Conrc}-, major; dix capitaines.

76" régiment : est ici en 1814-17.

81* régiment: en Canada 1814.

82" et 88"^ régiments : les i"'"'' bataillons sont en Canada 18 14.

89*" régiment: 2'^ bataillon en Canada 1814; colonel Donald McBean ; neuf capitaines.

90*" régiment : i""' bataillon en Canada 1S14.

97^ régiment : en Canada 1814.

100^ régiment: en Canada 1808-16; colonel Malcolm ]\Iacpherson ; major George Taylor ; onze capitaines.

103'' régiment: en Canada 1812-17; colonel Hercule Scott; majors ^\'illianl Smelt, P.-J. Parry.

104' régiment Nciu Bnnisiuick : en Canada 1813-17; colonels Alexander Halkett, William Drnmmond ; onze capitaines.

Caiiadiaii Fenciblcs : en Canada 1808-16; en bonne partie composés de Canadien.s- Français ; colonels David Shank, George Robertson ; majors Francis Cockbnrn, William De Haren ; capitaines James Eccles, Thomas Hav, Edward Cartwright, George R. Ferguson, Alex. McQueen, James Pentz, John Hall, G.-S. Peach, W.-H. Halles, John Reid ; lieutenants William IVIarshall, William Radenhurst, Henry Weatherston, John Johnson, Alexander Grant, Chas. Pingnet, Noah Freer, Thomas-F. Gunter, Patrick Xowlan, Benjamin Delisle, Ulysses Fitzmorris ; enseignes G. de Hertel, P. Gamelin, de Lorimier, Daniel Dupré, B. Gngy, Narcisse Jnchereau-Duchesnav, E.-\\'. Antrobus, G.-C. Peach.

Glcngary Liglii li/faii/rr Fotcihhs : en Canada 18 12-16; colonels Edward Baynes, Francis Battersby ; major George AIcDonell ; huit capitaines; pas d'officier canadienfrançais.

Nova Scoiia Fenciblcs : en Canada 1814-16.

Royal Neivfouiidlaiid Rcginicut : en Canada 1808-15; colonel H.-E. Bunbnrv ; major Rowland Heathcote ; onze capitaines.

Régiment de IMeuron : arrive le 6 juin 1S13; colonels H. Meuron-Bavard, G. -T. W'alker, Flenry Davis; douze capitaines; l'abbé de la Mothe, aumônier [Rcviic Canadienne, 1S76, p. 185). Le régiment de Watteville arrive en même temps; colonel Louis de Watteville, qui devint aussitôt major général. M. Joseph-Charles Taché, dans ses Forcs/iers cl l'ovagciirs, dit Cjue le corps de fleuron était formé de soldats de Napoléon pris durant les récentes campagnes en FvUrope. Garneau (HI, 180) s'exprime comme suit : " Vers la fin de l'été étaient arrivés à Québec deux régiments étrangers, ceux de Meuron et de Watteville, prescjue entièrement composés de Français, de Snis.ses, d'Italiens et de Polonais, pris dans les guerres de l'Empire. Une partie de ces troupes fut envovée dans le Haut-Canada, l'autre resta dans la province inférieure. Les deux régiments étaient commandés par des officiers légitimistes qui avaient émigré en Angleterre." A la page 192, il ajoute : " Le colonel Bayard, avec la moitié du régiment de Meuron (1814), se rendit maître de la partie de Plattsburg située au nord de la rivière Saranac." Le capitaine Protais d'()det d'Orsonnens, ancêtre de notre lieutenant-colonel d'Orsonnens,

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était du réi^inieiil de Mouron ; c'est lui, a\ec le lieutenaut Fouclié, cjui conduisit, en 1816, ccut vingt de leurs soldats à la Ri\ière-Rouge, où ils arri\èrent le 12 août, en compagnie de quelques troupes anglaises sous les ordres de lord vSelkirk.

Notre 2" régiment volontaire d'artillerie de place, qui existe encore sur un excellent pied, fut organisé en 1812 sous le nom d'artillerie de place de Montréal. P^n 1S30, l'honorable Peter McOill le commandait; on le réorganisa en 1856; il prit part à la revue passée par le prince de Galles en 1S60. Il formait la garde d'iionneur au dévoilement du monument de Châteauguay, le 26 octobre 1895. Son commandant actuel est le lieutenanl-colonel Frederic-Minden Cole, officier de grand mérite.

Le 18 juin 1812, le cabinet de Washington déclarait la guerre à la Grande-Bretagne, et le même jour, à Wilkowasky, près de Gumbinen, dans la Prusse orientale, Napoléon déclarait la guerre à la Russie. Le 22, le général Bloomfield lançait une proclamation, de son quartier général de New-York, pour faire connaître cette démarche. A ce sujet, la duchesse d'Abrantès dit, au cours de ses Mémoiics, que c'était nue simple coïncidence, " car il ne ponvait y avoir accord en cela," ajoute-t-elle. Nous avons assez lu l'histoire de cette époque, qui n'était guère écrite du temps de ^P"" d'Abrantès, pour savoir que Napoléon suivait de près les rapports délicats et inquiétants des Etats-Unis avec l'Angleterre; et il nous paraît clair comme le jour que le président Madison, se jetant sur le Canada à l'heure même où l'Angleterre devait concentrer toutes ses forces en Europe pour secourir la Russie, continuer la guerre d'Espagne et se garder elle-même contre la France, n'a pas rêvé qu'il fallait se déclarer juste le iS juin, pour mettre la fortune de son côté : cette date devait correspondre à une entente avec l'empereur des Français.

Jean-Baptiste F'réchette fils, tvpographe chez l'honorable John Neilson, à Québec, écri\'ait à celui-ci des lettres qui servaient à la fois de communications pour les amis et de " nouvelles de la guerre " pour le public. Deux d'entre elles nous ont été montrées par le petit-fils de AL Neilson, le lieutenant-colonel J.-L. -Hubert Neilson, chirurgien en chef de la milice canadienne, homme de haute instruction et de manières aimables, comme son grand-père. Il faut mentionner aussi que F'réchette fut, avec M. Etienne Parent, le pi-opriétaire du journal Le Ca)iadicu, en 1830. Le chevalier Ovidio Fréchette, consul d'Espagne et du Chili, à Ouébec, est le petit-fils de Jean-Baptiste.

" Pointe-aux-Trembles, le -j" juillet 1S12. A monsieur John Neilson, imprimeur, Oiiébec. — Monsieur Neilson, je profite de l'occasion pour vous (faire) a sçavoir de mes nouvelles qui sont très bonnes, et j'ai appris qu'il 3- avait eu un rapport en ville qu'il y avait eu beaucoup de misère dans ce détachement, mais tout cela est faut, et il y en a eu plnsienrs qui ont Désertée, mais ont été obligée de revenir, et ils sont arrivé aujourd'hui, et j'ai reçu la Gazette que vous m'avez envoyée, par la recommandation de W Conrval, et il y a actuellement 550 Miliciens ici et il paraisse tout satisfait de la nourriture et du commandement de I\P Desaberj-, et la recommandation que vous m'avez donnée m'a beaucoup aidé, quand j'ai présenté cette lettre à I\P Woolsey il ma demandé si je voulais acceptée la charge de sergent dans sa compagnie (\\)ltigeurs) je lui ai répond que oui, elle consiste actuellement de 58 miliciens et je suis le premier Sergent et Gwynn est le second et nous restons ensemble dans la maison de AP Larue ou il y a vingt deux miliciens a avoir soin et nous sommes obligée de faire tous les

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jours deux lieus pour aller à l'exercice et je (vous) pris de ni'excuser si j'ai pas écrit plus tôt, parceque j'ai pas eu le taut, uiais d'aureuavaut s'il se passe quelque chose d'estraordiuaire je vous le ferai à sçavoir. Je finis en \()us assurant de mes respect. J. B. Fréchette."

M. Courval, cité plus haut, était niessire Joseph-Claude Poulin-Cressé de Courval, curé de la Pointe-aux-Treuibles et des Ecureuils, de 1794 à 1826. Homme de goût, grand seigneur, instruit; il est l'inventeur du remède dit " courvaline."

" Ste Marguerite de Blairfindie, le 29'' juillet 1S12. A monsieur John Neilson, Printer à Québec. — ^Monsieur Xeilson je vous écrit ce peut de mot pour vous faire a sçavoir de mes nouvelles qui sont très bonne et je souhaite que la présente vous trouve de même et pour vous annoncer que je suis arrivée à Ste Marguerite après une marche de 14 jours à pied, moi qui était pas beaucoup accoutumé à la marche, j'ai trouvé cela pas mal dure, nuiis cependant je me suis rendu heureusement sans aucune maladie, je me porte comme un Roi jamais je ne me suis porté mieux, et j'ai beaucoup moins de fatigue que j'avais à la Pointe aux Tremljles. Je vous prie de m'excuser si je ne vous ai pas écrit plus tôt car je n'ai pas pu trouver le tems pour écrire, mais à présent que je suis arrivée j'écrirai autant que je pourrai trouver des occasions, et il v a aucune apparance de guerre par ici nous espérons de nous en retourner vers le mois d'octobre il \- aura que le froid qui nous enverra suivant les apparences, car mais que le froid preine il seront obligé de nous renvo^-er. Je voudrais savoir les nouvelles qui se passe à (Juébec, mais je crois qu'il n'est guère possible. Vous ferez bien mes compliments cà tous les gens de l'office. Je suppose que mon père vous a annoncer la mort de Gwyun, qui est mot le 11 juillet à Machiche, on pense que c'est d'une Purisie, et je crois qu'il a attrapé cela quand il est allé à Québec pour chercher les Bateaux, je me suis ennuyé beaucoup de lui car il n'y avait que lui de mes connaissances. Je finis en espérant d'aller travailler à l'Imprimerie plus vite que je crois peut être. J. B. Fréchette, Fils."

Pas.sons à une note plus légère, sans toutefois sortir de notre sujet : " Berthier, 10 juillet 1S12. — M. Neilson, si vous jugez la chanson suivante digue d'être communiquée à nos compagnons d'armes des trois autre Battaillous vous voudrez bien la publier.

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